Et si c'était vrai

par

Une certaine critique du milieu hospitalier

Dans son roman, Marc Levy aborde assezrégulièrement les thèmes de la médecine et plus particulièrement des structuresde soins. Son héroïne, Lauren y travaille puis y est hospitalisée.

Tout d’abord, l’auteur aborde le sujet desheures de travail en hôpital. Dans le roman, Lauren vient de passer plus devingt-quatre heures à aider les patients et les soignants ; son corps etson esprit sont fatigués et pourtant, elle est toujours de service. Ce n’estqu’à partir d’un long moment de travail acharné qu’on lui permet enfin derentrer se reposer. Cette exigence nuit aux patients : être fatigué éteintles sens et ne permet pas une vigilance adéquate. Le risque d’erreur en devientbeaucoup plus grand et les répercutions sur le malade et le médecin peuventêtre conséquentes : mort, radiation, prison… Le milieu hospitalier est unmilieu difficile qui exige beaucoup de son corps médical ; le personnelmanque parfois afin de limiter les frais – en effet, pourquoi payer deuxmédecins si un seul parvient, tant bien que mal, à s’occuper despatients ? Cette prise de risque semble être mise en question dans cespremières pages du roman.

Puis, l’auteur reproche au corps médical de nepas être assez compétent, surtout dans le domaine de la vigilance. En effet,Paul et Arthur parviennent à tromper la surveillance de tous avec une facilitédéconcertante : on les laisse aller chercher un corps en regardant à peineles papiers qu’ils fournissent : « Il manquait un formulaire, etle bleu n’était pas bien rempli. Je me demande comment cette crétines’est laissé abuser…»La tenue et l’ambulance ont donc suffi à leur accorder suffisamment de créditpour embarquer un corps. Par ailleurs, la disparition de celui-ci n’a étéconstaté que parce qu’une infirmière se plaint de n’être jamais prévenue destransferts : « Je trouvais inadmissible qu’un transfert se soitfait sans qu’on m’en eût avertie. » Sans cela, la disparition du corpsaurait sûrement mis plusieurs heures, voire jours, avant d’être signalée.L’hôpital fait ici preuve d’une grande négligence, qui porte directementatteinte à l’intégrité des patients ainsi qu’à leur famille. À travers cetenlèvement, l’auteur signale l’existence de failles de taille au sein descentres hospitaliers.

Enfin, Marc Levy reproche aux directives descentres de soins de favoriser le profit plutôt que le bien-être des patients etde ceux qui les soutiennent. C’est ainsi que la mère de Lauren se voit presquecontrainte de débrancher sa fille parce que lui prêter un lit d’hôpital a « uncoût exorbitant pour la société ». C’est en présence de trois médecinsque Mme Kline va devoir subir un long exposé des raisons pour lesquelles ilfaut débrancher sa fille : aucune chance de retour à la vie, une douleurqui ne peut se refermer pour elle et sa famille, une place prise au détrimentdes autres patients, etc. C’est une véritable manipulation psychologiquequ’exerce sur elle le médecin. Il ne s’intéresse pas aux réponses de la mère,seul atteindre son objectif compte. Pour bien démontrer l’attaque psychologiquesubie, l’auteur emploie des termes tels que « grignoter » l’émotionau profit de la raison ; le docteur emploie une rhétorique« subtile », utilise des mots « forts »,« culpabilisants », etc. Ce n’est qu’au terme de quatre longuesheures que la mère s’avouera vaincue : « la résistance de MmeKline se brisait, elle admit, en larmes, le bien-fondé des propos du corpsmédical. » L’emploi du verbe « briser » montre bien la forcede persuasion employée pour la faire plier à une volonté supérieure, et lamaltraitance psychologique en vigueur. Et on peut constater que le corpsmédical n’éprouve aucun remords relativement à son attitude : « Dansl’ascenseur, le Dr Clomb, s’adressant à ses collègues, se félicita. » Onest donc prêt à arrêter une vie, dont on ne peut être certain de l’évolution,uniquement pour une question d’argent.

Beaucoup d’autres critiques affleurent dans ceroman de Mac Levy et posent des questions éthiques, questionnent la place del’humanité dans une société où jusque dans les sphères où le drame humain sejoue quotidiennement, tout devient marchandise, économiquement perçu.

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