Une sale histoire

par

Le style de l’auteur

Dostoïevki se plaît souvent à défendre une thèse personnelle dans les romans qu’il publie, écrits à la lumière des évènements de son époque et sous une plume conduite par son esprit critique.

Ainsi, son style d’écriture s’en ressent bien : il utilise souvent certains registres destinés à mettre en lumière sa pensée à travers les péripéties rocambolesques qui surviennent au général Pralinsky. Par exemple, la description physique du subordonné de Pralinsky reflète bien l’état d’esprit dans lequel celui-ci se trouve et la position supérieure qu’il pense détenir : « C’était un homme aussi doux qu’un poulet, de la trempe la plus ancienne, élevé au larbinisme, et, néanmoins, un homme bon et même noble. » Plus tard, sa descente de plus en plus évidente dans le malaise de l’intrusion et l’effondrement de ses certitudes quant à l’amour et à la gratitude que devraient lui porter son subordonné Pseldominov, sont décrites avec une précision triviale et une brutalité sans détours ni artifices. Ainsi, tout le manque de crédibilité du bien-fondé de son action apparaît au grand jour, dans une explosion de bassesse dont il fait lui-même preuve, un étalage conséquent de situations grotesques. Par exemple, à la fin de la soirée, l’auteur nous décrit à quel point le général ne peut plus longtemps résister à l’alcool et s’effondre, vaincu, causant à ses hôtes une peur indescriptible : « Il s’affala sur une chaise comme s’il s’évanouissait, il posa ses deux mains sur la table et sa tête s’effondra directement dans l’assiette qui contenait du blanc-manger. Inutile...

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