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  • Publié le : 2 octobre 2010
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Voltaire écrit "Micromégas", un conte philosophique, en 1739, après l'échec de son manuel «Elément de philosophie de Newton».
Ce conte est remanié en 1750, et prend la forme d'un divertissement mondain destiné à distraire Frédérique II et à le faire rire, aux dépends de Maupertuis (philosophe).
Ce chapitre présente le héros, son histoire et la sphère de départ.
Nous sommes ici au premierchapitre de ce conte, qui en compte sept. Ce premier chapitre est un chapitre d’exposition dans lequel l’écrivain met en places les grandes lignes du récit. Il s’agira de voir en quoi ce chapitre d’exposition est l’occasion pour Voltaire d’entremêler d’emblée les deux thématiques centrales de ce conte : la science et le fantastique.
a)       Un incipit :
Ce texte présente d’abord l’intérêt d’êtrel’incipit de ce qui s’avère un conte d’où des renseignements, bien structurés, avec vivacité :
d’emblée le genre littéraire semble affirmé par l’auteur, vu le sous-titre  : histoire philosophique. Ce récit, une histoire, a donc un message à porter. Bien sûr, Voltaire joue sur le terme histoire en évoquant le sens de la vue : le conteur qui dit «je» est bien un témoin, ou du moins, vu la suite,celui qui transmet les propos, voire les histoires de Micromégas… Et tout ceci s’avère être des histoires, un démarrage trompeur car nous retrouvons en fait le schéma narratif du conte, avec son cadre spatio-temporel classique.
Le lieu est en fait flou : «monde de l’étoile Sirius», comme le dit le titre du chapitre I, «Une de ces planètes», commence le paragraphe 1, au démonstratif «ces»trompeur, puisque, même féru d’astronomie que nous sommes, nous n’en savons rien, sans oublier la distanciation exotique impliquée par le terme : «nommée» ; Le «dans» du début,n’est pas de la plus haute précision : on attendrait plutôt : «sur»… Le temps n’est pas mieux cerné: le présentatif «il y avait» reporte dans un passé évanescent le personnage présenté, par une seule qualité. Le dépaysement, déjàinduit par l’éloignement astronomique, se confirme par la dépréciation de notre terre : «petite fourmilière».
Le conteur intervient à la première personne, avec «l’honneur de connaître» soulignant  implicitement la qualité nobiliaire de ce dernier. C’est un voyageur avec «voyage», et l’ambigu «dernier», car c’est le premier et le dernier qu’il fait sur terre, à lire le texte. Au reste, notretémoin ne peut connaître les suivants, s’ils existent. Les présentations se font simplement, avec une remarque apparemment anodine, mais cruelle pour l’orgueil de la haute noblesse : «nom qui convient» etc.
Suit la hauteur du personnage, très précise ; ceci donne lieu à un développement sur tout un paragraphe, le troisième concernant son tour de taille. Le texte reviendra ensuite, au 4ème §, à sesperformances intellectuelles. On a donc un portrait en chiasme (esprit, corps/corps, esprit), les 3 premiers étant très courts. => Entre la hauteur et le tour de taille, une longue digression pour prouver par A+B que ce qui est évoqué est possible, que le scepticisme face à de telles… fadaises ? n’est pas de mise ici, c’est une preuve d’étroitesse d’esprit. Paradoxalement, à la constatation del’observation clinique avec les mensurations exactes s’oppose le mouvement de la pensée au 4ème paragraphe.
Reprenons, après cette étude du plan. Le conteur continue ses interventions : «j’entends». Suit un style indirect libre, où la longueur de la démonstration, pesante s’oppose à la vivacité du début : Voltaire varie aussi la longueur de ses phrases…. Le problème est alors posé dans toute sarigueur, avec un respect affiché extérieurement avec le terme : «Monsieur». Notons en passant que le système de Sirius devient plus banal : «habitant du pays de Sirius», et que la trouvaille n’a rien de rare, malgré sa mise en valeur amphigourique (cf. la répétition de : «trouverons», soulignée, relancée par l’incise : «dis-je»). Cette avalanche de nombres endort la réflexion du lecteur… à peine...
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