La servante

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  • Publié le : 26 mai 2010
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1ère L2 Devoir de français
Question :

Dans la lettre du 11 janvier 1858, Baudelaire fait remarquer à sa mère sur un ton de reproche « qu’il y avait dans les fleurs du mal deux pièces la concernant, ou du moins allusionnelles à des détails intimes de leur ancienne vie ». L’auteur a délibérément suggérée ces allusions, elles sont rares et enfouies profondément dans le texte mais ellessont présentes dans les deux poèmes « la servante » et « je n’ai pas oublié, voisine de la ville ». Ces deux poèmes sont deux textes allusifs à sa mère, mais ce n’est en aucun cas un hommage à celle-ci.
Dans « la servante », Baudelaire blâme sa mère qui était « jalouse » (vers 1) de la servante qu’il aimait tant. Il insiste sur cette idée avec le terme « pourtant » au vers 2. La mère éprouveencore de la jalousie pour la pauvre femme car elle ne daigne même pas « lui porter quelques fleurs » alors que celle-ci est morte et enterrée.
De plus, Baudelaire lui en veut car elle a négligé son rôle de mère au profit de son nouvel époux, le général Aupick. C’est l’amour de Mariette, la servante, qui a combler le peu d’affection que lui donnait sa mère, la servante a couvé « l’enfant grandit deson œil maternel » (vers 20 de la « servante »).
Dans le second texte « je n’ai pas oublié », à travers la description de la maison, Baudelaire reconstitue l’ambiance qu’il se dégageait, à la fois tranquille et ennuyeuse avec pour seul témoin le soleil couchant, « grand œil ouvert dans le ciel curieux ». L’auteur évoque leurs « diners longs et silencieux » (vers 8). Ces deux adjectifs insistentsur le fait que ces diners étaient très pesants pour l’auteur, il n’y avait aucune communication entre eux.

Commentaire :

La poésie, qui touche aux sentiments, serait, du reste, parfois très proche de l’autobiographie, même si les allusions sont parfois voilées.
Ainsi, dans la lettre du 11 janvier 1858, Baudelaire reproche à sa mère de n’avoir pas remarqué dans Les Fleurs du mal deuxpièces, « Je n’ai pas oublié, voisine de la ville» et «La servante au grand cœur». Dans cette œuvre, discrètement autobiographique, Baudelaire évoque la figure d’une servante qui a beaucoup compté pour lui.
Aussi nous étudierons la structure du poème qui revêt la forme d’une conversation avec une interlocutrice plus suggérée que véritablement présente, puis, nous tenterons d’expliquer comment cetéloge funèbre de la servante se transforme en un requiem macabre sur l’horreur de la mort, un réquisitoire contre les vivants. Enfin, nous verrons, comment Baudelaire transpose discrètement, à travers les reproches que les morts adressent aux vivants, ceux qu’il adresse à sa mère dans ce fragment d’autobiographie poétique.

Dans ce poème, il y a plusieurs interlocuteurs comme dans une véritableconversation. Baudelaire s’adresse directement à quelqu’un. Son interlocutrice est présente tout au long du poème, du moins, elle est suggérée. On ne connait pas son identité, on ne sait pas si elle est présente ou virtuelle. On peut imaginer que la femme « jalouse» dont il parle est sa mère.

Le poème prend aussi une allure de conversation quand l’auteur utilise les pronoms personnels «vous»,« nous », et « je ». Et plus encore à la fin dans les deux derniers vers, quand Baudelaire se justifie comme s’il répondait au spectre de la servante qui l’interpelle «que pourrais-je répondre… ?», Il sous-entend un reproche de la part du spectre de la servante.

Le thème du poème est librement lancé avec «La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse et qui dort son sommeil sous une humblepelouse, nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. » (Au vers 1-3) c’est une anacoluthe qui est fréquente dans une conversation courante. Le poème commence quand un nouveau sujet de discussion est proposé, la conversation semble déjà engagée. La longueur des phrases traduit un effet d’attente, elles serpentent, la plus longue est de 11 vers.

Ce poème fait également penser à une...
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