Cahiers d’un retour au pays natal

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Présentation du « je » lyrique

Ily a deux types de « je » dans l’œuvre, tout d’abord celui qui faitcorps avec le peuple martyr d’où l’auteur provient. Le poète transcende sapersonne à travers la mission émancipatrice qu’il embrasse, souhaitant uneprise de conscience de son peuple relativement au passé d’objet colonisé deshommes antillais et à ses reliquats. Il souhaite délivrer sa nation uniquementgrâce à ses paroles : « ma bouchesera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté decelles qui s’affaissent au cachot du désespoir ». Le narrateurs’affirme et se met explicitement à la place de toutes les personnes exploitées: « je serais un homme-juif / unhomme-cafre / un homme-hindou-de-Calcutta / un homme-de-harlem-qui-ne-vote-pas/ l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture / […] un homme-juif / unhomme-pogrom ». Outre cette dimension d’assimilation protéiforme, sefait jour aussi le « je » poétique qui s’accommode avec le mondecolonial. Césaire met alors en évidence ses racines et son appartenance auxlieux symboliques où se sont produits les chocs coloniaux : « Terres rouges, terres sanguines,terres consanguines », et il expose l’histoire tragique pendantlaquelle l’ordre occidental a voulu imposer sa loi à l’hémisphère noir.

Enchoisissant ce « je » très présent, l’auteur s’identifie entièrement àla voix poétique, confirme sa responsabilité, et devient dans le texte celuiqui éveille les consciences populaires. Son engagement total ressort clairement :« Je ne me dérobe point » dit-il. L’auteurfusionne donc avec son œuvre, affirme ses convictions, identiques à celles du« je » de l’ouvrage, et se lance avec son livre dans le combat de lanégritude.

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