De la terre à la lune

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Un roman de vulgarisation

Au-delàde l’aventure, De la Terre à la Lune estun formidable roman de vulgarisation scientifique. Il regorge en effet dedétails techniques très pointus pour son époque. Jules Verne ne s’est pascontenté de divertir le lecteur, il a aussi voulu rendre son histoire aussiréaliste, probable que possible. Ce n’est pas un conte, les problèmes ne serèglent pas avec un coup de baguette magique. Ce n’est pas non plus un roman descience-fiction, Verne ne fait en effet appel à aucune théorie ou techniqueinconnue de l’époque. Il se contente de réunir les connaissances de son tempsrelatives à divers domaines afin de rendre le voyage vers la Lune crédible. Ilfait preuve d’audace mais reste le plus réaliste possible.

Le romanest truffé d’aspects techniques qui sont des moyens pour Verne de vulgariserdes connaissances de son époque. La grande question qui se pose au« comité d’exécution » du Gun Club est la suivante : « Est-ilpossible d’envoyer un projectile sur la Lune ? ». La réponse à cettequestion engendre une multitude de difficultés techniques :Comment réaliser le voyage ? Avec quel matériau construire leprojectile ? Quelle forme donner au projectile ? Quand entreprendrele voyage ? Quelle est la distance à parcourir ?

Lesréponses à ces questions donnent systématiquement lieu à des démonstrationssavantes mais claires et humoristiques : « Au moment où le projectile sera lancé dansl’espace, la Lune, qui avance chaque jour de treize degrés dix minutes ettrente-cinq secondes, devra se trouver éloignée du point zénithal de quatrefois ce nombre, soit cinquante-deux degrés quarante-deux minutes et vingtsecondes, espace qui correspond au chemin qu’elle fera pendant la durée duparcours du projectile. Mais comme il faut également tenir compte de ladéviation que fera éprouver au boulet le mouvement de rotation de la terre, etcomme le boulet n’arrivera à la Lune qu’après avoir dévié d’une distance égaleà seize rayons terrestres, qui, comptés sur l’orbite de la Lune, font environonze degrés, on doit ajouter ces onze degrés à ceux qui expriment le retard dela Lune déjà mentionné, soit soixante-quatre degrés en chiffres ronds ». Ces démonstrations constituent lavoie choisie par l’auteur pour atteindre son but, qui est ici, de touteévidence, davantage que tout, de vulgariser de manière ludique lesconnaissances de son temps en astronomie, en sélénographie, en balistique et enartillerie.

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