Essai de commentaire de fiche de lecture

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  • Publié le : 24 novembre 2011
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Les urgences hospitalières constituent un bon observatoire de la vie sociale et politique. Jean Peneff en fait la démonstration avec ce livre de sociologie, salutaire d’un point de vue politique.Dans la tradition empirique travaillant par observation, l’auteur est cette fois-ci passé de l’autre côté de la blouse (il avait livré une remarquable enquête sur les services d’urgence par observationparticipante à partir d’une position de brancardier en étudiant le point de vue des usagers.
Il mêle ainsi de très fines descriptions ethnographiques des salles d’attente à des données plus généralessur cette forme de consommation médicale, dont il restitue la rationalité et la logique, notamment à partir d’enquêtes dans trois établissements parisiens. L’intérêt du livre est de mettre enperspective le phénomène d’inflation des passages aux urgences en en n’omettant aucun aspect. Il insiste sur le rôle de l’offre dans la constitution de clientèles, la dynamique des institutions et desorganisations qui luttent pour s’établir, l’influence politique des professions, les effets du monopole de la médecine et du remboursement des soins. Les interprétations unilatérales se trouvent ainsiréfutées au bénéfice d’une analyse précise qui nous aide à comprendre la pluralité des points de vue antagonistes.
L’accès de plus en plus massif de personnes relevant autant d’un traitement social quemédical, s’écartant des « urgences vitales » (qui ne constituent au demeurant que 5 % des entrées), pose au corps médical hospitalier de nombreux problèmes. Le discours médical, qui demeure malheureusementle seul discours légitime capable de s’imposer sur la scène publique, nous le montre en parlant d’« urgences vraies » versus« bobologies » ou « fausses urgences ». Ces problèmes tiennent globalementd’une réticence à traiter une population non-sélectionnée, d’où la position très basse dans la hiérarchie hospitalière, sur laquelle passe vite l’auteur. En parlant de « pathologies sociales »,...
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