Ecjs: nacionalisme depuis 1945

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  • Publié le : 7 juin 2010
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Dans l'Europe occidentale, au lendemain de 1945, la nécessité de faire face au monde communiste n'était pas sans rappeler la nécessité de s'opposer au bolchevisme des années qui suivirent 1917. Cette fois, cependant, les leçons du traité de Versailles, chèrement acquises, empêchèrent un nouveau morcellement de l'Europe et une résurgence des nationalismes. Au contraire, les premières initiativesdiplomatiques et économiques visaient à convaincre que l'antagonisme franco-allemand n'avait rien d'irréductible.   La construction européenne Amorcé par la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (1951), le rapprochement consista à poser que l'intégration des pays européens dans un espace économique «ouvert» devait permettre, à terme, d'atténuer les préjugés et les rancœurshistoriques, et de tempérer le sentiment national par un sentiment d'appartenance à une «maison commune». Il y a donc une certaine continuité entre ces premiers pas et le traité de Rome (1957), puis l'élargissement de la CEE, et enfin le traité de Maastricht (union économique et monétaire, notamment). Désormais, en Europe de l'Ouest, le nationalisme n'est plus un élément central de l'évolutionhistorique: il a perdu son rôle moteur, même dans le cas de la réunification de l'Allemagne. En effet, alors que celle-ci était un objectif politique clé vers le milieu du XIX e siècle, dans les années 1980 aucun parti politique allemand n'en faisait son cheval de bataille. La réunification allemande est ainsi liée à un événement survenu en dehors des frontières du pays: l'effondrement du campsoviétique. Les mouvements nationalistes n'ont pas disparu pour autant; ils sont devenus des ferments de division et contestent des unifications nationales parfois anciennes: c'est le cas des « nationalistes » basques en Espagne. Ces derniers, à l'instar des « nationalistes » corses, ont recours au terrorisme.   Enfin, certains Etats ne semblent pas à l'abri d'une partition géographique, ce quiremettrait en cause l'idée de nation; quelques groupes politiques s'expriment dans ce sens en Italie, et avancent l'idée de séparer le Nord du Mezzogiorno. Sans aller jusqu'à une division, on entrevoit des tendances marquées à l'affaiblissement du dogme de l'unité nationale en Grande-Bretagne, où l'Ecosse, qui a déjà sa propre banque centrale et frappe monnaie, a obtenu par référendum en 1997 un Parlementautonome, suivie peu après par le pays de Galles. Dans ces derniers cas, le « nationalisme » local s'appuierait sur des différences reconnues de développement socio-économique, sans pouvoir justifier de particularismes linguistiques ou ethniques marqués. La résurgence des nationalismes en Europe de l'Est Le problème se trouve encore compliqué par les événements survenus en Europe centrale depuisl'effondrement du système soviétique. On sait qu'à l'époque de Staline et du Kominform, les «démocraties populaires» avaient été maintenues dans un étau. L'attitude des dirigeants du parti communiste de l'Union soviétique connut en fait, à l'égard de l'expression de divergences «nationales» par rapport à la ligne officielle, des phases plus tolérantes. Ainsi, le conflit avec Tito (exclu duKominform en 1948) aboutit à la condamnation des «voies nationales» vers le socialisme qui s'écarteraient du modèle soviétique. Il fut apaisé par Khrouchtchev, qui fit admettre par le XX e congrès (1956) la «diversité des voies de passage» au socialisme. Mais l'émancipation yougoslave fut l'unique exception. Après l'écrasement des Hongrois en 1956, celui des Tchèques en 1968 par les armées du pacte deVarsovie fut l'occasion pour l'URSS de préciser la doctrine de ses rapports avec les «pays frères», en parlant de «souveraineté limitée». Malgré des initiatives originales en matière économique, par exemple en Hongrie, la marge de manœuvre était donc fort étroite (mise au pas de la Pologne en 1981), l'internationalisme socialiste fonctionnant en fait au service des intérêts stratégiques et...
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