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Pages: 5 (1077 mots) Publié le: 7 janvier 2015
Si tel était le cas, elle trouverait rapidement ses limites. La mémoire de l'historien ne peut en effet contenir que ce que l'historien a personnellement vécu ou ce dont il a été le témoin. Les historiens des tout débuts, quand l'histoire n'était pas encore une science, ont travaillé de cette façon. Mais ils se sont heurtés à deux limites. D'une part, le narrateur manque de recul par rapport auxévènements dont il est trop tôt pour voir les conséquences, d'autre part l'histoire ne se limite pas à l'étude des cinquante ou soixante dernières années et il est clair qu'il faudrait à l'historien une extraordinaire longévité pour nous parler de l'Antiquité ou même du XIX° siècle.
Il ne peut donc s'agir de la mémoire de l'historien mais de la mémoire des autres. Mais de quels autres ?

2) Lamémoire des autres
Si ces autres sont les contemporains de l'histoire, cet ensemble de témoins est dans la même situation de manque de recul historique et on retrouve la même limitation dans le temps. Pour entamer une recherche à propos du passé, l'historien doit au moins se tourner vers des mémoires antérieures c'est-à-dire tout ce qui peut témoigner de la période qui l'intéresse, si éloignée delui soit-elle dans le temps. Il faut donc recourir aux documents écrits ou aux vestiges anciens. Il faut consulter les archives, les Mémoires, la presse mais aussi les monuments, les sites archéologiques etc. La question est alors de savoir ce qui peut être utile à l'historien dans cette mémoire. L'observation historique, contrairement à ce qui se passe dans les sciences expérimentales, esttoujours une observation indirecte qui passe par la médiation de ce que nos ancêtres nous ont laissé.
En quoi ces témoignages, archives etc. constituent-ils une mémoire ? Ils énumèrent des faits qui ont eu lieu. Ils permettent éventuellement de les situer les uns par rapport aux autres. Cette mémoire apporte une série d'évènements et la possibilité de les dater. L'historien ayant pratiqué la critiqueexterne (intégrité et authentification des documents) et interne (cohérence, sens du document…) des témoignages, il pourra alors élaborer une « mémoire » plus ou moins rigoureuse du passé.
Néanmoins, il ne s'agit alors que d'une collection de faits datés. Tout le problème est alors de savoir si le travail de l'historien se limite à cela.

3) L'idée de mémoire collective.
Peut-on aller plus loinet parler de mémoire collective ? Il existe, certes, des traditions propres à un peuple. Tout peuple a besoin de se penser par rapport à un passé pour se constituer une identité mais ces traditions sont rarement fiables.
Elles ont en effet le défaut de chercher surtout des origines, ce qui est davantage caractéristique de la pensée mythique que de la pensée scientifique. Ainsi les cités antiquesse donnaient-elles un héros fondateur (Athènes, par exemple, s'attribuait Thésée comme père fondateur). Plus près de nous, en 1996, en commémorant le baptême de Clovis (496), la France a présenté Clovis comme le fondateur de la France alors que celle-ci ne pouvait alors exister encore mais n'était qu'un ensemble de communautés germaniques. Un peuple peut s'imposer officiellement une explication del'histoire dont l'historien doit se méfier.
Plus généralement, que vaut la mémoire pour l'historien ?

II La mémoire ne suffit pas à l'historien

1) La critique des témoignages
L'historien, avons-nous dit, doit faire la critique externe des témoignages (ne s'agit-il pas tout simplement de faux ?) mais cela ne suffit pas. Les témoignages humains sont fragiles. Que valent-ils ?
Prenons unexemple simple, celui de la bataille de Waterloo. Dans La Chartreuse de Parme de Stendhal, le héros, Fabrice Del Dongo, assiste à cette bataille : « Il avait beau regarder du côté d'où venaient les boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui semblait entendre des décharges beaucoup...
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