L'oeil du quattrocento, michael baxandall

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  • Publié le : 21 mai 2011
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Fiche de lecture sur
L’œil du Quattrocento
de Michael Baxandall

Michael Baxandall traite, dans L’oeil du Quattrocento (issu de cours professés à la faculté d'histoire de Londres) de l’usage de la peinture dans l’Italie de la Renaissance. Cet ouvrage comporte quatre-vingt-huit illustrations et a été rédigé en 1972 et édité par Oxford University Press.
Le titre original est Paintingand experience in fifteenth century Italy.
Né en 1933 à Cardiff (Royaume-Uni),  Michael Baxandall a conduit une carrière de chercheur et d'enseignant en histoire de l'art dans le Royaume-Uni (il fut professeur « d'histoire de la tradition classique » à l'Institut Warburg et Courtauld, à Londres, et à l'université d'Oxford), puis aux États-Unis (universités de Cornell et Berkeley), sans compterune brève période de collaboration au département des sculptures du Victoria and Albert Museum de Londres.
Nous avons, dans la préface, le squelette de l’ouvrage de Michael Baxandall ; ainsi, nous savons dors-et-déjà que son propos se pose de la manière suivante : en quoi le style des peintures est-il un matériau pertinent pour l’histoire sociale ?
La thèse qui en découle est celle-ci : lesfacteurs sociaux favorisent la constitution des dispositions et d’habitudes visuelles caractéristiques, qui se traduisent à leur tour en éléments clairement identifiables dans le style de peinture.

De façon synthétique, cet ouvrage cherche à démontrer deux propositions réciproques : d'une part, que la peinture du xve siècle est le produit d'une relation sociale entre le peintre et soncommanditaire, agent, pas nécessairement bienveillant, dont le peintre doit satisfaire les goûts et les compétences culturelles, et qu'il s'agit donc pour l'historien d'art de chercher à reconstituer cet « équipement intellectuel » des clients types s'il veut comprendre les raisons d'être et les valeurs de cette peinture ; d'autre part, que les tableaux complètent de façon très utile les sources dontdisposent les historiens de la vie quotidienne et des mentalités, dans la mesure où ils reflètent des expériences et des aspirations absentes des documents. 

De cette manière dans le chapitre I Baxandall met à jour la structure du marché de la peinture du XVe siècle pour découvrir qu’elle était la base économique du culte de l’époque pour l’habilité picturale. Il est clairement dit page1 » que « ce livre traite de la contribution spécifique du client à cette relation économique.»
Il commence par introduire son sujet : « Une peinture du XVe est le produit d’une relation sociale. D’un côté, un peintre a réalisé le tableau ou, au moins, en a supervisé l’exécution. De l’autre, quelqu’un lui en a passé commande, lui a fourni des fonds pour le réaliser et a prévu, après l’achèvement del’œuvre, d’en user d’une façon ou d’une autre. » (Page 9) Dans ce processus, on ne peut pas nier qu’il y a un rapport fort avec l’économie, puisque la commande est passée. Ainsi la base de la structure du marché de la peinture du XVe siècle est la commande, et sur cette base viennent s’ajouter d’autres éléments comme les matériaux. Baxandall écrit : « cette commande été passée par un client quiexigeait une fabrication conforme à ses prescriptions. » « Le client payait l’ouvrage, à cette époque comme aujourd’hui, mais il disposait de son argent de la façon propre au XVe siècle, ce qui pouvait avoir une incidence sur le caractère même des peintures. » (Page 10)
« Les peintures sont, parmi d’autres choses, des fossiles de la vie économique. »
Baxandall prend l’exemple de Rucellai(commanditaire) pour appuyer son propos, celui-ci dépense son argent « pour l’agrément public » (page 11), il y avait une sorte contrat sous-jacent entre la vie publique et les hommes d’importance, des commanditaires. Financer des églises ou des oeuvres d’art « était à la fois un plaisir et une vertu nécessaire, un remboursement auquel la société s’attendait, quelque chose qui se situait entre une...
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