Culture

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  • Publié le : 18 novembre 2011
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« Culture », un concept en soi ambigu:
Au milieu du siècle dernier, deux anthropologues américains ont publié
la somme de toutes les définitions qu’ils avaient trouvées du mot :
pas moins de 164 ! Pour les uns, la culture est affaire de patrimoine
et d’intellect avec cette idée un peu élitiste de « l’homme cultivé
» (« culture is the training and raffinement of mind » écrivait Hobbesdans Leviathan). Pour d’autres, elle est affaire d’habitudes acquises,
la notion de culture étant alors assimilée à celle de civilisation. La
définition de l’anthropologue anglais Edward Tylor en 1871 a fait très
longtemps autorité: « cet ensemble complexe composé par la
connaissance, la croyance, l’art, la morale, la loi,les coutumes et
toutes les autres compétences et habitudesacquises par l’homme en
tant que membre d’une société ». Dans les deux cas, on retrouve cette
idée de la culture opposée à la nature, « tout ce par quoi, disait
Freud, la vie humaine s’est élevée au-dessus de ses conditions
animales et par où elle se distingue de la vie des bêtes ».
Plus intéressantes sans doute que ces définitions académiques sont les
caractéristiques de la culture évaluéesà partir des usages qui en
sont faits dans les différents milieux, et qui montrent bien
l’ambiguïté du concept. Il existe par exemple une conception «
identitaire » de la culture. La culture, c’est la base du
développement des sociétés, c’est quelque chose qu’il faut préserver,
revitaliser, sauver de l’oubli face à l’uniformisation liée à la
mondialisation. Une idée qui a sa valeur,mais qui, poussée à
l’extrême, amène à une sorte d’idéalisation de la
culture, néglige la nécessité du dialogue, peut verser dans
l’angélisme et la muséologie. Pour d’autres, la culture en soi
n’existe pas, c’est une notion manipulée par les plus puissants pour
mieux dominer les autres. Beaucoup de travailleurs sociaux dans le
Tiers monde prennent de plus en plus de distance avec cequ’ils
appellent l’alibi culturel qui permet en fait à ceux qui en ont les
moyens de tirer les ficelles du jeu social : utilisation faite du
système des castes en Inde, des lignages en Afrique, etc. Ceci rejoint
la conception de Durkheim, pour qui « La civilisation d’un peuple
n’est rien autre chose que l’ensemble de ses phénomènes sociaux.
». On rencontre également uneconception quasi «
insouciante » de la culture chez beaucoup d’expatriés qui vantent en
permanence les aspects les plus apparents, voire folklorique de leur
pays d’accueil, apprennent la langue, font des fêtes à la manière
locale. Mais, oubliant que la culture n’est pas que mode de vie mais
aussi mode de pensée, ils ne changent rien dans leurs manières d’êtres
et de faire. Parfoisinconsciemment, parfois consciemment dans
beaucoup de milieux d’affaires internationaux, dès lors que l’on fait
passer la culture d’entreprise avant la culture locale : « on peut
considérer le « HP way » comme une culture d’entreprise qui se
substitue à toutes les autres dans la société » déclarait G. Bastien,
cadre de Hewlett Packard France : « Pour survivre en milieu
international,il fautcréer une culture d’entreprise. Les mêmes
principes de base, les mêmes méthodes de travail, les mêmes
objectifs. Tout ceci crée un terrain d’entente qui rassemble, qui
fédère. Une de nos règles de
réunion.
Quelques termes tournant autour du mot culture :
Les mots pluriculturel ou multiculturel ne font que juxtaposer des
phénomènes culturels, et concernent des sociétés dans lesquellesplusieurs cultures coexistent, mais ils ne disent rien de leurs
interrelations. Rajouter un « isme » à multiculturel lui donne
cependant une dimension plus dynamique, importante dans des pays comme
le:
Canada ou l’Australie : faire référence au multiculturalisme c’est,
selon Denys Cuche, « revendiquer une reconnaissance politique
officielle de la pluralité culturelle et un...
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