Japon

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N° 161 _ OCTOBRE 1997

LA LETTRE DU CEPII
CENTRE INTERNATIONALES

D'ÉTUDES PROSPECTIVES ET D'INFORMATIONS

LA

CRISE FINANCIERE EN

ASIE

La crise financière en Asie de l'Est a commencé en mai 1997 par une attaque spéculative classique, qui a rompu l'ancrage du baht thaïlandais sur le dollar américain, le 2 juillet dernier. On a observé alors une contagion rapide aux devises malaise,philippine et indonésienne, ainsi que l'apparition de tensions intenses dans les systèmes financiers domestiques (taux d'intérêts très élevés, effon drement des cours boursiers, risques de faillites massives dans le secteur bancaire et manufacturier). Ces développements s'expliquent moins par l'appréciation récente des taux de change réels, que par des facteurs plus durables : un freinage ducommerce régional et, surtout, l'affaiblissement des systèmes financiers au cours des dernières années. Ce dernier facteur a également contribué, depuis juillet, à amplifier l'incertitude quant à l'impact à moyen terme de la crise, ce qui entretient en retour sa dynamique. Enfin, cette fragilité financière pourrait aussi apparaître comme le vecteur d'une nouvelle contagion régionale, notamment endirection des autres économies asiatiques.

Le dollar responsable mais pas coupable1

A près avoir subi une série d'attaques spéculatives à

partir de mai 1997, la Banque Centrale thaïlandaise a cessé le 2 juillet de défendre sa devise, le baht, qui s'est fortement dépréciée. Dans les jours suivants, la crise s'est propagée à la Malaisie, aux Philippines et à l'Indonésie, et a touché égalementles marchés boursiers. Ensuite, au lieu d'une stabilisation progressive, on a observé une très grande instabilité des marchés régionaux, coupée de nouvelles et fortes corrections des cours à la baisse. Au total, entre le 1er juillet et la mi-octobre 1997, la dépréciation des taux de change s'est inscrite entre 30% et 50%, celles des cours boursiers entre 20% et 30%. Une explication commune à lacrise des monnaies asiatiques met en avant leur ancrage fixe sur le dollar. L'appréciation de la devise américaine, depuis le milieu de 1995, serait la cause principale des graves déséquilibres courants des deux dernières années (entre 4% et 8% du PIB). Les attaques spéculatives de juin et juillet auraient simplement pour objet de corriger des situations de surévaluation manifeste du change.Cependant, si l'on calcule les taux de change effectifs réels des devises régionales, en intégrant ainsi la structure géographique du commerce extérieur de chaque pays (graphique 1), il apparaît que l'appréciation enregistrée au cours des dixhuit mois antérieurs à la crise est significative (de l'ordre de 10%), mais qu'elle ne peut pas rendre compte

entièrement du ralentissement des exportations(graphique 2). En outre, on relève que les soldes courants se sont dégradés surtout en 1994-1995, avant que l'appréciation du dollar ne puisse jouer, alors qu'en 1996 on a observé un ralentissement simultané des exportations et des importations. Ceci renvoie pour partie au contenu élevé en importations des produits exportés ; mais, sur le fond, ceci dénote plus un ralentissement de la demande adressée àla région, qu'une dégradation de la compétitivité. On remarque d'ailleurs que le freinage des exportations a touché toute la région, y compris la Chine et les Nouveaux Pays Industrialisés (Corée du Sud, Hongkong, Singapour, Taiwan). Il est probable que l'intégration régionale dans la filière électronique, qui était dans une phase basse du cycle en 1996, a pesé sur la conjoncture. Plusgénéralement, cet épisode reflète aussi les limites d'un modèle de croissance suivi depuis une vingtaine d'années, fondé sur une forte spécialisation des exportations, une main d'œuvre peu qualifiée et une épargne interne très élevée. Le constat que l'appréciation du dollar n'a pas joué un rôle décisif dans la dérive des comptes courants n'implique pas cependant qu'elle ait été absente de la dynamique de...
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