Preface des fables de la fontaine

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  • Publié le : 16 juin 2011
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Les Fables, « Préface » extrait p 250-251
La Fontaine

(Introduction)

Jean de La Fontaine (1621-1695) est un écrivain et poète dramaturge, moraliste et romancier français du XVIIIe siècle. Il publie son premier recueil « Fables Choisies » en 1668. Comme de nombreux auteurs qui proposent un genre nouveau ou une direction littéraire différente, La Fontaine accompagne ses fables d’une préfaceoù il revendique la paternité de son œuvre et en souligne le bien fondé, notamment les valeurs pédagogiques et morales. Il profite de cet espace préfaciel pour prévenir les réticences d’éventuelles critiques, il tente de séduire et de convertir le lecteur. La préface est une forme particulière d’essai (1ère personne qui prend position), une manière pour l’auteur de se défendre, de s’adresser aulecteur, lui faire part de ses arguments rationnels et lui montrer que son livre vaut la peine d’être lu. Cette préface est un texte liminaire parce qu’elle se situe avant l’oeuvre. L’auteur s’appuie sur Esope, sur ses connaissances sur le genre de l’apologue dans l’antiquité Gréco-latine pour promouvoir la fable, un genre qu’il revisite à sa façon et qu’il remet au goût du jour. Il s’agit de fairel’éloge de l’apologue (qui est particulièrement adapté aux enfants), d’en démontrer les bienfaits. La fable permet de s’accoutumer de bonne heure à la sagesse et à la vertu, mais également de faire passer un message sur un mode plus imagé et plus approprié (« ces badineries… portent sur un sens très solide », « on se forme le jugement et les mœurs… on se rend capable de grandes choses »).  C’estdonc un texte argumentatif direct à but informatif et explicatif qui pose la question : Quel est l’enjeu des fables ? Ici, il défend la fable, considérée comme genre mineur et traditionnellement destinée aux enfants. La Fontaine insiste donc sur son importance, ses vertus, son utilité, mais il cherche également à séduire le lecteur en démontrant que ces fables s’inscrivent dans une traditionlittéraire en se référant à Platon et à Esope qui opèrent comme des arguments d’autorité car leur nom est reconnu, ce qui renforce et valident la thèse soutenue. Il s’agira de s’intéresser à la façon dont La Fontaine promeut un genre ancien qu’il renouvelle en exposant l’utilité des fables et leur pouvoir didactique sur deux plans : la morale et les connaissances humaines.

(Premier paragraphe : Lamorale)

Argument d’autorité : Si La Fontaine renouvelle le genre de la fable, il inscrit cependant son œuvre dans une tradition séculaire, celle de l’apologue. Dès le début, La Fontaine évoque l’antiquité Gréco-romaine et recourt à un argument d’autorité en mentionnant Platon, philosophe grec, et son ouvrage « La République » dans lequel il propose sa vision de la cité idéale. Platon donne uneplace d’exception à Esope, fabuliste, ce qui témoigne de l’intérêt et de la valeur de ce genre littéraire. La Fontaine se considère comme un disciple d’Esope et s’inspire souvent de ses écrits. Platon, (disciple de Socrate), avait banni Homère car il considérait qu’il déformait le monde et la réalité.
Par la formule (« il souhaite que »), La Fontaine procède à une citation indirecte de Platon quiconstitue un argument. La fable permet de s’accoutumer très tôt à la sagesse et à la vertu. Les termes « Fables », et « Nourrices » ont des majuscules, ce qui les met en valeur et leur donne un relief particulier car il s’agit de mots-clés qui articule la pensée de l’auteur. Il compare le lait à l’enfance car c’est son aliment caractéristique, la source alimentaire. Le lait correspond à unenourriture terrestre et permet la croissance physique de l’enfant tandis que la fable est une nourriture spirituelle qui favorisera sa croissance intellectuelle et son élévation morale. L’association du lait avec la fable la rend indispensable et donne l’idée d’avidité.
Répétition de l’impératif, interpellations à la seconde personne « dites » par deux fois en début de phrase donne de l’autorité au...
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