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  • Publié le : 7 décembre 2009
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On a tendance à penser qu’on ne peut connaître une chose sans y accéder directement par les sens. Cette présence de la chose passe par le contact sensible entre elle et nous. La connaissance est donc d’abord sensation. Or, cette sensation peut être déterminante et conditionner la représentation des choses en notre esprit.
Dès lors : que nous apprennent les sens ?
Il convient d’abord de sedemander ce que l’on peut connaître par les sens et si cette connaissance est totalement fiable. Sinon, on cherchera les moyens d’éviter d’être trompés par eux. Au final, on précisera ce qu'on entend par « connaissance du réel », le problème étant de statuer afin de savoir si la raison doit se soumettre aux sens ou bien si elle doit soumettre les sens.

La sensation apparaît immanquablementcomme le vecteur de toute connaissance du réel. Quel type de connaissance nous livrent les sens ? Doit-on s’y fier sans l’ombre d’un doute ?
Les choses agissent sur nous, par les sens. Notre corps reçoit des informations, par la vue, l’ouïe, le toucher, le goût ou encore l’odorat. L’activité sensorielle génère donc en notre esprit des impressions sensibles. En parlant d’activité sensorielle, nousoserions un certain abus de langage, car il semble bien que cette « activité » révèle en quelque sorte une « passivité » de l’esprit qui en reçoit les informations. Parler d’impressions sensibles, c’est reconnaître d’une certaine manière que l’esprit se soumet aux données issues de l’expérience sensible. Ce n’est pas faux, car par cette impression, l’esprit prend en compte l’existence de la choseet outre les phénomènes hallucinatoires ou les mirages, il y a fort à parier que la sensation révèle nécessairement à l’esprit qui en reçoit l’information l’existence incontestable des choses que nous percevons. L’empirisme est une conception qui accorde aux sens le privilège de nourrir notre esprit d’informations concernant le réel. J. Locke, philosophe anglais du 17ème siècle, en est un illustredéfenseur : « Comment vient-elle [l’âme] à recevoir des idées ? (...) D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? à cela je réponds en un mot, de l'expérience : c'est là le fondement de toutes nos connaissances, et c'est de là qu'elles tirent leur première origine. Les observations que nous faisons sur les objetsextérieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme, que nous apercevons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre esprit les matériaux de toutes ses pensées. […] comme cette grande source de la plupart des idées que nous avons dépend entièrement de nos sens et se communique par leur moyen à l'entendement, je l'appelle SENSATION. » Cette conception reconnaîtdonc la passivité de l’âme qui, considérée comme « table rase » ne peut élaborer de connaissances qu’à partir des données que lui fournit l’expérience sensible. La connaissance se limite donc à une impression.
Or, parlant d’impressions pour les connaissances qui proviennent des sensations, nous nous interrogerions rapidement sur le caractère subjectif de celles-ci. N’utilisons-nous pas ce termed’impression lorsque nous demandons à autrui d’exprimer la particularité de ce qu’il peut ressentir… « quelles sont vos impressions ? » Nous soulignons par là la part subjective de toute sensation. D’un individu à l’autre, nos sensations varient puisqu’elles s’accomplissent dans un corps qui lui est propre. Chacun ressent les choses par rapport à lui-même. Qui peut en effet nous garantir que lorsquenous déterminons la couleur d’une chose, nous voyons exactement les mêmes nuances ? Ainsi, la marque subjective de toute sensation ôte aux connaissances qui en découlent la valeur d’objectivité généralement souhaitée. Nous déterminons là une première faiblesse des sens qui ne peuvent donc garantir une connaissance objective tant elles impliquent le sujet. Déjà dans l’Antiquité, Socrate...
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