Traité théologico-politique

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Résumé

Préface

 

Spinoza entreprend de démontrer que la libertéde culte et de pensée dans une République ne peut être dangereuse – qu’aucontraire seul l’asservissement dans ces domaines peut mettre l’ordre et lapaix de l’État en péril. Ce n’est pas le cas selon lui dans les monarchies, quireposent pleinement sur des superstitions, notamment sur le postulat – dans lesmonarchies de droit divin – que le roi est une incarnation de Dieu sur Terre.Or c’est précisément cela que Spinoza traque, les superstitions, aussi bienconcernant la religion que concernant l’État. C’est une tâche ardue que lasienne puisque d’après lui, d’une part les hommes sont superstitieux dès lorsqu’ils ont peur ou qu’ils doutent – autrement dit tout le monde naturellementest susceptible de tomber dans la superstition – d’autre part lesmanifestations de la superstition sont multiples et toujours changeantes. Àforce de superstition, remarque-t-il, il ne reste plus chez ses contemporainsque l’apparat de la religion sans les fondements. Le rapport à l’Écriture parexemple est biaisé : les hommes d’Église connaissent moins le corpusbiblique que la philosophie antique et de fait transforment le contenu de cepremier en le lisant à travers le prisme de cette seconde. En outre, s’ilsprofessent que l’Écriture est vraie, ce n’est pas parce qu’ils l’ont longuementexaminée et mise en question, mais parce qu’ils l’admettent a priori commerègle d’interprétation. Spinoza déplore ce rapport passionnel et non rationnelà la religion. Il propose donc de faire pour eux ce travail de relecturerationnelle de l’Écriture.

 

Chapitrepremier : De la Prophétie

 

Spinoza définit la Prophétie de la manièresuivante : c’est une « connaissance certaine, révélée aux hommes parDieu, d’une chose quelconque ». Or d’après lui la connaissance naturelle,commune à tous les hommes, est aussi révélée de manière divine – en ce qu’elleest permise par les lois de la Création, évidemment réglées par Dieu. Ainsi Spinozaréduit l’écart entre la connaissance prophétique et la connaissance naturelle.En effet, habituellement, on dit plutôt que la prophétie est la connaissance dequelque mystère profond – et non pas d’une « chose quelconque » – eton exclut la connaissance naturelle du champ divin. Spinoza travaille déjà icià redéfinir l’opposition entre Théologie et Raison, en démontrant par avancequ’elles vont dans le même sens. Toutefois, Spinoza admet que la connaissanceprophétique excède la connaissance naturelle. Pour éluder ce problème, il vachercher dans l’Écriture quels sont les moyens utilisés par Dieu pour fairerévélation aux Prophètes. Or il constate que systématiquement Dieu a recoursaux paroles et aux images, autrement dit aux voies de l’imagination et non à cellesde l’entendement, celles-là étant beaucoup moins limitées que celles-ci.

 

ChapitreII : Des Prophètes

 

Du chapitre précédent, Spinoza conclut que lesProphètes ne sont pas de plus grands penseurs que le commun des mortels maisplutôt qu’ils ont une imagination plus vive. Ainsi il serait insensé dechercher la sagesse dans leurs écrits. Pour appuyer cette affirmation, Spinozaexplique que si les Prophètes peuvent tirer une connaissance certaine de ce quine leur est donné que par l’imagination, c’est qu’ils reçoivent par ailleurs unsigne qui valide la connaissance – par exemple Abraham avant de prendre ausérieux la promesse divine qu’on lui fait demande à Dieu une confirmationsupplémentaire, extérieure, de la véracité de cette promesse. En ce sens,Spinoza postule que la connaissance prophétique a moins de valeur que laconnaissance naturelle, qui n’a besoin que d’elle-même pour se constituer enconnaissance. Si, comme dit au chapitre précédent, la connaissance prophétiqueexcède celle naturelle c’est qu’elle ne se fonde pas sur la logique, leraisonnement mathématique, mais sur les affects des Prophètes. Elle a moins delimites de ce fait, mais aussi moins de consistance scientifique. En outre,êtres d’imagination et non d’entendement, les Prophètes ont pu ignorer la partla plus spéculative des Prophéties qu’ils recevaient, pour n’en garder que lesaspects pratiques – s’éloignant ainsi encore un peu plus de la sagesse. EnfinSpinoza démontre que les Prophéties la plupart du temps ne valent que pour lesProphètes eux-mêmes : « la révélation de Caïn nous enseigne seulementque Dieu a averti Caïn qu’il eût à mieux vivre ». Partant, Spinoza déduitque les hommes n’ont pas à vivre en fonction des préceptes énoncés par lesProphètes, ni non plus ceux énoncés par les Apôtres, en ce qu’ils étaienttoujours adressés à un individu particulier – autrement dit qu’ils n’avaient devaleur que dans une situation bien précise, pour un esprit donné.

 

ChapitreIII : De la vocation des Hébreux et si le don prophétique fut particulieraux Hébreux

 

Spinoza questionne le statut particulier quisemble être accordé au peuple juif dans l’Écriture. Son idée est que lavéritable vertu ne peut être égoïste, elle se savoure pour elle-même sans qu’ilsoit besoin de se comparer avec autrui. Celui qui jouit simplement d’être plusvertueux que son voisin ne connaît pas selon Spinoza la vertu authentique.Ainsi quand Moïse parle au peuple juif en des termes compétitifs – telque : à nous seuls Dieu a prescrit des lois justes – c’est forcément qu’ila corrompu le message en le formulant de la manière la plus efficace. Spinozaaffirme que c’est parce que le peuple juif ne connaît pas la vertu véritablequ’il faut leur parler en ces termes ; concrètement il n’y a pas eud’élection spirituelle. S’ils avaient connu la vertu, il aurait suffi de leurdire : « Dieu nous a prescrit des lois justes », et toutmalentendu hiérarchique aurait été dissipé. S’il y a élection, ajoute-t-il,elle n’est que matérielle.

 

ChapitreIV : De la Loi Divine

 

La loi divine, affirme Spinoza, ne sedistingue pas de la loi naturelle – elle est commune à tous les hommes et sedéduit de la nature. De fait, si la connaissance de l’Écriture ne peut être quebénéfique, elle n’est pas strictement nécessaire pour accéder au souverainbien. Spinoza repousse par la même occasion les rituels imposés par l’Église,qui à ses yeux ne relèvent pas de la loi divine, puisqu’ils sont des règlesinstitutionnelles arbitraires. Le rituel n’est bon que parce que telleinstitution le considère comme bon. Pour Spinoza, le souverain bien consiste àvivre selon la loi, divine ou naturelle peu importe, une fois que ce qui nerelève ni de l’un ni de l’autre est exclu, en connaissant ses raisons et sanécessité, non pas par crainte du châtiment et du vice.

 

ChapitreV : De la raison pour laquelle des cérémonies ont été instituées et de lafoi aux histoires…

 

Spinoza examine ici plus précisément laquestion des rituels et des bénéfices qu’apporte une bonne connaissance del’Écriture. Il en va selon le philosophe des rituels comme desprophéties : ils n’ont de valeur qu’historique, contextuelle. Les rituelsénoncés dans l’Ancien Testament n’ont de sens que pour le peuple juif.Continuer ces traditions pour Spinoza c’est une pratique superflue et superficielle.D’autre part, le bénéfice de l’Écriture vient de ce qu’elle met en récit cequ’elle donne à connaître. Autrement dit, c’est un outil efficace pour fairecomprendre les idées religieuses à la masse, part la plus nombreuse de lapopulation rappelle Spinoza. Il en profite pour préciser que ce n’est pas unouvrage de Philosophie en limitant les idées spéculatives livrées parl’Écriture à cet énoncé : « il y a un Dieu, c’est-à-dire un être quia fait, dirige et conserve toutes choses avec une sagesse souveraine ».

 

ChapitreVI : Des Miracles

 

Spinoza tient au sujet des miracles à allercontre l’opinion commune, pour qui il n’y a pas de meilleure preuve del’existence de Dieu que les événements extraordinaires, apparemmentcontre-nature. Spinoza explique que cette vision revient à distinguer d’unepart la Nature, avec son cours quotidien, et d’autre part Dieu, qui peutdécider de rompre subitement ce cours. Or dans le système de Spinoza Dieu et laNature ne sont pas vraiment distincts. Il démontre donc que rien de ce quisurvient dans la Nature n’est contre-nature, et que les miracles en disent plussur la Nature que sur Dieu. De ce point de vue, il relit les récits miraculeuxde l’Écriture et trouve chaque fois des justifications naturelles aux prétendusexploits divins. Pour lui, beaucoup de faits tout à fait normaux sont pris pourmiraculeux du fait même, comme il a dit dans le chapitre consacré auxProphètes, que les rédacteurs de la Bible ne sont pas des êtres d’entendementmais d’imagination.

 

ChapitreVII : De l’Interprétation de l’Écriture

 

Spinoza prescrit une méthode universelle pourl’interprétation de l’Écriture, contre les esprits communs et les théologiensqui lisent le texte pour valider des opinions qui n’y sont pas et en ce senscherchent des significations mystérieuses entre les lignes. Cette méthodeconsiste tout simplement à lire le texte littéralement. Ainsi Spinoza prétendque les autorités intellectuelles à ce sujet n’ont aucune légitimité. Tout lemonde peut comprendre l’Écriture, en ce qu’elle est la relation claire de faitset opinions explicites. Elle ne requiert guère plus d’éducation qu’un simpleapprentissage de la lecture.

 

ChapitreVIII : Dans lequel on fait voir que le Pentateuque et les livres de Josué,des Juges, de Ruth, de Samuel et des Rois ne sont pas authentiques…

 

Spinoza affirme qu’il est salutaire deconsidérer l’Écriture dans sa dimension historique. Son dessein dans les quatrechapitres qui viennent est de corriger les renseignements erronés qu’on donne àce sujet. Il veut préciser l’identité des auteurs des différents Livres. Ilcommence par démontrer, à partir de faits textuels bien précis, que lePentateuque et les livres suivants ne sont pas écrits par ceux qu’on pense,c’est-à-dire ceux qui sont cités dans le titre, mais par le scribe Esdras. Sil’on parle de « livre de Josué » ou de « livre de Ruth » cen’est pas qu’ils sont écrits par eux, c’est qu’ils sont au sujet d’eux.

 

ChapitreIX : Autres recherches sur les mêmes livres…

 

Spinoza cherche à mieux fonder la thèseformulée au chapitre précédent selon laquelle beaucoup des livres de l’AncienTestament sont de la main d’Esdras, en précisant la manière dont le scribetravaillait, moins écrivain que compilateur parfois d’ailleurs peu scrupuleux(Spinoza s’étonne du désordre, des répétitions et divergences sur un même fait quiapparaissent à certains endroits). Le philosophe s’interroge ensuite sur lanature des notes qui commentent le texte, et déduit qu’elles sont quant à elles– notamment parce qu’elles semblent moins justes dans leur contenu – ajoutéespar d’autres scribes, successeurs d’Esdras.

 

ChapitreX : Où les autres Livres de l’Ancien Testament sont examinés de mêmemanière…

Spinoza précise, dans la mesure du possible etde l’état des connaissances à son époque, quand, où et par qui les Livres del’Ancien Testament dont il n’a pas parlé dans les deux chapitres précédents ontété écrits.

 

ChapitreXI : Où l’on se demande si les Apôtres ont écrit leurs Épîtres en qualitéd’Apôtres et de Prophètes ou en qualité de Docteurs…

 

Spinoza ne s’aventure pas à examiner leNouveau Testament de la même manière qu’il vient de le faire avec l’Ancien.C’est qu’il dispose de moins d’informations et également de moins de savoir àce sujet. Il tient cependant à préciser ce qui distingue les Apôtres des Prophètes.Il remarque tout d’abord que les Apôtres, contrairement aux Prophètes, pensentsouvent en leur nom propre. Leurs textes avancent studieusement maislaborieusement dans la pensée, comme s’ils n’étaient pas assurés par avance parquelque décret extérieur et divin. En d’autres termes, on les voit raisonner.Cela explique la disparité, d’un Apôtre à l’autre, non seulement dans lesméthodes rhétoriques et pédagogiques utilisées mais aussi dans les réflexionsformulées. D’après Spinoza, cette disparité est au sein de la religion àl’origine de beaucoup de schismes stériles. C’est pourquoi d’après lui laPhilosophie est néfaste à la Théologie, et il préfère aux Apôtres ceux del’Ancien Testament qui « enseignèrent la religion toute nue sans spéculationsphilosophiques ».

 

ChapitreXII : De la véritable charte de la Loi Divine…

 

Dans ce chapitre, Spinoza se défend par avancede l’accusation d’impiété. En effet, s’il vient de prouver que l’Écriture étaitincomplète, falsifiée, désordonnée, pour lui il n’a pas remis en cause laparole de Dieu, qui excède largement l’Écriture. Il affirme que si l’Écritureexiste c’est que les peuples pour qui elle a été conçue étaient dans un étatd’enfance spirituelle, et qu’il était nécessaire pour eux que toutes les loissoient formulées noir sur blanc. Il laisse entendre qu’est venu le temps,pressenti par Moïse et Jérémie, où Dieu écrit sa loi directement dans lescœurs.

 

ChapitreXIII : Montrant que l’Écriture ne contient que des enseignements trèssimples et ne tend à autre chose qu’à l’obéissance…

 

Spinoza continue de se défendre contrel’accusation virtuelle d’impiété. Comme il l’a déjà démontré, l’Écriture necontient que des idées simples. C’est qu’elle vise l’obéissance dans les acteset non l’asservissement de l’opinion. Il ne faut donc pas, selon Spinoza,considérer un être selon les opinions qu’il défend – lesquelles ne sauraientêtre ni pieuses ni impies puisque ce n’est pas le sujet de l’Écriture – mais enfonction des actes qu’il accomplit : « qui donc, croyant le vrai, estrebelle, sa foi est en réalité impie ».

 

ChapitreXIV : Ce qu’est la Foi…

 

Spinoza poursuit la dernière idée du chapitreprécédent en montrant que la Foi et la Philosophie sont deux notions biendifférentes, qui ne s’excluent pas l’une l’autre et même peuvent se compléter.La Foi a pour but l’obéissance et la Philosophie la vérité. Tant que laPhilosophie n’incite pas à agir dans la haine, la colère, l’orgueil, la Foi n’aaucune raison de la contraindre.

 

ChapitreXV : Où il est montré que ni la Théologie n’est la servante de la Raison,ni la Raison de la Théologie…

 

Spinoza étend sa distinction entre la Foi etla Philosophie et déduit qu’il en va de même pour la Théologie et la Raison.Chacune occupe son territoire sans qu’il y ait la moindre opposition et, commeil le rappelle à l’aide de nombreux exemples historiques, dès qu’on veut lesassimiler l’une à l’autre c’est la confusion qui règne. Il clôt le chapitreavec à nouveau le souci d’écarter les soupçons d’impiété et précise que laconnaissance prophétique a l’intérêt supérieur, comparée à la connaissancenaturelle, de montrer que la voie de salut qu’est l’obéissance est une grâce deDieu.

 

ChapitreXVI : Des Fondements de l’État…

 

Spinoza, ayant prouvé que la liberté d’opinionn’est en aucun cas nuisible à la religion, se demande si elle pourrait l’être àl’État. Il veut alors préciser ce que c’est que l’État. Il part pour ce fairedu Droit de la Nature, c’est-à-dire en somme de nos déterminismes naturels. Parexemple, un poisson est déterminé par la Nature à nager. Dans l’ordre de laNature ainsi, puisqu’on est agis par elle, il n’est rien qu’on puisseconsidérer comme objectivement mauvais. Quelquefois seulement des naturesdivergentes entrent en conflit – l’une n’ayant pas davantage droit de cité quel’autre. Spinoza fixe par quelle voie une société peut se fonder sanscontredire le Droit de la Nature. Il prend ici la défense du modèledémocratique : « Dans cet État en effet nul ne transfère son droitnaturel à un autre de telle sorte qu’il n’ait plus ensuite à être consulté [iciil parle des régimes monarchiques], il le transfère à la majorité de la Sociétédont lui-même fait partie ». Le Droit Civil ne contraint ainsi le Droit dela Nature que dans la mesure où les sujets souhaitent, en vue de la paix et del’ordre, qu’il soit effectivement contraint. C’est aussi par la voiedémocratique que le Droit Divin a le plus de chance d’être honoré. On a vu parexemple des souverains qui faisaient des lois à l’encontre des lois divines,plaçant leurs sujets dans l’embarras absolu. Cela ne se verrait pas, a priori,dans une démocratie.

 

ChapitreXVII : Où l’on montre que nul ne peut transférer en totalité ce qui luiappartient au Souverain et que ce transfert n’est pas nécessaire…

 

Spinoza montre que le transfert de puissancequi s’effectue parfaitement dans la démocratie ne peut avoir lieu quepartiellement dans un régime monarchique. En effet, ce n’est pas parce qu’ilexiste une autorité royale que l’individu devient tout à coup privéd’entendement et de désir. La preuve en est que généralement les monarquescraignent leur peuple. En d’autres termes, même dans un cadre monarchique, la conservationde l’État dépend de la volonté du peuple – de ce qu’il accepte ou non de seplier aux commandements prescrits par le souverain. Spinoza décrit ensuitecomment le peuple juif, alors qu’il était a priori voué à la démocratie en cequ’il ne cherchait pas autre chose qu’à honorer Dieu en toute égalité, en estvenu à un régime monarchique, avec leur Premier Empire. Ce régime ayant assuréla pérennité de la religion, le philosophe se demande s’il faut imiter cetexemple.

 

ChapitreXVIII : De l’État des Hébreux et de leur histoire sont conclus quelquesdogmes politiques

 

Aussitôt, Spinoza récuse le modèle juif aumotif notamment qu’il ne serait pas viable dans un autre contexte que celuidans lequel il s’est historiquement développé. Quoi qu’il en soit, Spinozaaffirme qu’il est forcément néfaste pour un État de changer de régime. Il prendl’exemple des pays qui ont voulu sortir de la monarchie. Il constate qu’on nepeut pas s’extraire d’un régime tyrannique – qu’on ne fait jamais que remplacerun tyran par un autre, et que ce second tyran est nécessairement plus agressifque le premier, puisqu’il sait de quoi son peuple est capable. Il semble queSpinoza préconise au peuple des monarchies de pratiquer la pression, le rapportde forces, plutôt que la révolution.

 

ChapitreXIX : Où l’on montre que le droit de régler les choses sacrées appartiententièrement au Souverain…

 

Spinoza développe une idée esquissée dans lechapitre XVII : c’est le souverain qui règle la pratique religieuse (onparle bien de la pratique, extérieure, rituelle, et non du rapport intime dechacun à la foi) dans les régimes monarchiques. Or si par le passé le peupleavait à cet égard des moyens de contester les règles, via la voix prophétique,cela s’est achevé dès la fin de l’âge des Prophètes. Le pouvoir de décision dumonarque dans le domaine religieux est donc devenu absolu.

 

ChapitreXX : Où l’on montre que dans un État libre il est loisible à chacun depenser ce qu’il veut et de dire ce qu’il pense

 

Spinoza fait dans ce chapitre ultime le bilande ses recherches et réflexions, en des termes essentiellement politiques.Comme il l’a montré, il est impossible et inutile d’essayer d’empêcher laliberté d’expression et de pensée, qui sont en outre inoffensives pour la piétéet pour l’État. La sécurité de l’État n’exige rien d’autre que cela :« que la Piété et la Religion soient comprises dans le seul exercice de laCharité et de l’Équité, que le droit du souverain de régler toutes choses tantsacrées que profanes se rapporte aux actions seulement ».

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