De la démocratie en Amérique

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TOME 1

Après une introduction où, comme il se doit, il expose sa démarche, Tocqueville entame un portrait géographique de l'Amérique du Nord. Le pays, affirme-t-il, se découpe en deux grandes moitiés, une moitié qui monte vers le nord, une autre qui descend vers le sud. Il décrit plus précisément certains paysages, tels que la vallée du Mississipi, la côte Est, les forêts et prairies. Il ouvre également l'horizon en s'attardant un peu sur l'Amérique du Sud et en décrivant les coutumes indigènes alors que son sujet semble manifestement être les colonies anglaises.

         Cette description purement spatiale terminée, Tocqueville décide de faire un saut dans le passé, car il pense que pour bien comprendre une civilisation, il faut en connaître l'origine. Ainsi s'intéresse-t-il aux caractéristiques des différents colons qui sont venus habiter le territoire et étudie leurs premières législations, et le lien tout particulier qui existe entre la religion et leurs lois.

         Poursuivant ce bref historique de l'Amérique du Nord, Tocqueville traite ensuite la Révolution, en identifie les causes (notamment l'apparition de lois aristocratiques qui remettaient en cause l'égalité originelle) et ses effets (en particulier l'égalité retrouvée).

         Parmi ses effets, donc, on trouve principalement la création de la démocratie. Le peuple dès lors devient officiellement souverain. Mais, d'après Tocqueville, cette souveraineté n'est pas inédite, et faisait déjà partie des principes tacites de l'Amérique du Nord avant la Révolution.

         Tocqueville se plonge ensuite dans le vaste organigramme du système politique américain, en parlant d'abord de la gestion des états individuels, pour remonter ensuite au fonctionnement de l'Union. Il souligne les avantages qu'offre ce genre d'état fédéré, la décentralisation du pouvoir lui semblant en grande partie bénéfique au bon déroulement de la société.

         Tocqueville, qui vient d'exposer comment fonctionnaient l'exécutif et le législatif américains, décrit ce qui lui semble le plus iconoclaste : le système judiciaire. Il est étonné que le pouvoir judiciaire ait une réelle puissance et, par exemple, que les juges aient le droit de créer des lois avec une certaine marge de manœuvre ; il admire aussi les mesures mises en place pour réguler les abus potentiels. 

         Il s'attarde sur le « jugement politique » – il s'agit de jugements générés par le peuple contre des fonctionnaires de l'État. Il constate que cet outil démocratique est beaucoup plus utilisé en Amérique du Nord qu'ailleurs et il trouve sain qu'un levier aussi puissant soit entre les mains de la majorité. Il nous dit déjà en creux que la démocratie américaine est en très bonne santé et donc qu'il faudrait peut-être que les Français songent à les imiter.

         Pour clore ce tome, Tocqueville analyse plus en détail le système fédéral américain – ses rouages, ses limites, ses particularités par rapport aux autres systèmes fédéraux du monde. Son penchant pour ce système, à la fin, ne fait plus aucun doute : « Nul ne saurait apprécier plus que moi les avantages du système fédératif. J’y vois l’une des plus puissantes combinaisons en faveur de la prospérité et de la liberté humaine. J’envie le sort des nations auxquelles il a été permis de l’adopter. »

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