Zazie dans le métro

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Le thème de l'homosexualité

Alors que le policier qui ramèneZazie chez elle après la fugue interroge Gabriel sur ses activités nocturnes,il lâche le mot “homosessuel”qui va obséder Zazie ; elle se tapit d’ailleurs contre la porte pourécouter. Elle poursuivra ensuite Gabriel de ses questions sur la définitiond’un tel mot et sur la véracité des propos du policier qui disait “qu’il en était”. Le romantourne ainsi autour de la fuite de l’oncle devant cette question et de laténacité de tous à lui appliquer cette étiquette alors qu’il est marié.

L’oncle de Zazie est donc homosexuelmais ne cesse de le nier. Dans l’œuvre, il se sert de son mariage avecMarceline pour démontrer le contraire. Il ne cesse de refouler ce qui estpourtant réel. Il attend que sa nièce soit endormie pour se travestir et serendre au cabaret. Queneau construit les identités sexuelles de ses personnagescomme un territoire instable. L’échange du genre sexuel contribue en ce sens àcréer des glissements de l’hétérosexualité vers l’homosexualité et inversement.Si Gabriel et Marceline sont les personnages les plus évidemment touchés parcette métamorphose du genre sexuel, tout l’univers du roman repose sur cetteinstabilité.

« Gabrielrépondait : Mais puisque je vous dis que j’en suis pas. D’accord, je fais monnuméro habillé en femme dans une boîte de tantes mais ça veut rien dire. C’estjuste pour faire marrer le monde. Vous comprenez, à cause de ma haute taille,ils se fendent la pipe. Mais moi, personnellement, j’en suis pas. La preuvec’est que je suis marié. »

Le tabou est brisé à la fin du romanquand Gabriel assume devant tous son activité nocturne – qui n’est qu’ungagne-pain – et entre enfin en adéquation avec son identité réelle. Queneauprésente ici une réflexion sur la nature du tabou : caché, il ronge lasociété, il est facteur de désordre et il faut le révéler au grand jour pourqu’il soit dégonflé de l’importance qu’il acquiert par sa dissimulation même.L’homosexualité apparaît dans ce roman comme un fait omniprésent : FédorBalanovitch a lui aussi travaillé dans le même club que Gabriel puis il estdevenu chauffeur de bus touristique.

Queneau expose ainsi au grand jourles activités nocturnes de Gabriel, de la même manière que celui-ci le fait eninvitant à son spectacle les touristes et ses proches. Spectateur ou lecteur,nous sommes tous confrontés à ce phénomène et sa spectacularisation le présenteet l’impose, le fait accepter.

« –Pourquoi que tu persistes à me qualifier d’hormosessuel ? demanda Gabrielavec calme. Maintenant que tu m’as vu au Mont-de-piété, tu dois être fixée. –Hormosessuel ou pas, dit Zazie, en tout cas t’as été vraiment suprême. »

 

 

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