Melancholia hugo

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  • Publié le : 5 décembre 2010
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15 |Où vont tous ces enfants, dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont de l’aube au soir faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne saitquoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! La cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nousfont les hommes ! » |

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Etude du poème « Mélancholia » de Victor Hugo

Introduction :

Ce poème, datant de 1838 (mais certainement composé en plusieurs fois entre 1834 et 1855), appartient au recueil « Les contemplations ». Il emprunte son titre « Mélancholia » à une gravure de l’artiste allemand Dürer (1471-1528) représentant un ange triste et pensif. Tel est en effetl’état d’esprit du poète quand il contemple la société de son temps. Ce long poème, dont nous n’étudions qu’un extrait, se présente comme une suite de tableaux dénonçant les injustices sociales. Notre extrait est consacré au travail des enfants dans les usines. Il est organisé en quatre parties : le défilé des enfants qui vont travailler (v.1 à 3), l’évocation des conditions de travail (v.4 à 11)et de leurs effets sur les enfants (v.12 et 13), puis la prière des enfants qui se plaignent à Dieu (v.14 à 16). Nous étudierons tout d’abord l’aspect documentaire du poème, puis nous verrons d’autres moyens de dénoncer le travail des enfants mis en jeu par le poète engagé qu’est Victor Hugo.

Première partie : L’aspect documentaire.

1. Le type de travail.

On trouve le champlexical du travail : « travailler » (v.4) est mis en valeur par la pause de l’hémistiche ; « travaillent » (v.10) est mis en valeur par le rejet. L’indignation se fait ainsi ressentir.

On peut également relever le champ lexical de l’usine : « des meules » (v.4) ; « machine » (v.7) ; « d’airain » (v.10) ; « de fer » (v.10). On constate qu’il s’agit d’un travail mécanisé (v.4, 7, 8).
Ces termesévoquent l’usine d’une manière assez vague. Il s’agit de l’usine en général, et non d’une usine en particulier.

2. Des conditions de travail très dures

Hugo a soin de noter l’âge des jeunes travailleurs (« huit ans », v.3) et leur sexe (nul n’est épargné), ainsi que la durée de la journée de travail (« quinze heures », v.4). Ce complément de temps peut être mis en valeur par unepause : « Ils s’en vont travailler // quinze heures / sous des meules ». L’excès de travail est souligné par d’autres compléments circonstanciels de temps : « de l’aube au soir » et « éternellement » mis en valeur par la ponctuation (encadré par des virgules) ou leur place dans le vers (fin du vers). « Eternellement » compte, à lui seul, cinq syllabes, c’est-à-dire près de la moitié du vers. Ilacquiert ainsi beaucoup d’importance.

Le travail des enfants est répétitif et incessant. Ce dernier point est marqué par différents procédés :
- Répétition de l’adjectif « même » (v.6) ; le rythme du v.6, très régulier, vient renforcer l’effet de répétition (monotonie). Aucun moment de liberté et de détente n’est laissé aux enfants.
- L’enjambement des v.5-6 marque cette continuité de latâche.
- Répétition de la structure grammaticale et du rythme dans le vers 10 : « Tout est d’airain, tout est de fer » : rythme 4 / 4 ; parallélisme de la structure grammaticale, synonymie des métaux (idée de dureté) et répétition de « tout » : aucun arrêt dans le travail des enfants. La dureté des métaux peut symboliser la cruauté des adultes qui exploitent les enfants.
- Répétition...
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