Religion

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  • Publié le : 6 avril 2011
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oilà trois questions fort intéressantes toujours d'actualité qui demanderaient trois études. Mais la plus importante me paraît être la première : peut-on vivre sans religions ?
Si la réponse est affirmative, il va de soi que les deux autres points perdent l'essentiel de leur objet et, dans ma position, je me bornerai à cette seule première question. Qu'est ce qu'une religion ? Ce terme est sivaste qu'il peut définir une simple conviction, puisqu'on peut parler raisonnablement du culte de la famille, du culte de la Patrie, du culte des Ancêtres, du culte de la Liberté, même le sport est devenu de nos jours une véritable religion avec, malheureusement, quelques fanatiques violents. Dans ce sens, il me semble que tout individu sensé est religieux, avec des convictions plus ou moinsrationnelles. Celui qui prétend pouvoir se passer de religion, dans ce sens général, me semble dans l'erreur, sa simple certitude de pouvoir se passer de religions, pouvant être alors assimilée à une conviction plus ou moins religieuse. Ces considérations, qui peuvent paraître inutiles, fastidieuses et oiseuses, sont en réalité de première importance, car elles font l'objet d'exploitations subtiles etrationnelles, qui peuvent nuire à nos propres convictions. Ainsi lorsque j'ai fondé l'Union des Athées, certains interlocuteurs, déistes ou non, m'ont dit, d'une manière sincère plus ou moins provocante, vous avez fondé une nouvelle religion. J'étais alors stupéfait, révolté, outré, et je m'élevais vigoureusement contre leur affirmation. Mais à la réflexion je pense que cela peut fort bien secomprendre en l'absence d'accord sur le mot religion. Cette imprécision, m'amène à admettre que la certitude de mon athéisme s'apparente bien à une conviction sincère, donc à une religion dans le sens général de ce mot, mais j'ajoute aussitôt que, si l'on considère avec raison que l'Union des Athées est une religion, je réclame pour elle les avantages que l'on accorde aux religions, avantages dontl'Union des Athées est encore injustement exclue. J'aurais l'occasion de revenir sur ce point en conclusion. Évidemment ce sens général du mot religion n'est pas celui qui est en cause dans notre débat d'aujourd'hui, où il est manifestement question d'une croyance mystique essentiellement représentée par le déisme. Cette croyance mystique ne semble pas toucher l'ensemble des animaux, mais semble bienune caractéristique de l'animal humain. Or ce qui caractérise physiquement ce dernier animal, c'est le développement hypertrophique de son cerveau par rapport à celui des autres animaux. Teilhard de Chardin, éminent paléontologue, remarqua judicieuse-ment que toute spécialisation animale trop poussée devient un facteur d'avantages exceptionnels pour la race, mais devient aussi un facteur de dangernouveau et quelquefois fatal pour l'espèce. Ainsi les oiseaux les mieux adaptés au vol peuvent être voués à la mort s'ils tombent sur un sol plat qui ne leur permet pas de reprendre leur vol. De même les animaux d'origine aquatique, qui se sont adaptés à la respiration pulmonaire, s'asphyxient mortellement s'ils sont maintenus dans leur milieu aquatique d'origine. Teilhard de Chardin en a conclu,en faisant une colossale erreur, que la supériorité de l'animal humain était due à son absence de spécialisation. L'aveuglante spécialisation cérébrale de l'homme lui à paradoxalement échappé. Cette prodigieuse spécialisation cérébrale a donné à l'être humain son admirable évolution artistique, philosophique, scientifique et technique, mais comme toute spécialisation trop poussée elle a eu sesdéfauts catastrophiques, dont certains dramatiques, dangereux et destructeurs. Ainsi elle a été la source d'une imagination délirante, de rêves obsédants et de fantasmes les plus extravagants. L'individu, se croyant d'une compréhension et d'une intelligence suprêmes, veut imposer aux autres, au nom de ses certitudes, ses convictions et ses goûts, dont il ne perçoit pas les défauts éventuels nocifs...
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