De la terre à la lune

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Résumé

Alors que la guerre de Sécession fait rage aux États-Unis, le Gun-Club, une association réunissant des passionnées d’artillerie et de balistique, prend forme à Baltimore. À la fin du conflit, le club se voit menacé de dissolution. Devant cette perspective, Impey Barbicane, le président du club, suggère lors d’une assemblée générale d’oublier la guerre et de se tourner vers la Lune. Ce visionnaire, entreprenant mais légèrement mégalomane, souhaite conquérir le satellite terrestre en y envoyant un obus. Le Gun-Club aura désormais pour objectif d’acquérir plus de connaissances sur la Lune et son atmosphère. Les membres semblent tous en faveur du projet, mais il faut élucider plusieurs questions logistiques.

Barbicane est décrit comme un homme froid, calme, austère, singulier, capable d’une concentration hors pair ; il est le « Washington de la science ». Il reste donc inébranlable lorsque le capitaine Nicholl, un savant originaire de Philadelphie, s’oppose fermement à son rêve. La rivalité entre Barbicane et Nicholl s’explique par le fait que celui-ci est spécialisé dans le développement d’armes défensives, soient des plaques de blindage, alors que Barbicane est versé dans les armes offensives, soient des canons et des projectiles.

Avant de commencer la construction de l’obus et du canon, Barbicane décide de consulter les astronomes de l’Observatoire de Cambridge, dont son directeur, M. Belfast. Ce dernier lui décrit les contraintes physiques à respecter (vitesse de départ, lieu de lancement, etc.) afin d’assurer le succès du projet. Le président du Gun-Club crée ensuite un Comité d’exécution spécialisé en balistique, composé du général Morgan, du major Elphiston, directeur des poudres durant la guerre, de J.-T. Maston, le secrétaire-rapporteur, et de lui-même. Trois séances s’avèrent nécessaires pour régler les questions ayant trait au projectile, au canon et à la poudre. Puisque l’obus doit avoir une vitesse initiale de 12 000 yards par seconde pour atteindre la Lune, le comité opte pour un canon de 900 pieds, appelé Columbiad, et remplace la poudre par du fulmi-coton, dont l’emploi s’avère plus opportun. Belfast affirme que le canon doit être coulé sur un sommet, dans un endroit situé entre 0 et 28 degrés de latitude nord ou sud, afin de viser la Lune à son périgée. Barbicane décide donc que le lieu de lancement sera Stone’s-Hill en Floride, même si la situation du Texas est un temps étudiée, ce qui crée une rivalités entre les deux villes considérées.

Une sélénomanie naît en Amérique. Un véritable pèlerinage s’organise, qui enrichit le Gun-Club puisqu’on fait payer la descente dans le canon cinq dollars par tête. Deux camps se font jour : du côté de Barbicane, ceux persuadés que le projectile atteindra la Lune ; de l’autre, les sceptiques, dont Nicholl qui parie un total de quinze mille dollars contre le projet. Mais le satellite terrestre reste un mystère pour tous et certains sont en faveur de la mission afin d’en connaître plus sur la Lune.

Toutefois, quelques mois avant le projet, un télégramme du Français Michel Ardan vient troubler l’opération. Cet homme ambitieux, aventureux, charismatique, qui suit le projet Barbicane depuis ses débuts, demande au président de modifier l’obus afin qu’il puisse s’y loger et se rendre en personne sur la Lune. Il convainc l’opinion publique que la chose est sans danger. Persuadé que la Lune possède une atmosphère compatible avec la vie humaine, il va même jusqu’à avancer l’idée de s’y rendre avec une femme, afin d’y créer une famille. Nicholl, persuadé que l’obus n’atteindra pas la Lune et retombera sur la surface terrestre, profite de l’occasion pour humilier publiquement Barbicane, remettant en question la sécurité de cette aventure ainsi que les connaissances astronomiques d’Ardan. Cet évènement ne fait qu’envenimer les rapports entre Barbicane et Nicholl, qui se provoquent en duel. Ardan agit en médiateur et propose que chacun participe au voyage avec lui, et constate de ses yeux lequel a raison. Jules Verne montre par là que la recherche de savoir peut supposer des adversaires au sein d’un même camp, et que c’est une forme de complémentarité, une certaine émulation qui permettent souvent de mener à terme un grand projet. Pour s’assurer de la sécurité du dispositif, deux tests sont effectués : un chat et un écureuil sont d’abord projetés par le canon ; puis Maston a pour mission de vivre dans l’obus huit jours durant, afin de s’assurer, notamment, que les vivres seront suffisants.

Le projectile est lancé dans la soirée du 1er décembre, afin d’atteindre la Lune le 4 décembre à minuit. La propulsion de la Columbiad est d’une telle puissance qu’une partie des environs s’en trouve dévastée ; on compte en outre de  nombreux blessés. Les conditions météorologiques font qu’il est impossible de suivre le projectile, même avec les plus puissants télescopes. L’Amérique, en colère, s’inquiète pour les voyageurs. Ce n’est que le 12 décembre que Maston et Belfast aperçoivent l’obus qui n’a pas atteint sa destination, mais qui a tout de même été retenu par l’attraction lunaire. Dès lors, deux hypothèses se présentent : soit le projectile finira par atteindre la surface de la Lune, soit il en restera un satellite. Seul Maston ne perd pas espoir de revoir un jour ses amis.

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