Chaque homme dans sa nuit

par

Mysticisme greenien

A) Entre la foi et le péché

L’auteur, étant lui-même catholique, nous fait ressentir cette imposante et constante force divine à travers son roman mais également dans toute son œuvre littéraire. Dans « Chaque Homme dans sa Nuit », il fait de son personnage principal un croyant imprégné par la foi catholique auquel il s’identifie. « Nous ne pouvons nous passer de la foi. Sans elle, rien n’a de sens ». Et c’est à travers ce même personnage qu’il décide de partager son problème d’attirance charnelle et son obsession pour la gente féminine avec ses lecteurs, eux-mêmes probablement concernés par le malaise d’une société moderne née entre la confrontation du bien et du mal. Julien Green nous montre bien à quel point il est difficile de résister au péché, de nos jours, surtout celui de la chair.

« Et par un geste rapide de ses deux grandes mains, il déchira la photographie. Ce geste n’était pas difficile à faire et pourtant il lui avait paru impossible, mais Wilfred l’avait fait et il regarda les petits fragments de carton avec une stupéfaction douloureuse. Un instant s'écoula, puis il eut l’impression qu’autour de son cœur un étau se desserrait ».

Le combat intérieur entre la foi et le péché est constamment ressenti. Ceci est certainement dû à l’austérité divine qui fait de Wilfred une victime emprisonnée qui retient ses sentiments pour l’amour et la satisfaction de Dieu.

Pour Julien Green, la femme ne peut être évitée et sa beauté ne peut être ignorée. Elle fait partie de la société et se doit de se manifester. Wilfred est entouré de séduisantes femmes réelles comme Phoebe et Alicia Beauchamp. Elles sont présentes dans ses dires et ses pensées, voire même ses rêves. Se sentant envahi par cette présence féminine, sa sensualité et son irrésistible attirance pour la chair sont constamment en éveil, malgré lui. Même si la foi en lui essaie de le détourner de cette hantise et obsession, Wilfred continue à en souffrir terriblement. Sa délivrance fut la mort, la seule issue possible.

B) Le salut : ultime solution

« Chaque Homme dans sa Nuit » commence avec la situation gênante du protagoniste dont l’état psychologique est troublé par les cauchemars de celui-ci. Le roman ensuite évolue vers de nombreux allers et retours entre le bien et le mal, entre la foi et le péché qui prouve qu’un effort est fait pour contrer le mal. Le lecteur est bien conscient que cet effort va lui être bénéfique et qu’il sera récompensé par une fin heureuse comme tout le monde rêverait d’en avoir. La mort décrite à la fin du roman nous montre que le salut a été atteint et que la foi a finalement vaincu le péché. « Je n’ai pas encore vu sur le visage ‘'un être humain une expression de bonheur comparable à celle qui éclairait les traits de Wilfred ». Le salut l’a délivré de toutes ces souffrances et ces injustices du bas-monde.

« On aurait dit qu’il souriait de ma surprise et qu’il connaissait des choses secrètes qu’il gardait pour lui ».

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