Cahiers d’un retour au pays natal

par

« Nous »

La première personne du pluriel désigne dans le texte les destinataires du message, en premier lieu du peuple martiniquais, ces Noirs descendants d’esclaves qui portent sur leurs épaules le poids de l’oppression qui les a conduits à la soumission et au déni de leur identité culturelle : « Nous vomissure de négrier / Nous vénerie des Calebars / quoi ? Se boucher les oreilles ? / Nous, soûlés à crever de roulis, de risées, de brume humée ! ». Tout désir de révolte avait disparu durant ces derniers siècles, de même que l’estime que ces hommes pouvaient avoir d’eux-mêmes. Le cahier de Césaire s’affirme comme une voie par laquelle l’auteur veut les sortir de leur léthargie, en suscitant chez eux une prise de conscience qui les conduira à l’acceptation de leur identité, et restaurera l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.

Faisant partie de ce peuple, l’auteur, « je », s’inclut aussi dans ce « nous », pour signaler aux destinataires du message leur identité commune. Et enfin le « nous » inclut aussi dans une certaine mesure les lecteurs que nous sommes tous. D’une manière beaucoup plus large, le message du poète est toujours d’actualité et trouverait encore son utilité, atteignant à l’universel, partout où pourraient exister des inégalités raciales.

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Dissertation à propos de Cahiers d’un retour au pays natal