Traité sur la tolérance

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Résumé

En 1762, la justice française condamne Jean Calas à la peine capitale par strangulation. Protestant, il aurait assassiné son fils afin qu’il ne se convertît pas au catholicisme. Cette accusation est totalement fausse : son fils s’est, en réalité, suicidé, et la sentence infligée à Calas punit moins ses actions que sa foi qui dévie de la norme en vigueur.

Voltaire, qui a pour habitude de s’engager dans ce genre d’affaires quand il y aperçoit un enjeu important, écrit son Traité sur la tolérance, publié en 1763, pour réhabiliter la mémoire de Jean Calas. Il y réussit d’ailleurs brillamment puisqu’aujourd’hui encore, on se souvient de Calas comme d’un innocent que la société a injustement tué par fanatisme.

 

            CHAPITRE I

            Voltaire fait un résumé de l’affaire. Il en arrive à la conclusion que même si Jean Calas est coupable du meurtre de son fils, cet événement est la preuve que la religion a des conséquences meurtrières sur la société. Soit le tribunal a exécuté Calas parce qu’il était protestant, soit Calas a tué son fils pour qu’il ne devienne pas catholique : dans les deux cas, la religion est mise en cause.

 

            CHAPITRE II

            Voltaire réfléchit à ce qu’implique l’affaire Calas. Il commence à dénoncer le fanatisme religieux du christianisme et propose de faire un inventaire des crimes qu’il a engendrés par le passé pour ouvrir les yeux du lecteur sur la nature du christianisme.

 

            CHAPITRE III

            Voltaire fait l’historique des crimes chrétiens, à partir de la Renaissance et de la Réforme.

 

            CHAPITRE IV

            Après avoir démontré que l’Église est profondément intolérante, Voltaire réfute l’argument qui la justifie : laisser place aux autres religions fragiliserait le christianisme. Voltaire combat habilement cet argument en montrant que si cette intolérance était justifiée au départ, elle ne l’est plus maintenant que le christianisme est la religion dominante. Il prend ensuite des exemples de pays qui pratiquent la tolérance religieuse – en grande partie des pays asiatiques – en prouvant au passage que cette multiplicité des fois n’engendre pas du tout le chaos mais au contraire aide à fortifier la sérénité et la paix au sein de ces royaumes.

 

            CHAPITRE V

            Voltaire fait des propositions concrètes de réglementation pour que la tolérance soit officiellement mise en place par l’État.

 

            CHAPITRE VI

            Voltaire se demande si l’intolérance est de « droit naturel ou de droit humain ». Il en arrive à ces affirmations : « Le droit de l’intolérance est […] absurde et barbare ; c’est le droit des tigres ; et il est bien plus horrible : car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes ».

 

            CHAPITRE VII

            Voltaire s’attarde sur le comportement des Grecs antiques comme bel exemple de tolérance. Les Grecs, en parfaits polythéistes, ne considéraient pas les dieux qui n’étaient pas les leurs comme des idoles illusoires ; ils les trouvaient tout aussi grands et puissants que les dieux grecs.

 

            CHAPITRE VIII

            Voltaire fait une analyse similaire du comportement des Romains, puisqu’il se défend par avance des objections qu’on pourrait lui faire en démontrant que certains crimes ayant apparemment eu lieu au nom de la religion n’ont en réalité pas eu des motifs religieux.

 

            CHAPITRE IX

            Dans le même sens, il prouve que les événements relatifs aux martyrs à Rome ne sont pas une affaire d’intolérance.

 

            CHAPITRE X

            Voltaire explique que toutes ces fausses légendes sur l’intolérance sont dangereuses car elles font hâtivement conclure que Dieu n’existe pas. Si cet être miséricordieux laisse tout le monde s’entretuer sans s’en soucier, on peut effectivement douter de son existence. Voltaire réaffirme au contraire l’existence de Dieu : « qui après cette vie passagère, dans laquelle nous l’avons tant méconnu, et tant commis de crimes en son nom, daignera nous consoler de tant d’horribles malheurs ; car à considérer les guerres de Religion, les quarante schismes des Papes, qui ont presque tous été sanglants, les impostures qui ont presque toutes été funestes, les haines irréconciliables allumées par les différentes opinions, à voir tous les maux qu’a produits le faux zèle, les hommes ont eu longtemps leur enfer dans cette vie. »

 

            CHAPITRE XI

            Voltaire rappelle les abus de l’intolérance, et notamment invoque le massacre de la         Saint-Barthélemy.

 

            CHAPITRE XII

            Maintenant qu’il a fait la part de l’intolérance du christianisme et de la tolérance des religions antiques, Voltaire se charge de la religion juive. Son intolérance est-elle de droit divin ? Et si elle l’est, est-elle toujours à l’ordre du jour ?

 

            CHAPITRE XIII

            Voltaire prouve, au contraire, l’extrême tolérance des Juifs.

 

            CHAPITRE XIV

            Ce chapitre, dans lequel Voltaire se demande si l’intolérance du christianisme est de droit divin, peut se résumer à son dernier paragraphe : « Je demande à présent si c’est la tolérance, ou l’intolérance qui est de droit divin ? Si vous voulez ressembler à Jésus-Christ, soyez martyrs, et non pas bourreaux. »

 

            CHAPITRE XV

            Voltaire y fait une compilation de citations issues des Saintes Écritures qui incitent à la tolérance religieuse.

 

            CHAPITRE XVI

            Nous assistons à un dialogue satirique et parabolique entre un mourant et un barbare. Voltaire raille ceux qui professent les paroles de la Bible sans les appliquer à travers ce barbare qui réécrit ce qu’il y lit à sa guise.

 

            CHAPITRE XVII

            Voltaire introduit une lettre d’un ecclésiastique à un autre, le premier formulant des sortes de lois visant à fixer quelle punition ira à une manifestation de foi divergente.

 

            CHAPITRE XVIII

            Voltaire donne quelques cas où l’intolérance peut paraître légitime.

 

            CHAPITRE XIX

            Le philosophe, à travers une parabole, expose ce qu’il considère comme la bonne attitude à adopter. Il ne s’agit pas d’être totalement ouvert et avenant, il s’agit simplement de tolérer, de laisser faire. Il faut faire « semblant de pardonner ».

 

            CHAPITRE XX

            Voltaire traite de l’utilité de la superstition. Il en saisit l’intérêt pour l’ordre social mais ne la légitime pas pour autant. Aussi, il considère que la plus grave des superstitions est de croire que les Écritures disent qu’il faut haïr « son Prochain pour ses opinions ».

 

            CHAPITRE XXI

            Voltaire se demande, dans la continuité de sa réflexion sur la superstition, si la vertu ne vaudrait pas mieux que la science. Il semble à cet égard pencher pour une réponse négative.

 

            CHAPITRE XXII

            On entame le dernier mouvement du livre, qui fait un bilan de tout ce qui a été dit. Voltaire formule ici le vœu qui est à l’origine de son écriture : il souhaite la tolérance universelle, non seulement entre les différentes branches du christianisme, mais entre toutes les religions, sans exception.

 

            CHAPITRE XXIII

Y prend place le morceau le plus célèbre du Traité sur la tolérance : Voltaire s’adresse à Dieu en soulignant toutes les absurdités de cette intolérance sans profondeur qui s’en prend à des détails quand, dans les grandes lignes, les deux partis sont d’accord.

 

            CHAPITRE XXIV

            Voltaire ajoute un fragment à son œuvre. Le camp adverse, pendant l’écriture du Traité sur la tolérance, a tenté une contre-attaque à laquelle Voltaire répond ici.

 

            CHAPITRE XXV

            Voltaire conclut et se réjouit de constater que la justice est en train de réexaminer, un peu trop tard hélas, le dossier de Calas. Il lance un ultime appel à la paix.

 

            Une fois le Traité sur la tolérance étudié, il est intéressant de constater à la fois la densité et la cohérence de l’œuvre de Voltaire. L’auteur est parmi les plus prolifiques de l’histoire de la littérature par ses œuvres de fiction, ses essais et toute sa correspondance. Pour autant, il y a une formidable unité dans cette énorme diversité. Finalement, chaque écrit de Voltaire, quels qu’en soient les supports ou la forme, est l’occasion de déployer un idéal qui le guide tout entier. Le Traité sur la tolérance ne fait pas exception : il s’agit d’aider le peuple à sortir de l’ignorance et à dépasser ce qui le tient prisonnier.

 

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