Corps et âme

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« Corps et Âme » : au cœur de la musique

Le lecteur est comme envoûté et transporté par la musique à chaque page du récit. « Corps et Âme » renferme une force musicale que l’on peut déceler non seulement dans le contenu mais aussi la forme. L’élément déclencheur du récit est un vieil instrument désaccordé trouvé par hasard sous un tas de papier, comme oublié dans une cave. C’est grâce à ce vieux piano, en apparence sans importance, que le héros de l’histoire va pouvoir grimper les différentes sphères sociales pour accéder au monde merveilleux de la musique. Frank Conroy montre que la musique est non seulement une chance qu’il faut saisir sur le coup si celle-ci vous parvient mais aussi le moyen de sortir de la misère vers l’opulence, des ténèbres vers la lumière. En découvrant l’instrument musical, Claude ne sait pas encore que l’objet en question, aussi dérisoire qu’il puisse paraître, va être la clé de la délivrance. « Nul ne savait que la musique avait sauvé Claude Rawlings. Que grâce à elle, il l'avait échappé belle ».

Après l’instrument, c’est la musique elle-même que l’enfant découvre grâce aux sons qu’il entend à chaque fois qu’il appuie sur les touches du clavier ; des sons qui ne le laissent pas indifférents. Bien au contraire, ils résonnent en lui. Rappelons que Claude est né d’un père pianiste et d’une mère danseuse. Ces derniers auraient donc transmis ce don à leur fils.  

            L’étape suivante consiste à nous faire partager le voyage que va entreprendre Claude en faisant la rencontre de nombreux professionnels de la musique qui l’aideront significativement, tels que Aaron Weilsfeld qui lui inculquera les toutes premières techniques de la musique, ou encore le maestro qui lui offrira un nouveau piano. C’est à travers ces rencontres richement artistiques que Claude va apprendre à exploiter son don. Il s’aperçoit que le travail est de rigueur, qu’il va devoir travailler dur et s’armer de patience : « Jouant pour Menti, il apprit à masquer ses émotions, à ne pas bouger, à se concentrer sur une exécution propre ». Avoir un don artistique ne suffit donc pas, il faut aussi travailler très dur pour accéder à la gloire : « La passion était une force qu'il fallait nourrir ardemment, avec gratitude, nourrir … »

 

 

            Frank Conroy utilise des termes techniques bien précis afin de transmettre la force musicale du roman au lecteur, le but étant de l’émouvoir : « La musique était là, depuis toujours, elle serait toujours là ! Elle était tellement plus vaste que la vie, tellement plus forte, tellement irrésistible, elle révélait si puissamment l’existence d’une sorte de paradis sur terre, qu’elle balaya tout, devant elle ».  Le champ lexical de la musique est omniprésent tout au long du roman et révèle la complexité de la construction de l’œuvre musicale ainsi que le génie du personnage principal.

 Le lecteur remarquera que la musique classique va céder la place au Jazz à mesure que l’on avance dans le roman.  De ce fait, l’œuvre reflète l’histoire du Jazz « censé être de la musique sauvage » et sa difficile expansion, ainsi que l’essor des musiciens noirs du milieu du XXème siècle qui ont dû faire face à la discrimination raciale des blancs américains. 

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