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  • Publié le : 2 juin 2011
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Introduction

Patrice Nganang est né à Yaounde au Cameroun, depuis six ans il est professeur de théorie littéraire à la State University of New-York.
Du passé colonial du Cameroun, il a hérité des trois langues coloniales : allemand, anglais, français et sa langue maternelle : le Medumba. Cet héritage culturel lui a permis d’apprécier et d’analyser l’Histoire Africaine.
En 2002, il a obtenule Prix Marguerite Yourcenar et en 2003 le Prix de l’Afrique Noire pour son livre Temps de chien où il se glisse dans la peau d’un chien pour une analyse sociologique du Cameroun des années 90. Nganang décrit les réalités sociales du Cameroun contemporain et établit une satire socio-politique du système étatique arbitraire. Son œuvre est un véritable réquisitoire à l’égard des systèmes politiquesafricains peu démocratique où les droits restent bafouer.
Je propose d’étudier le prologue ainsi que la première partie de son œuvre : Manifeste d’une nouvelle littérature africaine qui se compose de trois grands chapitres :
* L’écriture post génocide
* L’ombre de Sartre
* Récits de mort et de vie

Prologue

Dans le prologue du Manifeste d’une nouvelle littérature africaine,Patrice Nganang annonce la complexité de la littérature africaine contemporaine, sa réflexion récurrente porte sur le paradoxe des écrivains africains exilés « ne vivent pas dans leur pays d’origine » lettrés dans plusieurs langues européennes tandis que « si c’est leur langue maternelle dans laquelle ils sont illettrés ».
Pour Nganang, il y a deux sortes d’écrivains « ceux du terroir » qui vivent enAfrique et les exilés « les écrivains africians de la diaspora ».Ces auteurs ont souvent abandonné leur nationalité africaine « pour une autre ». Ils citent les auteurs : Ngugi wa Thiong’o, Kenyan qui réside à l’étranger, Mongo Beti d’origine camerounaise mais de nationalité française. Ces auteurs ont une biographie de plus en plus internationale, souvent « dictée au tact des productions et mêmede la critique des citadelles occidentales ». Vivant à l’étranger ; ils sont déconnectés de la réalité quotidienne africaine : « de quoi sa littérature est-elle encore le reflet ». De plus, ces écrivains sont loin de la réalité africaine « inventent-ils la réalité tout en faisant leur art », pour Nganang la « littérature est expression de vérité ». Enfin, le grand paradoxe c’est aussi la lectureen Afrique, réservée aux lettrés car le peuple africain ne parle pas la même langue « quel est le champ littéraire » d’une littérature qui en Afrique « n’a pas de lectorat ». « La philosophie africaine n’a pas encore sérieusement entendu la rue africaine parler ». Ce manifeste est donc plus qu’une histoire littéraire africaine, c’est un « essai de définition de la littérature africainecontemporaine à partir de son soubassement philosophique ».
Cette littérature africaine a une triple profondeur : mythique avec le théâtre de Wole Soyinka qui s’inspire des mythes et du folklore Yaruba, historique avec la poésie d’Aimé Césaire influencée par l’imigration sur l’Atlantique noir et le commerce négrier triangulaire ; quotidien avec le roman de Tutuola et sa nouvelle écriture africaine puiséedans le réalisme africain : « Le panthéon des dieux chez Soyinka, l’océan chez Césaire, la forêt chez Tutuola ».

I / L’écriture post-génocide


Dans la littérature africaine, le génocide du Rwanda de 1994 est « un moment historique catalyseur » une tragédie au cours de laquelle un million d’africains ont péri devant l’indifférence mondiale et africaine et qui devrait permettre : « uneredéfinition de l’art d’écrire de l’Afrique contemporaine ». Ainsi, le génocide des Tutsi rwandais est devenu le symbole de « l’extermination de masse perpétrée par des africains sur des africains ».
Nganang déclare qu’après le Rwanda « rien ne peut plus être comme avant ». Cette catastrophe a entraîné une réflexion post génocide dans tous les domaines africains : la philosophie, la politique et...
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