Albertine disparue

par

L'homosexualité d'Albertine, fantasme ou réalité?

Comme dans de nombreuses œuvres de Proust (Sodome et Gomorrhe, Du côté de chez Swann…), l'intrigue porte en partie sur les tendances sexuelles ses personnages et notamment sur l'homosexualité. Proust était lui-même homosexuel, bien qu'il ne l'affichât pas publiquement.

 

Ici, il est question d'homosexualité féminine, et le narrateur se pose de nombreuses questions, dont une à laquelle il n'aura jamais la réponse : Albertine était-elle attirée par les femmes? L'avait-elle quitté pour aller trouver ailleurs des plaisirs qu’il ne pouvait pas lui procurer?

 

Le narrateur se sent terriblement jaloux. Il ne sait pas si tout cela est vrai, mais il est prêt à tout pour découvrir la vérité. Il rendra donc visite à des prostituées et essaiera de comprendre, de découvrir cet univers dont il ignore tout : « Dans une maison de passe, j’avais fait venir deux petites blanchisseuses d’un quartier où allait souvent Albertine. Sous les caresses de l’une, l’autre commença tout d’un coup à faire entendre ce dont je ne pus distinguer d’abord ce que c’était, car on ne comprend jamais exactement la sensation d’un bruit original, expressif d’une sensation que nous n’éprouvons pas ».

 

Il est donc terriblement jaloux, et même si la jalousie est un sentiment universel, ressenti de la même manière par un homme, une femme, un hétérosexuel ou un homosexuel, l'auteur semble souligner la différence, la particularité de la jalousie, quand elle est en rapport avec un partenaire homosexuel: « Et quelle difficulté plus grande quand il s’agit d’une souffrance comme celle-ci, celle de sentir celle qu’on aimait éprouvant du plaisir avec des êtres différents de nous, lui donnant des sensations que nous ne sommes pas capables de lui donner, ou du moins, par leur configuration, leur image, leurs façons, lui représentant tout autre chose que nous ! Ah ! Qu’Albertine n’avait-elle aimé Saint-Loup ! Comme il me semble que j’eusse mois souffert ! »

 

Cette image de la femme homosexuelle constitue la « sublimation proustienne » de la figure féminine. Par ce biais, et par procuration, on retrouve le narrateur en train d'explorer sa propre part d'homosexualité passive à travers celle d’Albertine ; une quête de nouvelles sensations mais aussi un moyen de dénoncer les règles établies, l'hypocrisie de la bourgeoisie et les rapports de la société au sexe.

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