La méchanceté ne consiste pas à faire le mal mais à mal faire

1885 mots 8 pages
On peut penser que la méchanceté consiste à se tromper sur le bien. En effet, on peut la distinguer de l’erreur technique en ce que celle-ci est indifférente au bien et au mal mais non au bon et au mauvais alors qu’elle est liée au mal. C’est une erreur quant à la sociabilité qui a conduit le vicaire savoyard à rompre son vœu de chasteté sans prendre la précaution de conserver le secret. Et c’est bien le reproche qu’on lui fait. Il a certes mal fait mais si pour lui il n’a pas fait le mal, pour ses accusateurs, il aurait dû le faire sans le dire. Pour eux, il est coupable de scandale. On peut dire qu’il a mal fait du point de vue social et c’est donc là son erreur, voire sa faute pour ses adversaires. Mais lui a fait ce qu’il a fait en croyant bien faire. De même Thérèse et Firmin ont mal fait du point de vue social de ne pas se marier rapidement une fois consommé leur relation comme le leur reprochent les dames de Sion selon le premier récit de la narratrice anonyme (cf. pp.80-82). Il n’y a qu’erreur sociale. D’un autre côté, selon la scène 2 de l’acte I, en massacrant les ennemis du roi Duncan, en exposant la tête coupée de Macdonwald selon le récit du capitaine au roi, Macbeth ne fait pas le mal et ne fait pas mal. Il fait bien et le roi est satisfait de lui. Bref, mal faire ou bien faire a un sens technique qui renvoie aux finalités sociales, ce qui faisait dire à Eichmann, un des organisateurs du génocide effectué par les nazis, selon le compte rendu qu’a donné de son procès Hannah Arendt (1906-1975) dans Eichmann à Jérusalem (1963), qu’il était innocent puisqu’il avait obéi aux ordres. En quel sens mal faire peut-il définir la méchanceté ?

C’est que, s’en tenir aux convenances sociales c’est ignorer le bien. Cela peut être dans une certaine forme d’innocence comme Thérèse qui, dans Les Âmes fortes de Giono, apparaît comme un monstre d’égoïsme. Elle utilise la maternité non comme don de soi pour l’autre mais comme un moyen de capter la pitié qui lui permet

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