Un roi sans divertissement

par

La complexité du système narratif

Jean Giono s'amuse, dans Un roi sans divertissement, à construire une alternance de temporalité narrative et de focalisation, donnant ainsi tour à tour la parole à plusieurs protagonistes à des époques parfois éloignées de plusieurs dizaines d'années, voire de pratiquement un siècle d'écart.

Ce recoupement complexe de narrateurs et d'époques donne donc naissance à un récit semblant être raconté par plusieurs voix, par des personnages d'âge, d'origine et de milieu différents, créant ainsi l'impression d'un vaste témoignage, d'une vaste enquête durant laquelle de nombreux protagonistes apportent leur point de vue.

Il est nécessaire avant tout d'expliciter quelque peu la structure temporelle du récit, car chaque période répond à une voix narrative différente. Ainsi, l’œuvre s'ouvre sur une période contemporaine de la publication de celle-ci, en 1946. Le narrateur n'est alors pas nommé, on peut supposer qu'il s'agit de Giono, l'auteur, qui prépare le lecteur à sa plongée dans une époque datée d'un siècle auparavant. En effet, le récit opère ensuite un bond de près de cent ans en arrière, rappelant des événements qui se sont produits en 1843 dans la région du Trièves. L'action demeure ensuite pour un temps chronologique puisqu'elle relate l'affaire liée au tueur M.V, puis les déboires du capitaine Langlois, par des narrateurs internes à l'histoire, témoins de la période et des faits qu'ils racontent : les...

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