Vendredi ou les limbes du Pacifique

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Résumé

L’histoire raconte la survie de Robinson Crusoé après le naufrage de La Virginie, naviresur lequel il faisait voyage. Avant que le vaisseau ne coule, durant la tempête, le capitaine, Pieter Van Deyssel, tire les cartes au héros afin de lui prédire l’avenir. Le nom des cartes est donné sans que le lecteur n’y voie une réelle signification.

Le premier chapitre s’ouvre sur le réveil de Robinson. Il est seul sur une plage et les débris du naufrage l’entourent. Il semble être le seul rescapé. Il commence par explorer l’île à la recherche d’une quelconque trace de vie. Elle est malheureusement déserte. Lors de sa petite exploration, il rencontre un bouc sauvage et le tue, mort de peur. Il passe sa première nuit sur l’île sans en rien connaître.

Les jours suivants sont sans repères. Robinson erre longuement en scrutant l’horizon à la recherche d’un bateau. Il refuse de se construire un abri, qui serait par trop synonyme de prolongation de son séjour. À la place, il construit un bûcher auquel il prévoit de mettre le feu le jour où un bateau passera au large. Mais aucun bateau ne vient et les jours passent très vite. Bientôt, le naufragé perd tous ses repères et se rend compte qu’il devient fou. Il décide alors de se lancer dans la construction d’un navire. Pour ce faire, il récupère plusieurs objets du naufrage qui sont restés sur la plage. Il découvre alors le cadavre du capitaine ainsi que des tonneaux de poudre qu’il décide d’utiliser également. Il trouve aussi une Bible qu’il s’approprie. Il nomme son embarcation L’Évasion.

Inconsciemment, Robinson construit son navire, et il apparente son infortune au déluge provoqué par Dieu dans la Bible. Malgré les outils dont il est dépourvu (à l’inverse des crabes de l’île capables d’ouvrir les noix de coco avec leurs pinces) et les nombreuses pluies qui l’obligent à se débarrasser de ses vêtements, la construction de L’Évasion se termine enfin. Il ne sait pas comment mettre le bateau à l’eau et de toute façon, il a trop peur de voir son rêve couler immédiatement dès que son embarcation touchera les vagues. Abandonne-t-il cette idée ? C’est à ce moment qu’apparaît Tenn, le chien du capitaine du bateau qui n’a jamais aimé Robinson, mais qui semble assagi.

Cet échec pousse le héros dans un désespoir plus profond que jamais. Il plonge alors dans la souillure, un bain marécageux dans lequel il s’oublie en tant qu’homme et passe son temps à ressasser ses souvenirs d’enfance. Dans cette optique animale et nostalgique, il est victime d’hallucinations. En effet, il voit un jour un bateau au loin. Il met alors le feu à son bûcher mais le bateau s’éloigne tout de même. Il reconnaît à son bord un visage de femme familier et se jette à l’eau pour le rejoindre. C’est alors qu’il nage vers le large qu’il se rend compte soudain que le bateau n’existe pas ; le visage qu’il a vu est celui de sa sœur morte il y a plusieurs années alors qu’elle n’était qu’une adolescente.

Robinson prend ensuite la décision de quitter la plage pour s’avancer plus avant dans l’île et cesser de chercher de l’aide. Il visite cette nouvelle terre en long et en large pour en connaître tous les lieux et éléments importants tels que les points d’eau, les végétaux comestibles ou les abris. Il entrepose alors ses trouvailles faites sur la plage, issues du naufrage, dans une grotte de l’île. Elle devient une sorte d’entrepôt. C’est là qu’il commence à tenir un journal avec les pages effacées des livres qu’il a trouvés à bord de l’épave de La Virginie. L’encre qu’il utilise provient d’un poisson, le diodon, qui produit un colorant rouge particulier. Il se crée un calendrier et dessine même une carte de l’île qu’il nomme Speranza (Espérance).

Après avoir trouvé un endroit adéquat, Robinson se met à cultiver la terre grâce aux sacs de maïs, de blé et d’orge récupérés. Après la culture, il commence à domestiquer des chèvres de l’île. Surgit ensuite Tenn qui, le retrouvant en tant qu’homme, l’adopte comme maître. Robinson le voit comme un signe de son changement et décide de se construire une maison devant la grotte et de porter à nouveau des vêtements. Sa culture de maïs échoue mais l’orge et le blé prennent. Il ne consomme pas sa première récolte mais préfère la garder. C’est une manière, pour lui, de lutter contre le temps qui coule entre ses doigts. Il se fabrique d’ailleurs par la suite une clepsydre afin de mesurer ce temps. Dans son journal, il parle de son langage qui se tarit peu à peu en raison de l’absence de communication. Malgré ses changements particulièrement positifs, Robinson ne peut plus résister à la tentation et retourne dansla « souille », ce marécage où il régresse. Pour ne plus être tenté et pouvoir enfin se contrôler, il décide de se proclamer gouverneur de l’île et crée même des lois et des conventions pour réglementer son territoire.

C’est précisément à ce moment de l’histoire qu’il assiste à une sorte de cérémonie indienne qui a lieu sur Speranza. Une fumée noire se dessine au loin et il décide de s’en approcher, armé comme il le convient. Il voit alors un peuple entier d’Indiens, venant probablement du Chili, en pleine transe religieuse. Un sacrifice humain est fait devant ses yeux avant que le peuple ne quitte l’île. Par la suite, il piège les alentours de sa maison pour mieux se protéger dans le cas où les Indiens décideraient de revenir.

Robinson ne fait bientôt plus qu’un avec l’île. Il la considère comme une personne. La forme de sa carte de Speranza est d’ailleurs celle d’un corps de femme. Il trouve, au fond d’une caverne, son centre tellurique, son noyau, le cœur de l’île.

Quelques jours plus tard, de la fumée noire apparaît à nouveau sur l’île. Les Indiens sont revenus. Robinson retourne vers leur lieu de cérémonie et les observe à nouveau à l’aide d’une longue-vue trouvée dans l’épave de La Virginie. Mais l’Indien censé être sacrifié ce jour-là se rebelle, il parvient à s’échapper et court dans la direction de Robinson. Celui-ci le sauve plus ou moins par hasard et le nomme Vendredi, jour de leur rencontre. Par la suite il lui explique ses règles et tente de vivre avec lui. Une relation toute particulière se crée alors. Vendredi obéit à Robinson comme à un maître mais il lui arrive aussi de se moquer de lui et de faire des « bêtises » derrière son dos. Par exemple en voulant sauver Tenn de la rizière il a anéanti les récoltes de Robinson ; en fumant la pipe de celui-ci dans la grotte, il a fait exploser les tonneaux de poudre. Tenn trouve d’ailleurs la mort dans cette catastrophe.

C’est à ce moment-là que Vendredi devient un vrai compagnon de Robinson, qui commence à changer d’attitude, à s’ouvrir à un mode de vie différent. L’Indien vit avec lui et sait entretenir une relation particulière avec les animaux et les plantes, ce qui fait de lui un véritable indigène, quelqu’un qui est capable de vivre éternellement sur cette île, sans chercher à reproduire un quelconque modèle occidental comme le fait Robinson. Le naufragé calque alors son mode de vie sur celui de Vendredi, ne travaillant plus, ne faisant que vivre des journées de repos et de loisirs.

Un jour, Vendredi prévient Robinson de la présence d’un bateau au large de l’île. Ce jour que Robinson attend depuis si longtemps est enfin arrivé. Il court donc accueillir les nouveaux arrivants sur la plage. Il apprend que vingt-huitannées se sont écoulées après le naufrage de La Virginie. Il entame une discussion avec le capitaine du navire qui l’invite même à déjeuner à bord. Robinson comprend vite que son ancien monde ne lui convient plus. Il assiste, médusé, aux manifestations de matérialisme et à l’inhumanité des marins qui ont pillé l’île sous ses yeux. Il sait que sa vie, désormais, ne peut se dérouler que sur cette île, sa Speranza personnelle, un endroit où il a vécu un bonheur parfait depuis quelque temps déjà. Il décide donc d’y rester.

Le lendemain, le bateau a disparu avec l’équipage. Il semble même que Vendredi soit parti avec eux à l’insu de Robinson. Il se retrouve donc, une nouvelle fois, seul sur l’île. Mais quelle n’est pas sa surprise de découvrir à ses côtés un jeune mousse qui a préféré quitter le navire, source de tant de soucis pour lui, car il y était battu. Charmé par la vie de Robinson, il a décidé de le suivre dans sa folle entreprise. Robinson le prend alors sous son aile et le prénomme Jeudi.

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