Le langage

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  • Publié le : 4 février 2010
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Pourtant, le mot ne déforme-t-il pas la pensée en l’extériorisant ? Ne trahit-il pas la pensée ? La pensée est particulière, unique, singulière, le mot est universel, c’est une idée générale. Il est donc différent de la pensée. Il retire toute individualité à la pensée, il est impersonnel. Le mot n’est que la forme expressive de la pensée, ce n’est pas la pensée elle-même. Le mot conceptualise lapensée, c’est un outil défectueux à l’origine de malentendus, il n’est pas fidèle à la pensée.
Nous voici donc confrontés à un problème : le langage, est-ce qui permet à la pensée d’exister ou au contraire la déforme-t-il ?
La vrai pensée est-ce la pensée formulée ou l’intuition sensible et particulière ?
Le langage est une manifestation de la pensée de l’homme. Ses outils sont les mots.Le mot, est l’union d’un signifiant et d’un signifié (Ferdinand de Saussure). Le signifiant, c’est la forme graphique, sonore du mot, le signifié renvoie à la définition du mot, son sens. Le langage est culturel, il est proprement humain, parce qu’il fait appel à nos trois facultés, que les animaux n’ont pas. Il stimule notre raison, puisqu’il donne à penser, il fait appel à notre sensibilitépuisque la sonorité et le graphisme du mot éveil nos sens, enfin il stimule l’imagination est, par définition, la faculté de se représenter des images. Le langage humain se distingue donc de la communication animale, il transcende l’utilité. Il est possible de parler pour rien dire d’utile. Le langage permet de passer d’une réalité sensible (un sentiment, une sensation) à une réalité intelligible. Ils’agit de se détacher de sa sensibilité par l’exercice de sa raison. Qu’est ce que cela signifie ?
On ne peut que s’appuyer sur le mot pour penser des idées générales (Rousseau). En effet on ne peut voir, sentir un concept, certains mots ne correspondent pas à des images (par exemple la liberté, qui n’as pas d’image). Le mot nous permet bien de formuler une pensée. C’est ce qu’affirme Hegel,qui pense que la pensée vrai, et la pensée formulée, qui n’existe pas sans le mot. La pensée, par le mot, acquiert un caractère universel, elle est ainsi compréhensible par tous. Le langage permet donc de raisonner, il permet de transmettre la pensée, les idées générales, de faire un usage public de la raison. Il est donc au service de la pensée et ne la trahit aucunement. Le mot donne une formeexpressive à la pensée, il l’extériorise. Il la fait donc exister. Il lui donne forme. La véritable pensée, celle qui rend compte de la réalité, de la vérité, c’est la pensée formulée.
Par exemple, quand je tombe, je me fais mal, je sens que j’ai mal (réalité sensible), si je veux rendre compte de cette réalité il faut que je m’exprime, il faut que les autres conçoivent que j’ai mal. Et seul lelangage, qui est conceptuel, peut permettre cela. Une pensée non formulée n’existe pas, n’est pas réelle.
Pourtant, la pensée semble antérieure au mot, puisque celui-ci n’en est qu’une extériorisation, il semblerait donc absurde de dire qu’elle n’existe pas sans le mot puisqu’ elle est antérieure à celui-ci.
La pensée est par définition particulière, unique, singulière. Elle est propre àl’individu. Qu’est ce que cela implique par rapport au mot ? Le mot trahit la pensée. Le langage est universel, il ne peut pas exprimer concrètement la pensée, le langage est conceptuel or, on ne conçoit pas un sentiment (pensée) on le ressent. Le mot n’est qu’une pale copie de la réalité pensée et sensible quand la pensée devient un mot, elle perd sa singularité. Le langage est impersonnel. Le langagene peut pas être fidèle à la réalité. Si l’on devait inventer une langue où il y aurait un mot pour chaque action, chaque chose, la tâche serait infinie. On ne peut pas associer un mot à chaque pensée. Par exemple, lorsque je souffre, je ne peux pas exprimer avec exactitude ce que je ressens, parce que ces sentiments sont particuliers et le mot est trop général. Il déformerait ma pensée, n’y...
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