Escadrille 80

par

L’héroïsme et l’aviation lors de la Deuxième Guerre mondiale

Si Roald Dahl écrit son autobiographie à proposd’une telle période de l’Histoire, c’est parce qu’elle a son intérêt propre. LaSeconde Guerre mondiale constitue une étape très riche et féconde en matièred’idées pour un auteur, car elle permet de développer de nombreux aspects d’unesociété qui n’apparaissent pas en temps de paix. Ici, l’auteur profite de cettesituation de crise pour faire un éloge de la Royal Air Force et de laGrande-Bretagne.

« Jeme suis retrouvé dans une large station de la RAF sur le Canal de Suez appelée Ismailia,où l’on me fit comprendre que j’avais été affecté à l’Escadrille 80 qui volaitdes Gladiators contre les italiens dans l’Est du désert de Lybie. Le GlosterGladiator était un avion bi-plane dépassé avec un moteur en étoile. À l’époque,en Angleterre, les aviateurs volaient des Hurricanes et des Spitfires, mais ilsne nous envoyaient pas ces petites merveilles à nous, dans le MoyenOrient. »

Les choix dans l’énumération des événements nesont pas anodins. Dahl nous livre le récit de manière à ce que celui-ci épousela courbe d’une montée en douceur dans le registre de l’aventure et del’héroïsme. En effet, le lecteur a déjà matière à s’émerveiller lors despéripéties de notre jeune Gallois en Tanganyika, à l’occasion de sonaffrontement avec le mamba tué à coups de râteau, de ses échappées sur lesroutes poussiéreuses de la colonie britannique… Grâce à ces anecdotes, parexemple la conduite du vieux camping-car dont il se fait le chauffeur, l’auteurtisse la trame d’un conte aventureux qui amène tout doucement le lecteur à lasuite des évènements. Les péripéties vont croissant jusqu’à leur apogée et l’aspectpresque dramatique qui en découlera : l’entraînement au combat aérien etles missions en tant que pilote de chasse.

« Mablessure dans ce choc vint du fait que ma tête avait été violemment projetée enavant contre le rétroviseur lorsque l’avion toucha le sol (malgré le fait quej’étais attaché dans le cockpit, comme d’habitude), et à part la fracture du crâne,le coup enfonça mon nez et cassa quelques dents en plus de me rendre aveuglepour les jours à venir […] »

Roald Dahl raconte les nombreux risquesencourus au cours de ses missions, notamment lorsqu’il se voit victime d’uncrash aérien. Il frôle la mort de nombreuses fois, sans avoir réellementconscience de celle-ci. Déjà, l’arrivée de Dahl dans l’escadrille 80, puis decelle-ci en Grèce, a quelque chose d’héroïque et d’inattendu car les temps sontdurs pour les Britanniques envoyés au front dans les Balkans.

Le récit autobiographique permet alors àl’auteur de louer discrètement la bravoure de l’armée britannique, toutparticulièrement de la Royal Air Force, sans pour autant adopter le ton d’unautosatisfecit triomphant qui ternirait la valeur de l’œuvre.

 

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