Cas clinique

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  • Publié le : 30 mai 2011
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I. Cas clinique

J’ai rencontré Madame D. lors d’un stage dans un service psychiatrique. Cette patiente à fait émerger chez toute l’équipe soignante de grosses interrogations sur la souffrance, l’image de la psychiatrie mais surtout sur les problèmes que posent le diagnostic face à l’institution.
Madame D. arrive aux urgences pour une douleur à la jambe, une douleur qui la lance et quil’insupporte. L’équipe médicale fait alors intervenir le psychologue des urgences, car profitant de l’absence de son mari, elle a confié aux infirmières que depuis plusieurs mois elle avait des idées noires. Après un bref entretien, le psychologue réussi à convaincre Madame D. de se faire hospitaliser en psychiatrie durant une semaine au moins, comme le stipule le contrat de soin du pavillon depsychiatrie.
Madame D. a un air sévère et ce que l’on pourrait appeler un fort caractère. Elle est toujours bien habillée, garde toujours les lèvres pincées, les yeux grands ouverts et ses mains croisées en regardant ses longs ongles. Sa mine blafarde et son air sévère semble être une carapace pour éloigner toutes les personnes qui pourraient s’attendrir sur elle. Elle est persuadée de n’avoir besoin depersonne, elle n’a pas besoin d’aide, elle sait ce qui lui pose problème et peut en venir à bout toute seule.
Madame D. arrive dans le pavillon de psychiatrie, son entretien individuel d’entrée est mené par deux infirmières lors duquel elle nous interpelle sur le fait que ce n’est pas un endroit pour elle, qu’elle n’est pas folle, qu’elle a juste « un passage vide » et que c’est temporaire.Durant la première semaine, Madame D. vit assez difficilement le décalage qui existe entre l’ambiance du service et l’extérieur, d’autant plus que le service accueille au même moment un patient schizophrène violent, bruyant et difficile à cadrer ; Monsieur F. Durant le premier groupe de parole au sein du pavillon, Madame D. intervient simplement pour dire qu’elle n’est pas à sa place, que c’est unendroit qui l’angoisse vraiment et surtout que Monsieur F. lui fait peur lorsqu’il hurle pendant des heures la nuit et qu’il l’empêche de dormir. Elle ne souhaite pas avoir de suivi extrahospitalier, elle souhaite passer à autre chose une fois son hospitalisation terminée. Elle veut « tirer un trait sur cette histoire ».
Au cours de cette première semaine, Madame D. prend ses marques, reçoit safamille et les rassure en leur précisant qu’elle « ne compte pas rester là longtemps », en effet lors des premiers jours d’hospitalisation seul son mari est informé du fait qu’elle est « chez les fous » comme elle le dit. Ses filles apprendront dans le courant de la semaine son hospitalisation, sans en connaître les raisons. Elle fait part aux infirmiers de sa crainte dans le cas où ses voisins ouamis se tiendraient dans la confidence de son hospitalisation : « Que penseraient-ils de moi ? J’ai toujours été normale, polie et gentille, quelle image auraient-ils de moi s’ils savaient ? ». A la fin de cette première semaine, elle décide de sortir contre avis médical et revient dans le service le soir même en passant par les Urgences médico psychiatrique. Elle était trop angoissée et nesupportait pas « tout ce vide » chez elle. Elle dit qu’elle veut « gérer ses angoisses incontrôlables », d’où son retour à l’hôpital.
La semaine suivante se passe sans encombre malgré son refus de rencontrer le psychologue, elle prend son traitement sans s’en plaindre et confie même aux infirmiers qu’elle se sent mieux, qu’elle dort bien, et qu’elle n’a plus trop d’idées noires. L’angoisse restenéanmoins présente. Lors du groupe de parole suivant, Madame D. prend la parole pour exprimer à quel point elle se sent mieux, soulagée et le fait qu’elle aimerait maintenant pouvoir rentrer chez elle, surtout qu’une de ses filles va bientôt devoir quitter la maison pour ses études, ce dernier point semble l’angoisser particulièrement. L’infirmier présent ainsi que le psychologue explique alors...
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