Une sale histoire

par

Contexte d’écriture de l’œuvre

Si l’auteur écrit son récit en 1862 en Russie, il fait également de cette année et de ce lieu le cadre spatio-temporel de l’œuvre. En effet, à travers les quatre-vingt-dix-huit pages du court roman, il choisit de dresser un portrait contemporain de l’Empire russe et d’en envisager les éventuels futurs possibles. Il est donc nécessaire de connaître le contexte de l’œuvre pour comprendre, apprécier et analyser celle-ci.

Ainsi, le tsar Alexandre était en 1862 le souverain de l’Empire Russe. Son règne de plus de trente ans, de 1851 à 1885, est jonché de faits notables qui ont marqué en profondeur la Russie de l’époque. En effet, le jeune dauphin, en devenant tsar, hérite du royaume et de la guerre qui l’accompagne contre la France. C’est à lui d’y mettre un terme, ce à quoi il parvient sans trop de dommages pour son pays. Ainsi, il établit un certain climat d’apaisement propice à réaliser une deuxième étape concernant cette fois non plus les relations étrangères, mais la politique intérieure même de son empire. Il envisage alors bon nombre de réformes sociales dans ce pays qui se remet tout juste d’une longue période de privations et de combats.

La première réforme mise en place afin de mener tout doucement la Russie vers un état beaucoup plus moderne, respectueux des droits humains et finalement plus puissant de par le statut de ses habitants, consiste en l’abolition du servage, et donc de la fin d’une société beaucoup trop inégalitaire et hiérarchisée. Le féodalisme disparaît, laissant derrière lui un semblant de société libre et indépendante.

A cette réforme succède une refonte du système administratif : un nouveau système permet aux provinces de s’autogérer et de s’émanciper quelque peu du simple pouvoir de la couronne. Cependant, la direction de celle-ci échoit toujours à des conseiller généraux qui eux, entretiennent d’étroites affinités avec le pouvoir suprême. Le système judiciaire est également refondu : on dote les magistrats et les jurys de province de davantage d’autonomie et de pouvoir. Ainsi, ces nombreuses réformes sont un aspect innovant, moderne et positif du règne d’Alexandre.

Cependant, nombreuses de ces réformes pourtant si prometteuses ne sont pas appliquées ou demeurent au stade de projet avorté, inhibé, tourné en faveur des plus fortunés. C’est une société de classes séparées par des clivages financiers et sociaux qui succède à l’Empire féodal de Russie. Les dirigeants, conseillers d’état, et tous ceux qui occupent une place majeure dans l’administration des provinces ne reflètent en rien l’opinion générale et la pauvreté continue de s’accroître parmi les classes populaire, qui constituent la grande majorité de la population. Un sentiment de déception, d’espoir tué dans l’œuf et de frustration gronde parmi le peuple, qui ne laisse présager que l’inévitable fatalité d’une révolution, ce qui arrivera peu de temps après. C’est dans ce contexte-ci que Dostoïevski choisit de nous présenter le général Pralinsky…

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