Brooklyn Follies

par

L’évocation fugace de l’horreur

Votre vie comme la notre est peut-être tout à fait banale, tant et si bien que rien de très important n’est assez impressionnant pour que l’on puisse en parler. Nos courses quotidiennes, nos déceptions de tout genre ou frustrations passagères font désormais partie de nos habitudes. C’est cet aspect simpliste de la vie que Paul Auster décrit d’une part dans « Brooklyn Follies » comme nous l’avons précédemment dit. Toutefois, l’horreur fait également partie de notre quotidien sans que nous n’y prêtions forcément attention. Elle est présente chaque fois que dans les médias, sont évoquées les situations de guerre et autres attentats. Si sur le coup de la nouvelle nous sommes en proie à l’émotion, nous ne tardons pas à vite oublier ces évènements. Pourquoi ? Sans doute parce-que nous les vivons de loin, ne nous sentant absolument pas concerné. Cet état de chose est aussi grave que triste, car il faudrait pousser la réflexion au point de se demander ce que peuvent ressentir les personnes pour qui la guerre et les attentats sont un lot quotidien. Ce faisant, nous-nous rendrions peut-être compte à quel point l’horreur peut être proche. Au terme de son livre, Paul Auster évoque brièvement les attentats du 11 septembre histoire d’intégrer une part d’horreur dans le quotidien sans doute trop paisible de ses personnages : « « Il était huit heures quand je mis le pied dans la rue, huit heures du matin, le 11 septembre 2001 – exactement quarante-six minutes avant que le premier avion ne s’écrase contre la tour nord du World Trade Center. Deux heures plus tard, la fumée de trois mille corps carbonisés dériverait au-dessus de Brooklyn et viendrait pleuvoir sur nous en un nuage blanc de cendres et de mort ». Le...

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Dissertation à propos de Brooklyn Follies