Brooklyn Follies

par

Résumé

Nathan Glass, divorcé, à la retraite, en rémission d’un cancer du poumon, quitte la banlieue qu’il a habitée pendant trente ans pour Brooklyn, le lieu qui a abrité les premiers mois de sa vie. Sa fille le somme de se trouver un projet alors qu’il n’aspire qu’à attendre la mort et malgré le rejet de cette proposition et une dispute virulente, il décide de consigner dans un livre qu’il nomme « le livre de la folie humaine » toutes les histoires embarrassantes, tragiques ou comiques qu’il a pu vivre, ou celles que d’autres ont vécues. Tout à cette occupation, il s’occupe aussi à lire et c’est ainsi qu’il croise son neveu Tom Wood, ex-universitaire brillant, au Grenier de Brightman.

Tom, qui a gagné quelque vingt kilos, raconte à son oncle comment il en est arrivé à travailler dans cette librairie. Alors qu’il était près d’obtenir son doctorat, il a bloqué sur sa thèse et découragé, il a abandonné son entreprise pour partir à New York. Son projet était originellement de trouver un poste d’enseignant et en attendant, de faire le chauffeur de taxi pour payer son loyer. Le provisoire devint permanent et il s’est enlisé dans cette vie, prenant du poids et perdant sa vivacité intellectuelle. Il a alors rencontré le patron de la librairie, Harry Brightman, et c’est lui – ainsi qu’un pistolet sur la tempe une nuit dans les faubourgs – qui arrive à le convaincre d’abandonner le volant de son taxi pour le tiroir-caisse du Grenier de Brightman.

Intéressé par le personnage singulier que semble être cet Harry Brightman, Nathan reçoit volontiers le récit de sa vie, que Tom n’a réussi à lui arracher que quelques jours plus tôt. Harry, de son vrai nom Dunkel, né à Chicago, a occupé les postes de vendeur de parfums et de décorateur de vitrines. Bien qu’homosexuel assumé, il a épousé une certaine Bette et après quelques années de mariage, est née leur fille Flora, qui se révélera schizophrène. Il se met alors à tenir une galerie d’art qu’il arrive à faire tourner grâce à Alec Smith, un artiste prodige. Lorsque celui-ci meurt, il se retrouve embarqué par son amant de l’époque, Gordon Dryer, dans une grande mascarade de vente de faux Smith. Lorsqu’ils se font prendre, Harry plaide coupable, dénonce Gordon, et après avoir purgé sa peine, il part pour Brooklyn, où son beau-père lui paie un immeuble en échange de l’absence de contact avec Bette et Flora. C’est ainsi qu’il a créé Le Grenier de Brightman et changé par la même occasion son nom.

Fasciné par cet homme singulier, Nathan est heureux que Tom le lui présente l’après-midi. Il est tel que Tom l’a décrit, une vieille folle attachante, grandiloquente, avec des airs de bandit du haut de ses soixante-dix ans. Nathan ressort de ces retrouvailles et de cette rencontre plus heureux qu’il ne l’a été depuis bien longtemps, et il décide d’envoyer une longue lettre d’excuses à sa fille Rachel. Il continue en parallèle son entreprise du livre de la folie humaine.

Il déjeune à nouveau avec Tom le lendemain, et celui-ci lui conte ce qu’il sait de l’histoire de sa sœur, Aurora, mère d’une petite fille, actrice porno violée, puis chanteuse dans un groupe de blues. La dernière fois que Tom a eu de ses nouvelles, elle allait se marier à un fervent chrétien et depuis trois ans, aucune nouvelle d’Aurora n’était parvenue jusqu’à lui. Durant ce dîner, Nathan confie à Tom sa passion pour Marina, la jeune serveuse du restaurant où il prend son déjeuner presque chaque jour depuis qu’il s’est installé à Brooklyn. Cette révélation amène Tom à lui parler de la JMS (Jeune Mère Sublime), une jeune femme qu’il voit tous les matins avec ses enfants avant le passage du bus scolaire.

Le lendemain matin, Tom et Nathan vont observer cette JMS tous les deux et Nathan prend l’initiative d’aller engager la conversation avec elle. Il se révèle qu’elle a toujours vécu dans cette maison où elle habite avec sa mère, son mari et ses enfants, et qu’elle est bijoutière indépendante. Après cette brève présentation, Tom s’en va tandis que Nathan suit la JMS, Nancy, pour acheter un bijou pour Rachel, espérant prouver la bonne foi de sa lettre d’excuses. Il déjeune ensuite à son restaurant habituel et pris de folie, offre le collier à Marina, malgré ses réticences vis-à-vis de son mari.

Le jour suivant, Harry, Tom et Nathan dînent ensemble. Ils évoquent alors l’idée utopique d’un refuge où l’on pourrait vivre paisiblement avec les gens que l’on aime, loin de cette « société pourrie » : « l’hôtel Existence ». Harry s’emballe et laisse échapper qu’il aurait peut-être bientôt les moyens d’acheter un lieu où l’on pourrait fonder ce refuge. Alors que Tom est parti fumer une cigarette, Nathan, intrigué, le questionne, et Harry promet de lui exposer son « énorme coup » la semaine suivante lors d’un dîner.

Entre ce dîner utopique et le dîner où Harry lui explique avec enthousiasme ce « coup », Nathan, n’ayant toujours pas eu de nouvelles de sa fille après sa lettre et le collier de remplacement qu’il lui a envoyé, appelle son ex-femme. Le coup de téléphone se passe très mal et Nathan apprend qu’elle sera à Londres jusqu’à la mi-juin. Énervé par cette discutions, Nathan se rend à son restaurant favori, mais au lieu de tomber sur la jolie Marina Gonzalez, il se retrouve nez à nez avec son mari. Après une pluie d’insultes et l’intervention du gérant, le résultat est désarmant pour Nathan : Marina se voit licenciée par sa faute. C’est plein de remords qu’il arrive alors à son dîner avec Harry. Celui-ci lui explique que son ancien amant est revenu vers lui plein de remords et lui a proposé de se lancer dans l’entreprise folle de faire un faux manuscrit pour le vendre quelques millions de dollars à un collectionneur. Nathan le met en garde : il se peut que tout ceci soit un coup monté destiné à se venger de son aveu à la cour quelques années plus tôt, quand il avait dénoncé son complice et ami. Néanmoins, Harry croit en l’entreprise et réplique que si Gordon fait vraiment cela pour se venger, cela le tuerait.

Quelques jours après ce dîner, Tom est réveillé le samedi matin par des coups portés contre sa porte. Il trouve sur son paillasson sa nièce, la fille d’Aurora : Lucy. La gamine refuse de parler et Tom la conduit chez Nathan, se sentant incapable de supporter cette charge. Nathan accepte de l’héberger quelques jours, mais propose de l’envoyer chez Pamela, la belle-sœur aisée de Tom. Laissant à Tom le soin de convaincre celle-ci, Nathan et Lucy sortent acheter des vêtements décents pour la jeune fille. À la fin de la journée, Pamela a accepté de prendre Lucy, qui n’est pas enchantée de cette nouvelle. Le lendemain, avant de partir pour le Vermont, chez Pamela, Lucy laisse échapper quelques mots puis se punit avant de refuser de dire à nouveau un mot.

Tom, Nathan et Lucy partent dans la vieille voiture de Nathan pour le Vermont et tandis que Tom disserte sur les pans oubliés de la littérature, la monotonie des grands axes commencent à les ennuyer. Ils décident donc de passer par les petites routes et après être sortis de l’autoroute, ils s’arrêtent dans le petit restaurant d’un village de campagne. Durant le repas, Lucy en profite pour s’éclipser et remplit le réservoir d’essence de coca, de sorte qu’au moment du départ, la voiture refuse de démarrer et l’on se trouve obligé de la traîner au garage du coin. Les garagistes, après examen, leur annoncent qu’ils ont besoin de quelques jours pour régler le problème. Ils leur conseillent de frapper à la porte d’un vieux veuf qui vient tout juste de rouvrir l’auberge qu’il tenait avec sa femme. Stanley Chowder les accueille chaleureusement. Après avoir appelé Pamela et devant la réaction de cette femme irritable et acariâtre, Tom et Nathan décident que Lucy restera avec eux. Ils passent des jours tranquilles à l’auberge Chowder. Nathan y voit la possibilité de rendre réalité leur « hôtel Existence » et appelle Harry qui se montre enthousiaste. Tom rencontre Honey, la fille de Stanley, qui vient leur faire la cuisine et se rapproche d’elle devant son intérêt certain pour lui. Quant à Lucy, elle a recommencé à parler. Le dernier jour de leur séjour, Tom vient de passer une nuit endiablée avec Honey et Lucy avoue enfin à Nathan que c’était elle qui avait mis du coca dans le réservoir. Mais quelques heures avant leur départ, ils reçoivent un appel qui les anéantit et les poussent à partir sur le champ : Harry est mort.

À leur retour, Rufus, le deuxième employé de la librairie, leur apprend ce qui s’est passé : Harry a reçu la visite de Gordon et du « collectionneur privé » qui devait acheter leur faux manuscrit. Ce collectionneur est en réalité le nouvel amant de Gordon et tous deux l’ont menacé, tout en l’insultant vertement, de le dénoncer à la police s’il ne leur donnait pas toute sa collection de livres précieux. Harry, après leur avoir couru après le poing levé, est mort au coin de la rue, anéanti par l’attitude de Gordon.

Le testament d’Harry lègue l’immeuble, l’affaire et les livres à Rufus et Tom. Rufus, anéanti par la mort de Harry, retourne dans sa Jamaïque natale après la cérémonie en mémoire d’Harry qui a lieu dans un petit coin de parc. Tom reprend l’affaire d’Harry aidé par Nathan. Pendant ce temps, Lucy vit toujours chez Nathan et suit un stage d’art durant les vacances. Honey arrive un jour chez Tom, lui exposant son envie de passer sa vie avec lui ; elle s’installe avec lui dans l’appartement d’Harry au-dessus de la librairie. Ils décident de vendre l’affaire, d’acheter un appartement et de prendre des postes d’enseignants.

Alors que Nancy se sépare de son mari, Nathan se rapproche de la mère de celle-ci, Joyce. Tom, Honey et Lucy vivent de leur côté ensemble paisiblement. Nathan se réconcilie avec sa fille Rachel qui tombe enceinte peu de temps après.

Un jour, à la fin de l’été, Tom reçoit un appel à l’aide de sa sœur Aurora d’une cabine téléphonique. Elle ne donne que le nom de sa rue et Tom, découragé par ses multiples disparitions, refuse de se donner la peine de la chercher. Mais Nathan, lui, décide de demander à une de ses relations d’enquêter, et un mois après, il se rend dans la petite ville de Caroline du Nord où vivent Aurora et son mari.

L’époux d’Aurora se révèle être un fanatique d’une secte proche de l’Église catholique. Nathan emmène Aurora loin de lui et elle raconte comment Lucy est arrivée à Brooklyn sans explications et pourquoi elle n’a pas pu donner de ses nouvelles : son mari, David Minor, bien qu’amoureux d’elle, l’avait obligée à se rendre à l’église du révérend Bob, qui prônait l’amour de Dieu par l’absence de parole. Ainsi, un jour par semaine, elle devait rester muette. Sans y être invitée, Lucy avait imité sa mère. Aurora était alors allée voir le révérend Bob pour se faire dispenser de ce jour de silence, pour que sa fille cesse de suivre son exemple. Le révérend s’était alors révélé être un pervers de la pire espèce, la forçant à lui faire une fellation. Malgré les preuves irréfutables, David n’avait pas réagi. Aurora promet alors de ne pas dénoncer le révérend Bob si son mari la laisse éloigner Lucy d’eux. Mais une fois Lucy mise dans un bus pour Brooklyn, David a enfermé Aurora pour la punir, convaincu qu’elle avait tenté de séduire le révérend. Six mois ont passé avant qu’elle ne soit arrivée à s’échapper assez longtemps pour laisser un message sur le répondeur de Tom d’une cabine téléphonique. Elle commençait à envisager le suicide lorsque Nathan est arrivé pour la délivrer.

Ils rentrent tous deux à New York, Aurora est hébergée par Nancy et Joyce, et Lucy vient vivre avec elle. Nathan continue à avoir une liaison avec Joyce, tandis que Rachel, sa fille, après une fausse couche, tombe à nouveau enceinte, en même temps que Honey. Nancy et Aurora commencent à avoir une liaison, ce qui choque beaucoup Joyce.

Un soir, après un dîner avec Joyce, Nathan s’effondre, apparemment victime d’une crise cardiaque, et se fait transporter aux urgences. Durant ce séjour à l’hôpital, il a l’idée d’écrire les biographies de gens ordinaires pour que leurs proches aient quelque chose à chérir après leur mort. Il se révèle que cette crise était moins grave qu’elle ne semblait l’être de prime abord, et après deux jours en observation, il sort, heureux de vivre et impatient de lancer ce projet de biographie d’anonymes. Ironie du sort, le jour de sa sortie est le même jour que les attentats du 11 septembre.

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