Albertine disparue

par

Résumé

  Le récit s’ouvre sur la disparition d’Albertine, la compagne du narrateur. La fugue de sa jeune amie le plonge dans un profond désespoir. Même s’il avait cru, à certains moments, ne plus l’aimer, il se rend compte que ce n’était que l’habitude qui avait pris le dessus sur leur relation en la rendant un peu ennuyeuse, et que le départ d’Albertine le fait finalement souffrir davantage qu’il ne l’aurait imaginé. La lettre que la jeune femme a laissée à Françoise, la domestique du narrateur, lui fait en outre comprendre que la décision d’Albertine est irrévocable. Le narrateur cherche alors à atténuer sa souffrance en réfléchissant aux moyens qu’il pourrait mettre en œuvre pour la faire revenir. Il est persuadé que la jeune femme a fait semblant de le quitter pour qu’il lui offre le yacht et l’automobile qu’elle lui avait demandés mais qu’il n’avait pas achetés. Il se promet également de la demander en mariage, mais de lui laisser son indépendance : elle pourrait sortir seule et voir le monde qu’elle voudrait.

De son côté Françoise, qui n’a jamais aimé Albertine, est persuadée que Mme Bontemps, la tante de la jeune femme, l’a influencée dans sa décision de partir, et ce afin de soutirer au narrateur de l’argent en échange de son retour. Malgré ces réflexions, le narrateur ne perd pas de vue son but : faire revenir son amie au plus vite. Il pense qu’elle a certainement dû retourner chez sa tante en Touraine. Il décide de jouer l’indifférence et demande l’aide de son ami Robert de Saint-Loup. Les deux jeunes hommes mettent en place une stratégie : Saint-Loup, envoyé en Touraine, devra proposer, sans qu’Albertine le sache, trente mille francs à Mme Bontemps pour qu’elle persuade sa nièce de revenir vers le narrateur. Entretemps, celui-ci est convoqué par le chef de la Sûreté en raison de la plainte des parents d’une fillette qu’il avait fait monter dans sa chambre pour se consoler en la câlinant. Françoise lui annonce que la police fait surveiller la maison et qu’il ne pourra plus se consoler de cette manière.

  Cela fait maintenant quatre jours qu’Albertine est partie. Le narrateur reçoit un télégramme de Saint-Loup l’informant qu’il a été vu et reconnu par la jeune femme. Ses efforts pour faire croire à son indifférence s’en trouvent donc ruinés. Alors que Robert est sur le chemin du retour, le narrateur reçoit une réponse d’Albertine : elle serait revenue lui dit-elle, s’il le lui avait demandé tout simplement. Le narrateur prend cet aveu comme une assurance de son retour, mais se refuse à le hâter et décide de continuer de lui faire croire à son indifférence, alors qu’il désire plus que tout au monde qu’elle revienne à lui. Il lui envoie alors une lettre dans laquelle il approuve sa décision de le quitter ; il ajoute qu’il gardera le yacht et la voiture qu’il a commandés pour elle. Il reçoit alors une nouvelle lettre d’Albertine qui lui propose de décommander elle-même la voiture. Dans sa réponse, pour rendre sa correspondante jalouse et même s’il ne l’a pas fait, le narrateur lui annonce qu’il a demandé à Andrée, amie d’Albertine qu’il a déjà utilisée pour séduire celle-ci par le passé, de venir habiter chez lui.

Au retour de Saint-Loup, la jalousie du narrateur ne fait que s’accroître lorsque son ami lui annonce qu’Albertine était entourée de jeunes filles chez sa tante. Albertine et son groupe d’amies font en effet l’objet de soupçons : elles se laisseraient aller à des pratiques homosexuelles, notamment lors de douches suspectes dans un hôtel, ce que le narrateur a toujours eu du mal à croire. Mais le voilà qui reçoit une lettre de Mme Bontemps : Albertine est morte suite à une chute de cheval ! La douleur est d’autant plus grande que le narrateur n’avait jamais imaginé ne plus vivre sans son amie. Françoise lui apporte alors deux lettres qu’Albertine a écrites avant sa mort : la première approuvant qu’Andrée vienne chez lui ; la deuxième le suppliant de la reprendre elle. Le narrateur s’enferme alors dans sa chambre et passe ses journées à se souvenir des moments passés avec Albertine. Il faudrait, selon lui, détruire tous ces souvenirs afin de détruire par la même occasion toutes les images de la jeune fille, et ainsi ne plus souffrir. Et puis ses soupçons sur la possible homosexualité de la jeune fille, ravivés par une jalousie qu’il a toujours tenté de repousser, l’incitent à demander à Aimé, ancien maître d’hôtel du Grand Hôtel de Balbec, qui travaille maintenant dans un restaurant parisien, d’enquêter sur ce mystère. L’homme confirme ses soupçons concernant les réunions dans les douches. Déconcerté, le narrateur comprend toutefois les sentiments d’Albertine, les rapprochant de ceux qu’il éprouve lui-même pour les jeunes filles. Il envoie ensuite Aimé enquêter en Touraine. Là, une blanchisseuse autrefois proche d’Albertine, ainsi que plusieurs autres jeunes filles, confirment également ses doutes.

Avec le temps, l’amour du narrateur pour Albertine finit par s’estomper : « Comme il y a une géométrie dans le temps, il y a une psychologie dans le temps ». Cependant, pour oublier complètement la jeune fille, ne lui faudrait-il pas pouvoir revivre les sentiments qu’il a pour elle depuis le début en sens inverse, c’est-à-dire de l’amour à l’indifférence, comme un voyageur qui reviendrait par le même chemin du lieu où il serait parti ? Le narrateur se met alors à décrire son « retour à l’indifférence » comme étant marqué par trois étapes.

  La première a lieu lors d’une sortie « au Bois » où il rencontre un groupe de jeunes filles. Il se rend compte que toutes représentent pour lui ce qu’autrefois Albertine représentait, et qu’il peut recommencer à tomber amoureux. Plus tard, un article de sa main ayant été publié dans Le Figaro, il se rend chez son amie la duchesse de Guermantes pour lui apprendre la nouvelle. Il y rencontre son ancienne amie Gilberte, devenue Mlle de Forcheville et immensément riche. Elle tient des propos désobligeants envers son père décédé, Swann, ce qui déplaît au narrateur. Submergé par tant d’émotions, il apprend toutefois à oublier peu à peu Albertine.

Une conversation qu’il a avec Andrée, revenue le voir, représente la deuxième étape du processus. Celle-ci, qui avait tout d’abord nié toute relation avec Albertine, finit par lui avouer que son ex-compagne a prit du plaisir avec elle, ainsi qu’avec des fillettes. Elle lui apprend qu’Albertine est notamment partie de chez lui car elle était gênée de ne pas être mariée. Ces révélations ne font plus vraiment souffrir le narrateur.

La troisième étape vers l’indifférence réside dans un voyage à Venise orchestré par la mère du narrateur dans le but de lui faire oublier définitivement la jeune femme. Il y reçoit un télégramme signé d’Albertine lui apprenant qu’elle n’est pas morte et qu’elle souhaiterait l’épouser, ce qui le laisse indifférent ; il n’y répond pas. Mais lors d’une visite au musée de l’Académie, il découvre une peinture lui rappelant Albertine qui ravive quelque peu son souvenir, effacé à nouveau peu après grâce à une aventure avec une Autrichienne. Lors de son départ de Venise, il apprend que la baronne Putbus doit y arriver. Longtemps amoureux de la femme de chambre de cette dernière, il veut rester, s’opposant à la volonté de sa mère qui veut s’en aller. Mais il finit par céder et la retrouve dans le train au départ. Là, il ouvre une lettre de Gilberte qui lui apprend qu’elle va se marier avec Robert de Saint-Loup. Le télégramme qu’il avait cru d’Albertine était en fait de Gilberte qui le prévenait de son mariage, mais son écriture étant dure à déchiffrer, le narrateur l’avait mal lu.

De retour à Paris, le narrateur entretient une relation avec une jeune fille. Il part également quelque temps pour aller voir Gilberte. Il apprend que Saint-Loup la trompe avec des hommes, notamment le violoniste Morel, ce qui attriste la jeune épouse. Le narrateur est étonné des goûts de Saint-Loup mais un témoignage d’Aimé lui confirme ce que lui a dit Gilberte. Pour finir, le narrateur a un sursaut de désir et de regret en pensant aux occasions qu’il a manquées avec Gilberte.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >