De la démocratie en Amérique

par

TOME 2

L'ouverture de ce tome 2 annonce une couleur différente du tome précédent : on dirait que Tocqueville a désormais décidé de s'interroger sur les mentalités américaines plus que sur leurs comportements politiques – ce n'est en fait, on le verra, qu'un détour pour mieux revenir sur ce dernier point. Tocqueville observe la façon de penser des Américains à travers leur philosophie et leur religion. Il observe avec encore plus d'attention leurs arts et remarque un goût prononcé pour la boursouflure, pour le très grand ou le très petit, pour les extrêmes. Il note en outre que le peuple américain a su totalement devenir autonome par rapport aux pays d'où les gens qui le constituent proviennent, dans la mesure où son anglais, métamorphosé, ne ressemble plus vraiment au véritable anglais britannique.

         Tocqueville va plus loin dans son analyse des mœurs et tente d'expliquer pourquoi et comment les Américains régulent leur propre individualisme, sont si paradoxalement religieux, préfèrent certains métiers à d'autres, etc. Il montre aussi comment les Américains éduquent leurs jeunes filles et peint leurs manières, à l'intérieur du pays comme à l'extérieur où leur vanité et leur patriotisme apparaissent mieux qu'ailleurs.

         Dans la dernière partie de son œuvre, Tocqueville dresse un bilan de tout ce qu'il a exposé durant les deux tomes et formule ce qui semble être son régime politique idéal – une sorte de photocopie ajustée du système américain. Tocqueville pointe, dans sa conclusion, les limites de son essai. En effet, il rappelle que sa description du pays est un peu vaine dans la mesure où le pays en question est encore, à l'heure où il écrit, en plein mouvement. Il affirme cependant l'importance de se pencher sur le cas américain, aussi peu fixé soit-il, car c'est un cas unique, sans similitude aucune avec tous les exemples auxquels l'histoire nous donne accès.

Il prend enfin du recul et considère le monde dans sa globalité. Il se réjouit de voir que le monde tend vers l'égalité, que les extrêmes inégalités tendent à se réduire. Il fait preuve d'un optimisme certain et d'une confiance très inspirante en le peuple.

Pour autant, il n'est pas un essayiste béat qui postule que tout va aller mieux à partir de ce jour : il rappelle assez souvent qu'il ne sait pas de quoi demain sera fait et que le meilleur, comme le pire, peut arriver.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur TOME 2 >