Suis je le maitre de mes pensées ?

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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SUIS-JE LE MAITRE DE MES PENSÉES

By Baptiste

La propriété a d'abord un sens purement juridique. M'appartient ce que l'on m'a vendu en vertu d'un contrat en bonne et due forme. Mais tout l'ensemble de ces biens que je possède, en ce sens que j'en suis le propriétaire légal, rien ne m'en garantit une possession durable. Je peux à tout moment en être dépouillé. Ma richesse est à la merci d'unrevers de fortune. Et quoi qu'il arrive, tout bien matériel est forcément périssable, à plus ou moins longue échéance. Je finirai par en être dépossédé. Donc ces biens ne sont miens que de façon contingente, et non nécessaire. Quant à mon corps, il semble que l'on puisse lui appliquer la même réflexion. Il est mortel. Il peut subir une mutilation, rien ne m'assure de le conserver dans sonintégrité, il est à la merci d'une violence ou d'une maladie. De plus, il est offert au pouvoir des autres qui peuvent l'entraver dans ses mouvements, par exemple l'enchaîner. L'esclave n'est pas maître de son corps. Mais, si mon corps n'est pas entièrement dépendant du pouvoir de ma volonté, en revanche, ma volonté, elle, semble m'appartenir, au même titre que toutes les facultés ou les dons de mon esprit.Personne ne peut contraindre ma pensée. Elle n'est pas un bien extérieur, mais ce que j'ai de plus intime. Ma pensée, du moins, semble réellement à moi. Cependant, cette assurance que j'éprouve de posséder ma pensée n'est-elle pas trompeuse? Quand je reprends sans réfléchir les paroles d'autrui, ou lorsque je répète un lieu commun, puis-je dire que ma pensée est mienne? Or, j'ai nécessairementdes préjugés. Tout homme a d'abord été enfant et a eu des tuteurs, dont il a reçu une éducation qui va l'influencer, peut-être à son insu. Si ma pensée dépend tellement de ce que les autres en ont fait, peut-on dire encore qu'elle est mienne? Mais si même ma pensée ne m'appartient pas de façon absolue, alors, qu'est-ce qui est à moi?
De tous les biens matériels que je possède légalement, aucunn'est réellement à moi car il ne dépend pas de moi seul de les conserver. Les stoïciens nous invitent à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas. Or, aucun de ces avoirs n'est à l'abri d'un coup du sort. Et il faut compter le corps au nombre de ces biens dont la possession est provisoire. "En réalité, ne l'oublie pas, ce corps n'est pas proprement tien; ce n'est que de l'argilehabilement pétrie" (Epictète, Entretiens, I, 1). D'où la sagesse stoïcienne, qui recommande de ne s'attacher à aucun de ces biens périssables, afin de ne pas risquer de souffrir de leur perte éventuelle. Epictète conseille de ne pas nous attacher davantage à notre corps, c'est-à-dire de ne pas craindre la mort. Qu'est-ce donc qui est à moi? Ce qui dépend de moi, c'est-à-dire tout ce qui relève del'esprit. Par exemple nos désirs, notre volonté ou notre pensée. L'esclave, dans les fers, reste libre dans la mesure où l'on ne peut lui retirer la possession de ses idées ou de ses rêves. Mes pensées, personne ne peut les penser à ma place. Toute pensée, par exemple la simple idée que je pense, comme l'a montré Descartes, est purement subjective, purement personnelle.
Toutefois, il existe des façonssournoises, insidieuses, pour faire accepter par autrui une idée qui n'est pas la sienne. Ces méthodes sont employées dans la propagande. Mes pensées elles-mêmes sont-elles donc à moi?
Elles-mêmes ne sont pas tout à fait à l'abri des tentatives pour m'asservir. On peut ainsi, sans violence, amener un peuple à admettre une idéologie (Hitler a été élu de façon démocratique). Mon esprit n'est pasétanche à toute influence extérieure. Cette réalité qu'est le conformisme social le prouve. L'homme a naturellement tendance à se conformer à l'attitude ou au point de vue du groupe auquel il appartient. C'est ce qui explique, dans chaque classe de la société, une certaine uniformité des goûts ou des opinions politiques. Les expériences de psychologie sociale de Asch sur le conformisme,...
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