Rousseau profession de foi du vicaire savoyard. sytème du monde

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  • Publié le : 26 avril 2011
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Dissertation de philosophie.

« Le mal général ne peut être que dans le désordre, et je vois dans le système du monde un ordre qui ne se dément point. »
Rousseau, La profession de foi du vicaire savoyard.

La question du mal, pierre d’achoppement de nombreux systèmes philosophiques, devait naturellement trouver sa place dans l’œuvre de Rousseau et la théodicée qu’il tente d’établir dans laProfession de foi du vicaire savoyard. Comment, dans un monde qu’il estime globalement parfaitement ordonné, ce qui démontre l’existence d’un créateur intelligent, justifier l’existence, incontestable, du mal ? Pour résoudre ce problème, Rousseau propose une solution qui repose sur la distinction entre mal général et mal particulier : estimant que « le tout est bien », il s’emploie à montrer quele mal que l’on observe sur la terre est le seul fait de l’homme et de la société humaine.
Pour conclure le développement de sa pensée, il fait dire au vicaire : « Le mal général ne peut être que dans le désordre, et je vois dans le système du monde un ordre qui ne se dément point. », assertion que l’on se propose d’étudier pour analyser l’argumentation développée par Rousseau dans cette premièrepartie de la Profession de foi du vicaire savoyard.
On s’attachera à examiner le postulat de Rousseau selon lequel on observe « dans le système du monde un ordre qui ne se dément point », et les conséquences qu’il implique sur sa théodicée. On cherchera ensuite à expliciter la distinction qu’il établit entre mal particulier et mal général afin de fonder une critique de l’homme social. Enfin, ontentera de resituer cette idée dans son contexte historique, à travers son débat avec Voltaire à propos du désastre de Lisbonne.

Afin de prouver l’existence de Dieu, Rousseau adopte un cheminement classique : il passe de la contemplation des beautés de l’univers à l’idée d’un créateur ; mais, de manière plus originale, ce ne sont pas tant les merveilles particulières de la nature quil’arrêtent, que l’harmonie et l’ordre général qui règnent dans l’univers. L’observation générale des lois de la physique, constante dans le temps et l’espace, et leur simplicité, lui permettent en effet de conclure à l’existence d’un univers ordonné. Le mouvement de la matière inerte, nécessairement provoqué par une cause externe à elle-même lui donne, quant à lui l’idée de la nécessité d’une causepremière. Selon ce raisonnement, il existe donc un créateur de l’univers, dont l’intelligence est prouvée par l’ordre qui règne dans la nature ; la contemplation de l’harmonie du cosmos, le spectacle du monde, conduisent le vicaire à la certitude de l’existence de Dieu. Il livre ainsi son intime conviction : « Je crois donc que le monde est gouverné par une volonté puissante et sage. »
Dans cette idée del’ordre, d’harmonie du monde d’après Rousseau, il faut entendre bien : ce que cherche à exprimer le vicaire contemplant le système du monde, c’est l’idée d’un bien général. L’univers, le tout, est bien car il est ordonné par un dieu bon. Il ne faut pas confondre cette idée défendue par Rousseau avec les théories de Leibniz, (surtout lorsqu’elles sont réduites par les critiques de Voltaire, notammentdans Candide, à un « tout est bien ») : on traduira plutôt l’idée de l’ordre général du monde par un « le tout est bien ». Car, en effet, il serait difficilement soutenable, loin s’en faut, de simplement prétendre que tout est bien, ou comme ironise Voltaire, que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».
Le renversement dramatique survient dans la phrase avec cetteobservation désolée du vicaire « je vois le mal sur terre ». Dès lors que l’on passe de la contemplation générale du monde au point de vue particulier, le constat du mal est inévitable, et d’autant plus amer pour le vicaire qu’il contraste plus fortement avec un univers ordonné par un dieu dont la bonté devrait être un garant contre l’existence du mal.
Comment, dès lors, concevoir l’idée que...
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