fables

par

La structure des fables

Anouilh offre à ses fables des structures assez particulières : elles sont généralement sous forme d'alexandrins et d'octosyllabes, avec parfois quelques décasyllabes. On note cependant d'autres structures qui viennent se glisser un peu à l'improviste. La construction des vers semble donc ici quelque peu brouillonne : en effet, les rimes se mélangent souvent, suivant de manière compliquée les structures basiques de la rime, ce qui donne une impression d'enchevêtrement de vers. Par exemple, nous trouvons dans la cigale :

 « Elle alla trouver un renard,
Spécialisé dans les prêts hypothécaires
Qui, la voyant entrer l’œil noyé sous le fard,
Tout enfantine et minaudière,
Crut qu’il tenait la bonne affaire.
 »

On observe une rime croisée entre les quatre premiers vers ainsi qu'une rime plate entre « minaudière » et « affaire ». On a donc le terme « minaudière » qui appartient aux rimes croisées et aux rimes plates. On constate également une différence de longueur entre les vers : le premier et le quatrième sont des octosyllabes tandis que les autres sont des alexandrins. En seulement cinq vers, Anouilh réussit à mélanger plusieurs styles, ce qui donne une impression de flou quant à la structure employée.

 On retrouve également des fables aérées, c'est-à-dire découpées en strophes comme Le loup, la louve et les agneaux ou encore La fille et le loup, alors que d'autres sont condensées, malgré leur longueur. Il n'existe pas vraiment de volonté d'harmonisation entre les textes, comme si l'auteur avait décidé de montrer de façon structurelle et non plus seulement orale la simplicité de la fable, en jouant avec elle.

 Enfin, la fable se doit de posséder une morale à la fin, qui justifie l'histoire qu'elle précède. Si Anouilh respecte bien cette règle, sa morale reste parfois ambiguë et elle est surtout peu mise en valeur. En effet, on pourrait presque considérer que toute la morale se situe dans le texte et non principalement dans ces phrases de fin.

Pour conclure, la structure des fables d’Anouilh change des structures auxquelles nous sommes habitués à côtoyer, souvent bien carrées avec un nombre de syllabes constant, une structure respectée du début à la fin et une chronologie bien établie. Anouilh passe outre ces règles utiles à une bonne compréhension et s'amuse à jouer avec toutes les structures mise à sa portée. C'est une manière pour lui de non seulement montrer sa dextérité mais également un moyen de prouver que la maîtrise des fables est, ou tout du moins semble, très évidente.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La structure des fables >