Marie - apolinaire

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  • Publié le : 28 novembre 2010
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« Marie » d’Apollinaire extrait d’Alcools, un recueil poétique achevé en 1913

Guillaume APOLLINAIRE, par Marie LAURENCIN

Introduction
Apollinaire est un écrivain surréaliste qui a écrit de nombreux poèmes comme « Le pont Mirabeau ». Le principe premier du surréalisme est de remettre en cause le totalitarisme esthétique exercé par la beauté classique et de créer de nouveaux rapportsentre les mots. Ce mouvement fait appel aux rêves, à l’exploration de l’inconscient et à une originalité dans l’écriture poétique.
Grand séducteur, il eut de nombreuses relations amoureuses, donc aucune n’aboutit vraiment. En 1917, il écrit Esprit Nouveau ce qui lui permet de créer le terme de « surréalisme ». Apollinaire écrit avec beaucoup de modernisme (on peut citer l’exemple ducalligramme) associé à un lyrisme dans une tonalité plus traditionnelle. C’est un grand ami de Picasso, ce qui lui a permis d’intégrer dans la littérature des idées cubistes, pourtant plus présentes dans l’art.
C’est en 1913 qu’Apollinaire achève son recueil Alcools qu’il avait commencé en 1898. Composé de 51 poèmes, le recueil est une réflexion, une pensée profonde sur ses ruptures amoureuses.On la ressent tout particulièrement dans ce texte, « Marie », dont le destinataire est flou et où la femme aimée lui inspire souvenirs et douleur.
Comment l’usure des sentiments amoureux est-elle exprimée à travers le texte ?
Nous aborderons dans un premier temps l’amour que porte l’auteur à une femme aimée, puis ensuite l’évocation du temps, qui s’écoule non pas sans conséquences pourl’écrivain.
Lecture analytique
Ce texte poétique parle d’amour, et le lyrisme est très présent dans ce texte. En effet l’auteur parle de ses sentiments envers une femme qui lui paraît éphémère, sentiments quelque fois déchirants.
Le premier aspect est donc le flou d’une femme qui est difficilement reconnaissable et localisable, dans le temps et dans l’espace. Tout d’abord vers 16 et19, on peut remarquer deux synecdoques de la femme avec « cheveux » et « mains ». On peut se demander de quelle Marie Apollinaire parle. S’agit-il de la peintre Marie Laurencin avec qui il eut en 1908 une liaison, ou Marêl, qu’on pourrait associer au mot wallon « maclotte », qui désigne une danse liégeoise, ou encore, la Marie de ses 16 ans. La comparaison « crépus comme mer qui moutonne » et lamétaphore « tes mains feuilles d’automne », indique des rapprochements insolites typiquement surréalistes mais qui, étrangement, nous parlent. Ainsi, on ne perçoit pas qui est « Marie », au vers 5. Marie se veut comme morcelée, à l’image des peintures de Picasso, grand ami d’Apollinaire à la même époque. En effet, Apollinaire est l’instaurateur du mouvement cubiste littéraire. On note aussi l’absencede ponctuation, qui permet à l’auteur de briser les règles d’écritures traditionnelles et rendre l’image de la femme encore plus floue.
La femme est la destinataire majoritaire du texte, d’où son titre, Marie. En effet, la femme est omniprésente : elle est le destinateur mais aussi le sujet du texte. Cale se justifie par l’abondance du pronom personnel « vous », présent aux vers 1, 2 etdeux fois au vers 5. Ce « vous » est un vous d’éloignement qui indique aussi le respect, et il est surtout présent dans le paragraphe 1. Le paragraphe commence avec le pronom personnel « vous » et termine par Marie, comme si ces deux mots se répondaient. Progressivement, cette deuxième personne du pluriel passe au singulier (vers 16 « tes »), ce qui, en plus de réduire la distance, établit un desrares moments d’intimité entre la femme aimée et l’écrivain. L’évocation des souvenirs a aussi une place importante, dans le texte et dans la philosophie surréaliste. En effet, Apollinaire, par la réactivitation de ses souvenirs de Marie, se rapproche de celle qu’il aime. (Justification : « test » la fait réapparaître) Il s’agit de souvenirs instinctifs, typiquement surréaliste. Le vers 9 est mis...
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