Un hivernage dans les glaces

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Résumé

Noussommes « le 12 mai 18.. ». Jean Cornbutte accoste le curé deDunkerque avant sa messe de minuit pour lui demander de célébrer impérativementla noce de son fils, Louis Cornbutte, de retour de Norvège à bord du brick la Jeune-Hardie, et de sa nièce Marie. Lescurieux et les matelots du village se rassemblent sur l’estacade du port, dansl’attente de l’arrivée imminente du bateau. Cependant, l’équipage de la Jeune-Hardie présente des têtesd’enterrement aux amis venus les accueillir. En effet, Louis Cornbutte, ainsique deux de ses compagnons, ont disparu au large des îles Feroë, non loin de laNorvège, après avoir quitté le brick à bord d’une chaloupe afin d’aller portersecours à une goélette norvégienne démâtée prise dans le Maëlstrom. AndréVasling, le second du navire, assure avoir fait toutes les recherchesnécessaires et assure que Louis a définitivement disparu. Mais le père decelui-ci n’entend pas se laisser convaincre, et il rassemble à nouveaul’équipage pour une expédition vers le nord à la recherche de son fils. Vaslingse montre réticent à accepter à nouveau la charge de second, et attend avant deformuler sa réponse. Penellan, le timonier, avec qui Marie a tissé des lienspresque filiaux, accepte d’intégrer secrètement la jeune femme à l’expédition.En entendant cette conversation, Vasling accepte finalement de se joindre à l’aventure.

La Jeune-Hardie lève l’ancre le 22 mai. Ila été décidé de rejoindre Bodoë, une ville située sur la côte occidentale de laNorvège. Au cours du voyage, la présence de Marie est dévoilée à Jean :Penellan sera désormais responsable de la vie de la jeune fille. Le 30 juin, lebrick accoste à Bodoë et récupère via les autorités locales un message enfermédans une bouteille jetée à la mer, indiquant que la chaloupe de la Jeune-Hardie a rejoint un autre bateau, leFroöern, le 26 avril. Ce message avisiblement été rédigé par l’un des Norvégiens, qui termine son propos enpriant pour que les courants ne les entraînent pas trop loin vers le nord.

Aprèsavoir réuni des provisions pour une expédition polaire, Jean et son équipagerepartent le 16 juillet pour la côte occidentale du Groënland. Au cours de leurvoyage, ils doivent franchir des passes étroites délimitées par des glacesflottantes. Vasling, prompt à exprimer son pessimisme et à s’étendre surl’inutilité de ces recherches, suscite la méfiance de Penellan qui le surveillede près.

Le 3 août,l’équipage finit par atteindre l’île de Liverpool, où des Groënlandais leurindiquent qu’un navire norvégien est passé il y a trois mois en direction dunord. Le voyage se poursuit donc jusqu’à l’entrée de la baie de Gaël-Hamkes, oùle bateau se retrouve bloqué par les glaces le 12 septembre. L’équipage réussità amener la Jeune-Hardie jusqu’à unecrique où les hommes pourront hiberner pendant les grands froids qui commencentà poindre. En observant l’empressement que met Vasling à veiller au confort deMarie, Penellan comprend que le second est amoureux de la fiancée, et qu’ilcompte sur la mort de Louis pour faire prévaloir ses sentiments.

Jean penseque les rescapés sont sur l’île Shannon, seul endroit où ils auraient pus’installer pour survivre. Comme les naufragés risquent grandement de succomberaux rigueurs de l’hiver, le capitaine de la Jeune-Hardiemonte une expédition en traîneau pour les secourir. Une demi-douzaine desmembres de l’équipage, incluant Penellan, Marie et Vasling, partent le 23octobre pour l’île.

Ilstraversent la banquise, mais en chemin, le pouvoir réflecteur des glacessuscite des ophtalmies chez certains matelots. Cette maladie inflammatoire del’œil les force à s’arrêter pour prendre du repos. Ils construisent un igloo poury vivre pendant quelques jours, mais la nuit même, une tempête charried’importantes quantités de neige qui recouvrent l’abri. À l’issue de nombreuxefforts, ils réussissent à s’extirper de leur igloo, mais pour s’apercevoir quele traîneau a disparu ! Jean Cornbutte se résout alors à continuer à pied,et l’expédition parvient finalement à atteindre l’île Shannon. Là, le pèreretrouve enfin son fils vivant, ainsi qu’un de ses compagnons parti avec luidans la chaloupe et deux naufragés norvégiens. Ils ont survécu tant bien quemal dans une maison de glace, utilisant le bois du Froöern comme combustible pour se réchauffer. Les hommesconstruisent un nouveau traîneau à partir des restes de la goélette norvégiennepuis tous s’en retournent vers la Jeune-Hardie.À leur arrivée, le 7 décembre, ils constatent que le navire se trouve à présentsurélevé sur une sorte de promontoire de glace créé par la tempête, et lesvivres sont dispersés. Il faut donc attendre le dégel qui surviendra en maipour repartir.

Vaslingentend désormais agir pour provoquer la mort de Louis. Il dresse un matelot,Aupic, ainsi que les deux Norvégiens contre le reste de l’équipage, afin qu’unerévolte éclate à la première occasion. En janvier, le froid empêche quiconquede quitter le navire. Jean et deux marins du côté de Louis s’affaiblissent àcause du scorbut, maladie mortelle. Le 15 janvier, Louis s’aperçoit que lesbarils qui contenaient les citrons, ces précieux fruits permettant de luttercontre la maladie et de l’anticiper, ont été subtilisés.

Face à lasournoiserie de Vasling et de sa bande, Louis n’a d’autre choix que de tenterune chasse, par grand froid, afin de ramener de la viande pour permettre auxmalades de tenir. À son retour, il flaire une odeur de graisse brûlée àl’intérieur du bateau… odeur qui attire irrésistiblement une bande d’oursblancs. Cette odeur provient de graisse ayant été renversée pendant une bagarredéclenchée par Vasling. L’absence momentanée de Louis a rééquilibré les forcesà bord du brick en faveur du second. Les deux bandes s’affrontent finalement etles Norvégiens du côté de Vasling semblent avoir le dessus, quand l’arrivée desours retourne la situation. Il s’ensuit un combat au cours duquel André Vaslinget Louis Cornbutte finissent face à face. Leur lutte est toutefois gênée parl’un des ours. Penellan abat l’ours au moment propice, et l’animal entraîne Vaslingdans sa chute.

Lesmatelots de Louis reprennent le contrôle du navire. Jean a malheureusementsuccombé au scorbut. Les marins lui construisent une tombe de glace. L’équipageparvient ensuite à survivre jusqu’au dégel, et la Jeune-Hardie s’extirpe de la mer polaire en juin. Le 16 août, lesmarins atteignent Dunkerque. Deux messes sont dites : la première à lamémoire de Jean Cornbutte, la seconde pour célébrer enfin l’union de Louis etMarie.

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