Un roi sans divertissement

par

Le maintien à l'écart de l'ennui

Nous avons vu que le roman fait écho à la pensée de Pascal affirmant qu'un «roi sans divertissement est un homme plein de misère». L'idée majeure de ce philosophe résidant en ce que toutes les actions menées par l'homme sont en réalité des moyens de tenir l'ennui à distance, car celui-ci détient une peur ancestrale de ce dernier, de la perte de l'agitation qui brouille toujours son âme, il est intéressant de voir le parallèle que fait Giono avec cette idée dans son roman.

Si le thème principal du roman est l'ennui et la perversion qui se développe chez l'homme lorsqu'il y est confronté (c'est le cas pour Langlois qui, une fois marié, souffre de ce manque d'agitation pascalienne qui , paradoxalement, cause du tort à l'homme lorsqu'il n'y est pas exposé, et cherche à tout prix un moyen de se rabattre sur une nouvelle chasse, celle du loup substituant celle de M.V), le roman abonde de passages témoignant de cette tentative de maintenir à l'écart, par un besoin presque grégaire et primitif, la présence de cet ennui.

Tout d'abord, nous pouvons relever cette mise à l'écart dans l'apparente trivialité que Giono met en pratique dans le roman. Celui-ci ayant pour cadre les régions rurales du Trièves du XIXe siècle, le parler du pays, les expressions typiques et locales et les situations qui prêtent à la désinvolture et au rire sont propices à faire oublier la tragédie profonde d'Un roi sans divertissement. Le vocabulaire utilisé par Giono abonde de maximes et d'un patois particulier, par exemple...

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Dissertation à propos de Un roi sans divertissement