Poesie

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LA MELANCOLIE

C'est un' rue barrée

C'est c'qu'on peut pas dire

C'est dix ans d'purée

Dans un souvenir

C'est ce qu'on voudrait

Sans devoir choisir

LA MELANCOLIE

C'est un chat perdu

Qu'on croit retrouvé

C'est un chien de plus

Dans le mond' qu'on sait

C'est un nom de rue

Où l'on va jamais

LA MELANCOLIE

C'est se r'trouver seul

Plac' del'Opéra

Quand le flic t'engueule

Et qu'il ne sait pas

Que tu le dégueules

En rentrant chez toi

C'est décontracté

Ouvrir la télé

Et r'garder distrait

Un Zitron' pressé

T'parler du tiercé

Que tu n'a pas joué

LA MELANCOLIE

LA MELANCOLIE
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C'est voir un mendiant

Chez l'conseil fiscal

C'est voir deux amants

Qui lis'ntle journal

C'est voir sa maman

Chaqu' fois qu'on s'voit mal

LA MELANCOLIE

C'est revoir Garbo

Dans la rein' Christine

C'est revoir Charlot

A l'âge de Chaplin

C'est Victor Hugo

Et Léopoldine

LA MELANCOLIE

C'est sous la teinture

Avoir les ch'veux blancs

Et sous la parure

Fair' la part des ans

C'est sous la blessure

Voir passer le tempsC'est un chimpanzé

Au zoo d'Anvers

Qui meurt à moitié

Qui meurt à l'envers

Qui donn'rait ses pieds

Pour un revolver

LA MELANCOLIE

LA MELANCOLIE

{text:soft-page-break} C'est les yeux des chiens

Quand il pleut des os

C'est les bras du Bien

Quand le Mal est beau

C'est quelquefois rien

C'est quelquefois trop

LA MELANCOLIE

C'est voir dans lapluie

Le sourir' du vent

Et dans l'éclaircie

La gueul' du printemps

C'est dans les soucis

Voir qu'la fleur des champs

LA MELANCOLIE

C'est regarder l'eau

D'un dernier regard

Et faire la peau


Au divin hasard

Et rentrer penaud

Et rentrer peinard

C'est avoir le noir

Sans savoir très bien

Ce qu'il faudrait voir

Entre loup et chienC'est un DESESPOIR

QU'A PAS LES MOYENS

LA MELANCOLIE

LA MELANCOLIE
{text:soft-page-break} Automne
Comme la lande est riche aux heures empourprées,
Quand les cadrans du ciel ont sonné les vesprées !

Quels longs effeuillements d'angélus par les chênes !
Quels suaves appels des chapelles prochaines !

Là-bas, groupes meuglants de grands boeufs aux yeux glauques
Vontmenés par des gars aux bruyants soliloques.

La poussière déferle en avalanches grises
Pleines du chaud relent des vignes et des brises.

Un silence a plu dans les solitudes proches :
Des Sylphes ont cueilli le parfum mort des cloches.

Quelle mélancolie ! Octobre, octobre en voie !
Watteau ! que je vous aime, Autran, ô Millevoye !
Emile Nelligan
{text:soft-page-break}N'importe ou hors du monde
{text:bookmark} Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
"Dis-moi, mon âme, pauvreâme refroidie, que penserais-tu d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!"
Mon âme ne répondpas.
"Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?"
Mon âme reste muette.
"Batavia te sourirait...
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