Clarté

par

Une réflexion sociale

A travers le héros, l’auteur apporte sa vision de la guerre et de la société. Ce roman a une portée sociale. Barbusse s’y interroge sur les éléments déclencheurs de guerre. Il démontre rapidement que les peuples, bien que présentés parfois comme d’éternels rivaux ou ennemis, ne peuvent pas réellement se détester de manière naturelle, cela n’est pas de l’essence de l’homme. Si les guerres ont lieu, et que ces hommes se massacrent dans une telle haine, c’est que la société, les hommes politiques, les décideurs militaires ont décidé de leur inculquer ces valeurs. En effet, les soldats des deux côtés du front ne se connaissent pas et vivant dans des pays frontaliers ils auraient tout intérêt à échanger et se rencontrer plutôt que de se combattre. Barbusse écrit ainsi : « La guerre (…) recommencera tant qu’elle pourra être décidée par d’autres que ceux qui la font ; par d’autres que les sombres foules qui animent les baïonnettes après les avoir forgées. » Les décisions sont ainsi prises par les hommes politiques, les banques, les fabricants d’armes et les grandes firmes industrielles, créant et invoquant de fausses raisons qui ne sont que des prétextes pour faire la guerre. Les réflexions de l’auteur sont profondément humaines et pacifistes, bien que peu optimistes quant à la paix, car la guerre guette tant que le monde sera régi par l’argent et le profit.

 

Manifeste pour la paix et pour un monde plus juste, ouvrage à portée politique, l’œuvre de Barbusse prône la création d’un monde nouveau. L’auteur fustige la raison d’état, le patriotisme et les mensonges répétés, et la communication des dirigeants encourageant les peuples à aller se faire massacrer comme des troupeaux d’animaux que l’on mène à l’abattoir, sans leur laisser le choix.

 

La réflexion du personnage prendra la forme d’une rêverie lorsque gisant sur un champ de bataille il attend désespérément qu’on lui vienne en aide. Alors qu’il est entouré de cadavres et qu’il est blessé, Simon se met à rêver, mêlant son passé à son présent et imaginant qu’il va bientôt retrouver sa femme Marie et son foyer. Il en oublie qu’il souffre et qu’il va bientôt mourir. Il ne veut pas s’endormir car il sait qu’il ne se réveillera pas, alors il reste dans une sorte de songe, en somnolant, et se détache de la réalité qui l’entoure : « Je suis comme ceux qui s'endorment, comme les enfants. Je m'affaiblis, je m'adoucis, je ferme les yeux ; je rêve à la maison. Je ne voudrais pas mourir, je me supplie de ne pas mourir, et j'ouvre les yeux et je cherche les brancardiers qui peut-être, justement pensent à moi ».  Simon en oublie même ses souffrances, dressant un parallèle entre sa blessure grave et celle du manque que ressent son cœur : « J'ignore la blessure de ma chair, et est-ce que je sais la blessure de mon cœur ? » Il sera finalement secouru, et vivra désormais différemment.

 

Le titre du livre prend ici son sens : la clarté,  c’est le fait de se rendre compte qu’il n’y a pas de haine ni d’ennemi naturel, que l’Allemagne et la France n’ont pas comme destin fatal de s’entretuer constamment, que tout cela leur a été inculqué, et que ce ne sont que des préjugés sans valeur. Se défaire de ces idées préconçues devrait mener les peuples à la clarté, à des idées neuves, à un monde nouveau, en tenant compte des erreurs passées, et en essayant d’être de meilleurs humains.

 

Simon découvrira cette clarté en ouvrant les yeux sur la vérité et la liberté, refusant désormais de suivre les troupeaux serviles, et refusant de se soumettre aux pouvoirs, aux institutions que sont la politique, la religion, l’argent et l’armée.

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