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  • Publié le : 4 mai 2011
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UE 52 Littérature comparée
TD Mme Tahar

|CORRECTION SUJET D’ENTRAINEMENT |

❖ ANALYSE DETAILLEE DU SUJET

« La tragédie nous répète que le domaine de la raison, de l’ordre et de la justice est terriblement limité, et que nul progrès de notre science ou de nos moyens techniques ne l’élargira. En dehors de l’homme et en lui, il y a l’autre, l’autremonde. Appelez-le comme vous voudrez : un dieu caché ou méchant, la destinée aveugle, les sollicitations de l’enfer, la fureur bestiale de notre sang – il nous guette à la croisée des chemins. Il se moque de nous et nous détruit. » (Georges Steiner, La Mort de la tragédie)

Dans quelle mesure cette citation vous semble-t-elle pouvoir s’appliquer aux œuvres du programme ?

1) Analyser lesujet.

2) Réfléchir à un plan.

3) Rédiger une introduction.

➢ Ne pas définir les termes un par un quand la citation est si longue, montrez plutôt la dynamique d’ensemble. Beaucoup d’entre vous ont traité la 1e phrase et la suite comme s’il n’y avait aucun lien entre ces deux idées.
➢ « La tragédie nous répète… » : Steiner affirme que le genre tragique recèle un message quireste le même à travers les différentes époques où ce genre a fait surface.
➢ « … que le domaine de la raison, de l’ordre et de la justice est terriblement limité » : beaucoup d’entre vous ont réduit ces trois notions à l’idée de « bien » (avec une majuscule qui plus est : à éviter) ce qui est très réducteur : la « raison » et « l’ordre » ne sont pas a priori des notions morales. C’est plutôtl’idée de « cosmos » (= monde ordonné) qui relie ces trois notions, l’idée selon laquelle la société humaine est ordonnée et a un sens. La tragédie montre donc que l’ordre qui semble régir la société humaine est en réalité limité.
➢ « …et que nul progrès de notre science ou de nos moyens techniques ne l’élargira » : nombre d’entre vous n’ont pas su quoi faire de cette idée et l’ont doncsimplement laissée de côté, or c’est un point essentiel. Certes, la science et les moyens techniques n’ont guère leur place dans la tragédie, là n’est pas la question. Mais ce passage précise que la tragédie s’oppose à une notion fortement ancrée dans les esprits, du moins les esprits modernes : la notion de progrès. C’est au XVIe siècle, lorsque s’affirment les capacités techniques de l’homme, que lephilosophe anglais Francis Bacon (à ne pas confondre avec le peintre du même nom) a théorisé l’aptitude humaine à progresser vers un « mieux » (cette idée se développera notamment au siècle des Lumières). Or, la tragédie affirmerait que cette idée est une illusion, que la société humaine ne progresse pas, quels que soient les progrès techniques de l’homme.
➢ « En dehors de l’homme et en lui, ily a l’autre, l’autre monde. » : Le lien logique avec ce qui précède n’est pas exprimé, certes, mais il est sous entendu. Steiner nous explique pourquoi l’évolution de la société humaine est limitée. Cette première phrase d’explication affirme une véritable dualité du monde (« autre ») que l’on retrouve aussi bien dans le macrocosme de l’univers (« en dehors de l’homme ») que dans le microcosme del’homme (« en lui »).
➢ « Appelez-le comme vous voudrez : un dieu caché ou méchant, la destinée aveugle, les sollicitations de l’enfer, la fureur bestiale de notre sang » : cet « autre monde » qui s’oppose à l’évolution de la société humaine prend différentes formes selon les époques et les cultures : « dieu caché ou méchant » et « destinée aveugle »(antiquité : le destin des hommes estscellé d’avance par les dieux), « sollicitations de l’enfer » (monde chrétien), « fureur bestiale de notre sang » (les passions, la part d’animalité propre à l’homme). Ces désignations sont autant de visages de la fatalité : l’homme est soumis à de forces transcendantes ou inhérentes à sa propre nature, dont il est victime et qu’il ne peut maîtriser.
➢ « …– il nous guette à la croisée des...
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