Vendredi ou les limbes du Pacifique

par

La dimension ethnologique

L’ethnologie vise à étudier les caractères sociaux et culturels des groupes humains et essaie de comprendre le fonctionnement et l’évolution des sociétés. Le roman de Tournier est donc empreint d’une grande dimension ethnologique. En effet, il met face à face deux personnes de cultures différentes et qui sont obligées de vivre ensemble : d’une part Robinson, produit de la civilisation européenne, et de l’autre Vendredi, qui est le produit d’une tribu indienne. Se produit donc un choc de cultures.

 Chacun des personnages a une conception différente de la vie. Robinson a comme valeurs le travail, la foi et l’ordre ; Vendredi la liberté, l’insouciance et l’harmonie avec la nature.

Cette dimension ethnologique est d’autant plus intéressante au regard de la période à laquelle l’histoire se déroule, une époque dominée par l’idéologie de suprématie de la race occidentale qui se traduit par l’esclavage auquel sont soumis les autres peuples. Robinson en tant que produit de cette idéologie asservit Vendredi dans un premier temps. Il ne voit dans sa manière de vivre que de la paresse et de la bêtise. Après la destruction du monde qu’il avait construit sur l’île, une autre phase va s’amorcer, celle de la découverte de l’autre. Robinson s’intéresse alors au mode de vie de Vendredi et se rend compte qu’il n’est pas inférieur mais qu’au contraire il est l’homme le plus adapté à cette île du Pacifique. Robinson s’initie donc à la vie « sauvage ».

Il est intéressant de souligner que lorsque l’occasion se présente pour lui de retrouver la civilisation occidentale, Robinson refuse et choisit de vivre sur l’île, comme s’il condamnait le sens qu’avait pris la civilisation en Europe.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La dimension ethnologique >