Arria Marcella

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Résumé

Fabio, Max et Octavien, trois jeunes hommescultivés et insouciants, de ceux que l’on commence à nommer des touristes en ceXIXe siècle, parcourent gaiement l’Italie. Pour l’heure, c’est le Suddu pays qu’ils visitent, la région de Naples plus précisément. Le lecteur lesdécouvre arpentant les couloirs du musée des Studj, où sont conservés maintsvestiges de Pompéi et d’Herculanum, deux villes victimes de l’éruption duVésuve en 79 de notre ère. Les jeunes gens vont de vitrine en vitrine sans trops’attarder, à l’exception d’Octavien qui tombe en arrêt devant un morceau decendre noire qui révèle en creux l’empreinte d’un sein de femme au galbeparfait. Il tombe en contemplation devant ce fragment de beauté, qui a été trouvédans la villa d’Arrius Diomèdes à Pompéi. Ses deux compagnons le tirent de sarêverie et tous trois prennent le train à destination de Pompéi dont ilscomptent visiter les ruines.

Une fois arrivés à la ville morte, ils louentles services d’un guide qui leur fait parcourir les rues de la ville antiquefigée, dans son dernier instant, par la cendre du volcan. Le guide récite undiscours froid et vide, mais les jeunes gens regardent avidement lestémoignages de vies brusquement éteintes : chantiers en cours sur leforum, profondes ornières creusées par le passage des roues de chariots dans lepavé des rues, tavernes où seuls manquent les cris des clients, et mêmegraffiti annonçant quelque combat de gladiateurs. Octavien, le plus sensibledes trois, est particulièrement frappé par l’atmosphère si particulière dulieu. Ses pas le mènent sur la scène du théâtre, puis on arrive àl’amphithéâtre. Enfin, les trois amis se rendent en un lieu singulier : lavoie des Tombeaux. Rien de lugubre en cet endroit : les murs des monumentsen ruine sont dorés par le soleil, cyprès et peupliers poussent çà et là,témoignages de la persistance de la vie. Une fois ce lieu funèbre exploré, leguide emmène nos trois touristes vers l’une des plus considérables villas dePompéi, celle d’Arrius Diomèdes.

Octavien est ému de fouler de ses modernesbottines les dalles usées par les sandales d’hommes morts dix-sept siècles plustôt. Chaque pièce est explorée, et ce sont autant d’occasions pour le jeunehomme d’évoquer les corps disparus et les âmes envolées de celles et ceux quiautrefois vivaient en ces lieux. Le groupe finit par arriver dans une sorte decellier où l’on serrait autrefois les amphores de vin. C’est là, apprennent-ils,que furent trouvés dix-sept squelettes, parmi lesquels celui de la femme dontle sein s’est trouvé fortuitement moulé par la cendre. Vivement ému à cetteévocation, Octavien sent les larmes lui monter aux yeux. Il faut que Max etFabio l’arrachent à son doux rêve et le trio prend le chemin d’une osteria,petite auberge où ils comptent dîner. Une fois installés à table, les jeunesgens font honneur – plus que de raison, sans doute – à la cave de l’aubergisteen buvant maints flacons de vin de Falerne. Puis c’est l’heure des cigaresvoluptueusement fumés. Un jeune garçon vient leur jouer un air de flûte et uneconversation s’engage – son sujet : les femmes et la façon de lesconquérir. Pour Fabio, qu’importe la richesse, pourvu qu’elles soient jeunes.Max, pour sa part, se régale d’intrigues compliquées qui donnent du piquant àl’aventure. Quant à Octavien, c’est davantage l’idée de l’amour qu’il aime,plutôt que la femme. Il tombera plus facilement amoureux d’une gravure que d’unêtre de chair et d’os. De flacons en cigares, c’est la tête lourde que Max etFabio montent se coucher tandis qu’Octavien choisit de faire quelques pas dansla douceur de la nuit.

Ses pas, qui le ramènent vers les ruines dePompéi, font résonner les rues vides. Vides ? Bientôt il aperçoit desformes çà et là, des rayons roses et violets dissipent la pénombre, puis ilcroise un homme vêtu d’une tunique brune qui marche d’un pas rapide. Le jeunehomme du XIXe siècle a fait un bond dans le temps et se trouve aucœur de l’antique Pompéi revenue à la vie. Un jeune homme l’interpelle : RufusHolconius – tel est son nom – accueille ce jeune barbare étrangement vêtu. Ilsconversent en langue latine, Octavien l’ayant autrefois étudiée. Courtoisement,Rufus Holconius invite Octavien à assister à une représentation au théâtre.Après le spectacle des rues vivantes, c’est la ville même qui est rassembléesous les yeux ébahis du jeune touriste. Il parcourt la foule du regard, et sesyeux s’arrêtent sur une beauté brune et pâle, aux cheveux noirs et à la minehautaine. À son tour, le regard de la belle Pompéienne se pose sur Octavien etne le lâche plus. Quand la foule quitte le théâtre, une petite servante vienttrouver Octavien : sa maîtresse, Arria Marcella, fille d’Arrius Diomèdes,l’attend en son logis. Octavien comprend alors que la jeune femme n’est autreque la malheureuse dont la touchante relique est exposée aux regards au muséedes Studj.

Octavien suit la servante jusqu’à la villaqu’il a visitée ruinée, il y a à peine quelques heures, et qu’il contemplemaintenant dans toute sa splendeur et sa richesse. Des esclaves baignentOctavien, le parfument, le vêtent et l’introduisent dans une salle ornée oùArria Marcella l’attend, et où se trouve aussi un banquet aux mets nombreux etraffinés qu’Octavien touche à peine. La jeune femme, qui se contente de tremperses lèvres dans une coupe, lui explique que l’intensité de son émotion l’atirée de son sommeil : ce n’est que lorsqu’on n’est plus aimée qu’on estvéritablement morte. Elle offre ses bras glacés à Octavien ; les jeunesgens vont s’unir quand la porte de la pièce s’ouvre sur un vieil homme austère,Arrius Diomèdes, le père d’Arria. Il porte au cou une petite croix : c’estun chrétien. Il reproche vivement à sa fille de n’avoir pas changé : elleest déjà morte en état de péché, ne va-t-elle pas enfin se repentir et abandonnercette vie de luxure ? Jamais ! s’exclame la jeune femme. Jamais ellene suivra les préceptes moraux d’une religion qui ne fut pas la sienne. Ellehonorera les dieux du panthéon romain et vivra à sa guise sa vie de plaisirs.Dans ce cas, tonne le vieillard, que son nouvel amant voie quelle est la vraieapparence de sa fille après dix-sept siècles d’oubli. Alors, les draperies quivêtent Arria s’effondrent sur elles-mêmes et le corps de la jeune femmedisparaît, laissant place à des os, un peu de cendre grise et quelques bijoux.À cette horrible vision, Octavien perd connaissance.

Quand l’heure du réveil sonne pour Max etFabio, ils s’étonnent de ne pas trouver leur ami à l’auberge. Ils le cherchentjusqu’à le retrouver évanoui sur une mosaïque parmi les ruines antiques. Letrio quitte Pompéi puis l’Italie. Le temps passe, Octavien s’est marié. Sagentille épouse n’a rien à lui reprocher mais elle sent bien que son mari est absent,que son esprit est au loin. Comment pourrait-elle imaginer qu’Octavien aime unejeune femme brune morte sous le règne de l’empereur Tibère ?

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