Et si c'était vrai

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L'amour comme moteur

Dans le roman, l’amour tient lieu de pilier.Pour Lauren, il est le moteur qui lui permet de « rester en vie », outout du moins de pouvoir en profiter malgré son coma. Sans l’amour, elle seraitrestée seule, ne pouvant parler à personne, ne pouvant être vue de personne. Onperçoit là le sens qu’attribue l’auteur à l’amour de « faireexister ». Non seulement il embellit la vie, l’enrichit, mais de façonplus fondamentale il semble la permettre. Quant à Arthur, Lauren va lui ouvrirles yeux sur l’amour : c’est un grand romantique, il cherche le grandamour. Chaque relation précédente l’a déçu et profondément blessé. Il neparvient d’ailleurs pas à se remettre de son dernier chagrin, mais la rencontreavec Lauren va tout changer. Tous deux semblent s’être trouvés, et cetterencontre n’aurait jamais été possible si la jeune femme n’avait pas eu sonaccident, si un arrêt brutal dans une routine difficilement supportable n’étaitpas survenu.

Tous les deux ont leur propre vision del’amour : pour Arthur, le quotidien est un signe de complicité, detendresse, c’est la saveur du couple, ce qui lui permet d’être entier : « Jecrois que le quotidien est la source de la complicité, c’est là qu’au contrairedes habitudes on peut y inventer “le luxe et le banal”, la démesure et lecommun » ; pour Lauren, la relation amoureuse n’était pas aussiidéalisée, mais au fil du temps et des déceptions, elle s’est mise à accorderbeaucoup plus d’importance et de valeur à l’amour. À ses yeux, l’amour doitêtre saisi à pleines mains, permettre de donner et de recevoir sanscompter : « Je me dis que pour prétendre partager une tranche devie à deux, il faut cesser de croire et de faire croire qu’on entre dans unehistoire qui compte si l’on n’est pas vraiment prêt à donner. On ne touche pasau bonheur du bout des doigts. » Leurs visions ont donc évolué et ilsemble que le moment de leur rencontre soit celui d’une maturité suffisantechez tous deux pour entamer ensemble une véritable relation, épanouissante etenrichissante.

Comme dans de nombreux livres de Marc Levy,l’amour est le moteur de beaucoup d’actions. Ici, c’est par amour qu’Arthurentreprend des recherches sur le coma, les personnes qui en sont sorties, etc.C’est par amour également qu’il prend le risque d’enlever le corps de cellequ’il aime, alors qu’il ne la connaît finalement pas vraiment, qu’il sera prêtà mettre en danger son meilleur ami. Lauren, elle, sera prête à renoncer à levoir pour lui éviter la prison, c’est pour cela qu’elle dévoile la présence deson corps à l’inspecteur Pilguez : « – Pourquoi as-tu fait ça ? murmura-t-il,le souffle coupé. – Parce que je t’aime. » Leur amour est ce qu’onpeut appeler un amour véritable : chacun est prêt à tout pour l’autre,même à faire passer son propre intérêt en second plan.

Enfin, Marc Levy offre au lecteur la preuved’amour la plus importante de son roman à la toute fin : alors qu’ils ontvécu des milliers de choses à deux, Lauren, finalement, ne se souvient pasd’Arthur ; toute l’histoire qu’ils avaient construite s’est envolée. Et c’estavec une patience infinie que le jeune homme va devoir reconstruire pour eux leurhistoire d’amour, tout en prenant le risque que celle-ci ne puisse pasfonctionner et qu’il la perde à jamais. L’amour apparaît ainsi comme quelquechose de « remis sur le tapis », jamais acquis, à reconstruiretoujours – un essai perpétuel.

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