Les bonnes, jean genet

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| |Les Bonnes, Jean Genet |
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| |Jean Genet est né de père inconnu, et abandonné par sa mère. Donc cet auteur n'a pas de racines etpersonne à qui se référer. Ainsi, dans Les |
| |Bonnes, les deux femmes se créent une référence absolue sous le nom de "Madame". Sans Madame, les Bonnes n'existeraient pas. |
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| |L'auteur est confié à des paysans, de la même façon queles Bonnes sont au service de Madame. Jean Genet ne possède rien. Il va donc voler, |
| |non parce qu'il en a besoin, mais pour s'affirmer libre. De la même façon, les Bonnes volent à Madame de petits objets mais surtout son |
| |apparence, son attitude, son langage, et jusqu'à sa mort. |
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| |ce jeu où la jouissance concrète est dépassée vers la jouissance métaphysique, c'est le jeu du théâtre même. Le vol est sanctifié. il est la |
| |condition de l'être. Mais il est socialement réprimé et donc Genet connaîtra le bagne d'enfants. La répressioncommence par la découverte du |
| |coupable : autrui est un regard indiscret et impitoyable. C'est le regard même du spectateur de théâtre, le regard qui condamne et baptise : |
| |"tu es un voleur". Cette condamnation à la fois injuste et irréfutable poussera Genet à devenir ce que l'on a dit qu'il était. Au lieu de |
| |protester ou de renoncer, il revendique et aggrave le mal. Il se situedonc délibérément sous le regard d'autrui. Comme les Bonnes, il se veut|
| |un personnage de théâtre. Cette inversion provocante des valeurs qui va de pair avec l'inversion sexuelle de Genet trouve ses limites qui sont|
| |la folie et la mort. Le salut viendra de l'écriture. Genet ne va pas écrire pour se racheter mais pour, au contraire, se confirmer et |
| |contaminer l'esprit dulecteur. |
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| |Les Bonnes est basé sur un fait divers réel : le crime des soeurs Papin. En 1933, Christine et Léa Papin, âgées de 28 et 21 ans,sont depuis 7|
| |ans au service d'une famille bourgeoise du Mans où elles donnent tout satisfaction. En février, elles assassinent leurs patronnes, avec |
| |sauvagerie, leur arrachant les yeux, leur tailladant les cuisses et les fesses, puis aspergeant chaque victime du sang del'autre. Après quoi |
| |elles lavent les armes du crime ( un marteau, un couteau à découper et un pichet d'étain). Elles se lavent elles-mêmes et se couchent dans le|
| |même lit. Ce crime a fasciné les auteurs surréalistes. Instruments et martyres, les deux soeurs s'aimaient d'un amour incestueux. En 1947, |
| |dans Les Bonnes, Genet ne prend en compte ni l'aspect social ni la folie explosive du meurtre. Les Bonnes sont le contraire d'un mélodrame |
| |sanglant. C'est un rite cérébral quidébouche sur le mythe et rejoint la tragédie. Madame ne meurt pas. Ce sont les Bonnes qui |
| |s'auto-détruisent. Donc Genet détourne le fait divers et le retourne comme un gant. Chaque agression contre Madame est fantasmée ou avortée, |
| |et si elle devait mourir ce serait par le poison, la strangulation ou l'asphyxie, comme chez Racine. Genet a inventé le personnage de |
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